Omer Barlev redoute un attentat terroriste de la part des 2 fuyards en cavale
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Omer Barlev redoute un attentat terroriste de la part des 2 fuyards en cavale

Le ministre de la Sécurité intérieure a dit que les quatre individus retrouvés ignoraient où se trouvaient les deux autres ; ils se seraient séparés, compliquant les recherches

Des policiers israéliens à un barrage routier au carrefour de Jezreel, sur la Route 60, qui mène à Jénine, à la recherche des prisonniers palestiniens qui se sont enfuis de la prison Gilboa, le 9 septembre 2021. (Crédit : Michael Giladi /Flash90)
Des policiers israéliens à un barrage routier au carrefour de Jezreel, sur la Route 60, qui mène à Jénine, à la recherche des prisonniers palestiniens qui se sont enfuis de la prison Gilboa, le 9 septembre 2021. (Crédit : Michael Giladi /Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a déclaré dimanche que les responsables s’inquiétaient d’un éventuel passage à l’acte terroriste de la part des deux prisonniers palestiniens qui se sont échappés de la prison Gilboa, la semaine dernière, en compagnie de quatre autres détenus, et qui sont toujours en cavale.

Les quatre autres ont été arrêtés.

« Les deux individus encore en fuite sont recherchés et nous estimons que l’un d’entre eux au moins se trouve en Cisjordanie », a déclaré Barlev qui a ajouté qu’il ne pouvait faire part des détails opérationnels qui ont entraîné cette conclusion.

« Nous examinons le scénario le plus difficile qui est qu’ils se trouveraient dans deux localisations différentes, ce qui implique que la chasse à l’homme devra s’élargir à un territoire plus important, même au-delà de la Ligne verte », a dit Barlev au micro de la station de radio Radio103FM.

Les six détenus qui ont pris la fuite lors d’une évasion digne d’un film hollywoodien, la semaine dernière, étaient tous originaires du nord de la Cisjordanie.

Les responsables penseraient que les deux individus encore en cavale ont pu se séparer et les recherches se concentrent dorénavant aux environs de la ville de Yokneam, dans le nord d’Israël, et de la ville de Jénine, en Cisjordanie.

Barlev a expliqué que les quatre prisonniers qui ont été recapturés ce week-end ne savent pas où les deux fuyards se sont rendus. « S’ils sont restés ensemble au départ, il est clair que les quatre hommes arrêtés ne savent pas où sont les deux autres », a-t-il poursuivi.

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev lors d’une cérémonie au siège national de la police israélienne à Jérusalem, le 5 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Interrogé sur les craintes portant sur un possible attentat terroriste commis par les deux fuyards suite à l’arrestation de leurs camarades, Barlev a confirmé que ce scénario était source d’inquiétude.

« Il faut toujours être inquiet, parce que ces gens sont dans un état désespéré et que leurs actions sont par conséquent imprévisibles. Même dans le cas des quatre détenus qui ont été capturés sans armes, il faut prendre les précautions nécessaires parce que même si la menace n’est guère importante, elle existe », a-t-il déclaré.

Barlev a ajouté que l’enquête consacrée à l’échappée belle des six hommes se concentrait dorénavant sur la planification de l’évasion et sur la manière dont elle avait pu avoir lieu au nez et à la barbe des services des prisons.

« L’enquête se concentre, entre autres, sur la phase initiale de l’évasion », a commenté Berlev. « Il y a manifestement quelque chose qui s’est déroulé sur une longue période de temps – cette évasion n’a pas été planifiée en seulement un jour ou deux. Ce qui pose des questions supplémentaires sur le fait que le service des prisons israéliennes ne s’est rendu compte d’absolument rien, à aucun moment. La commission d’enquête que je vais établir examinera également ces interrogations ».

Les agents de police et des gardiens de prison aux abords de la prison de Gilboa, dans le nord d’Israël, d’où six terroristes palestiniens se sont échappés, le 6 septembre 2021. (Crédit : AP/Sebastian Scheiner)

Cette évasion a mis en exergue une série de défaillances dans la prison et le ministre de la Sécurité intérieure avait fait savoir qu’il avait pris la décision de former une commission gouvernementale pour enquêter sur l’incident.

Parmi ces défaillances apparentes, l’incapacité des responsables à tirer les leçons d’une tentative d’évasion antérieure et plusieurs bourdes opérationnelles – avec une tour de garde laissée vide et une gardienne qui s’était endormie.

Les deux prisonniers encore en cavale sont Iham Kamamji et Munadil Nafiyat, deux membres du groupe terroriste du Jihad islamique.

Kamamji purgeait une peine de prison à vie dont il avait écopé pour le meurtre d’un Israélien de 18 ans en 2006 – un acte qu’il avait reconnu et dont il s’était enorgueilli, selon des informations.

Nafayat, quant à lui, était en détention administrative en raison de son appartenance au Jihad islamique. La détention administrative permet de placer un suspect derrière les barreaux sans mise en examen préalable.

La police fait montrer Mohammed al-Arida, qui s’était échappé d’une prison avec d’autres terroristes condamnés, dans une voiture de patrouille après qu’il a été capturé dans le nord d’Israël. (Crédit : Police israélienne)

Les forces de sécurité israéliennes estiment que les fugitifs palestiniens n’ont reçu aucune aide pendant leur cavale, selon des informations transmises samedi soir.

Au cinquième jour de la chasse à l’homme, avec des recherches qui ont eu lieu sur tout le territoire, deux fuyards ont été capturés vendredi soir à Nazareth. Quelques heures plus tard, deux autres – et notamment le célèbre commandant terroriste Zakaria Zubeidi — ont été appréhendés dans la ville avoisinante de Shibli–Umm al-Ghanam. Dans les deux cas, des Arabes israéliens qui avaient rencontré les hommes ont signalé leur présence aux autorités, facilitant leur capture.

Après avoir interrogé les quatre détenus palestiniens, la police et les services de sécurité du Shin Bet ont conclu que ces derniers n’avaient pas bénéficié d’une complicité à l’extérieur ou d’une aide à l’intérieur de la prison de Gilboa, a fait savoir samedi soir la Douzième chaîne. Les prisonniers ont pu s’appuyer sur une aide mineure de la part de passants, qui ont pu leur fournir des vêtements ou les prendre dans leur voiture sans pour autant qu’il y ait eu de préméditation.

Des sources de la police ont fait savoir samedi au site d’information Ynet que même s’il avait été estimé de prime abord que les détenus avaient bénéficié d’une aide extérieure et qu’une voiture était venue les chercher après leur fuite, les autorités pensent dorénavant qu’ils ont agi seuls et qu’ils se sont déplacés à pied. Les six hommes seraient partis ensemble vers la ville arabe israélienne de Naura et se seraient séparés à ce moment-là, selon la Douzième chaîne.

Zakaria Zubeidi arrive pour une audience à la cour de district de Nazareth, le 11 septembre 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Les enquêteurs estiment que si les prisonniers ont préparé minutieusement leur échappée belle, ils n’avaient finalement que peu prévu ce qu’ils feraient après leur sortie.

Les quatre hommes ont été présentés devant le tribunal du district du nord de Nazareth, samedi soir, pour leur première audience après leur capture. Ils ont été accusés par le parquet d’avoir programmé un attentat terroriste majeur suite à leur fuite, un crime pouvant être sanctionné par une peine supplémentaire de 15 ans de prison.

Les quatre individus vont probablement être placés à l’isolement. Leur détention préventive a été prolongée de neuf jours.

Quatre des six fuyards – dont Zubeidi, le célèbre commandant de l’aile militaire du Fatah, la Brigade des martyrs al-Aqsa – ont été retrouvés vendredi soir et samedi en tout début de matinée. Yaqoub Qadiri et Mahmoud al-Arida, l’homme qui aurait orchestré cette évasion, ont été appréhendés dans la soirée de vendredi à Nazareth, dans le nord.

Al-Arida, considéré comme un responsable du groupe du Jihad islamique palestinien, avait été condamné à vie pour terrorisme, notamment pour des attaques au cours desquelles des soldats ont été tués. Qadiri, qui est membre du même groupe terroriste, purgeait lui aussi une peine à perpétuité pour terrorisme – il avait notamment tué un Israélien en 2004.

Les deux hommes auraient été impliqués dans une tentative d’évasion de prison qui avait déjà eu lieu à Gilboa, en 2014.

Zubeidi et Mohammed al-Arida, le jeune frère du cerveau présumé de cette échappée belle, ont pour leur part été capturés par des policiers de l’unité antiterroriste israélienne à proximité de Shibli–Umm al-Ghanam, une ville du nord d’Israël, samedi aux alentours de 5h du matin.

Zubeidi se trouvait derrière les barreaux dans le cadre de son procès qui se déroule actuellement. Il est jugé pour une vingtaine de crimes et notamment pour tentative de meurtre.

Al-Arida, de son côté, appartient au Jihad islamique. Il avait été arrêté en 2002 pour terrorisme et condamné à la prison à vie.

Les six prisonniers de sécurité palestiniens qui se sont échappés de la prison de Gilboa le 6 septembre 2021. (Crédit : capture d’écran Bureau des prisonniers)

Du côté palestinien, les fugitifs ont largement été considérés en « héros » ayant réussi à s’échapper.

Des manifestations violentes ont éclaté dans certains secteurs de la Cisjordanie après l’annonce des deux premières arrestations, vendredi soir.

L’armée israélienne s’est préparée à d’autres mouvements de protestation samedi, après l’appel lancé par les groupes palestiniens à des rassemblements massifs de solidarité avec les détenus arrêtés par les forces israéliennes.

Les six individus se sont évadés dans la nuit, aux premières heures de lundi par le biais d’un tunnel, dans le système d’écoulement de leur cellule. Les officiels expliquent qu’une défaillance de la structure leur a permis de ne pas avoir à creuser le sol pour se créer un passage jusqu’à la sortie.

Les personnels de sécurité israéliens aux abords de la prison de Gilboa, dans le nord d’Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : Flash90)

Les forces israéliennes se sont mobilisées pour retrouver les fuyards, considérés comme très dangereux. Ces derniers jours, les soldats israéliens ont arrêté des parents des fugitifs, notamment cinq qui ont été appréhendés dans la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, vendredi matin à l’aube, ont fait savoir les médias.

Judah Ari Gross, Aaron Boxerman, Emanuel Fabian et l’AFP ont contribué à cet article.

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