Les groupes terroristes palestiniens à Haley : Votre plan de paix « ne vaut rien »
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Les groupes terroristes palestiniens à Haley : Votre plan de paix « ne vaut rien »

Après que la diplomate américaine a fait savoir que la proposition de paix était pour bientôt, les groupes terroristes de Gaza ont juré de déjouer les efforts américains

L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley s'exprime durant une rencontre du Conseil de sécurité au Moyen Orient le 18 décembre 2017 au siège des nations unies à New York (Crédit : AFP/Kena Betancur)
L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley s'exprime durant une rencontre du Conseil de sécurité au Moyen Orient le 18 décembre 2017 au siège des nations unies à New York (Crédit : AFP/Kena Betancur)

Le plan de paix américain pour mettre fin au conflit israélo-palestinien sera bientôt prêt, d’après l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley.

Le groupe terroriste du Hamas de Gaza a répondu à l’envoyée des Etats-Unis vendredi que les Palestiniens n’accepteraient pas ce plan.

« L’annonce américaine sur un plan qui devrait être bientôt présenté n’a aucune importance », a indiqué le porte-parole du mouvement Sami Abu Zuhri.

Il a ajouté que « le peuple palestinien rejette cette proposition et ne permettra pas son adoption ».

Le groupe terroriste et plusieurs factions palestiniennes ont juré de faire de leur mieux pour déjouer cette tentative de paix américaine, la qualifiant de « conspiration ayant pour objectif d’éliminer la cause palestinienne et nos droits nationaux ».

Vendredi, des centaines de partisans du Hamas ont organisé des manifestations dans les camps de réfugiés Al Bureij de la bande de Gaza pour protester contre les politiques américaines mises en oeuvre contre les Palestiniens, et spécifiquement la décision prise par le président américain Donald Trump au mois de décembre dernier de reconnaître Jérusalem en tant que capitale israélienne.

Le haut-responsable du Hamas Ismail Radwan, qui s’est rendu à ces manifestations, a averti Israël « de ne pas poursuivre ses agressions contre Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa suite à l’annonce de Trump ».

Radwan a ajouté : « Nous mettons en garde l’occupation contre d’éventuelles souillures de la mosquée Al-Aqsa et contre des changements dans la démographie, le patrimoine et la civilisation dans le pays ».

Ces changements, a-t-il dit, « ne changeront pas les faits historiques et politiques parce qu’Israël appartient aux Palestiniens. Les deux parties de Jérusalem, est et ouest, sont palestiniennes ».

Radwan a indiqué que les protestations qui ont balayé la Cisjordanie et la bande de Gaza depuis l’annonce de Trump avaient pour objectif de lancer le message que « Jérusalem est la capitale unie de la Palestine ».

Les décisions de Trump ne sont que « les hallucinations d’un fou », a indiqué le responsable du Hamas.

Un autre groupe terroriste de la bande de Gaza, le mouvement Al Mujahidin, a dit en réponse aux propos de Nikki Haley que les Palestiniens n’accepteront pas le plan « suspect » de l’administration américaine.

« Tous les plans et les conspirations américano-sionistes seront déjoués par la résistance américaine », a expliqué le groupe.

« Le discours de Nikki Haley ne parviendra qu’à nous attacher plus fortement à la revendication de nos droits nationaux », a-t-il ajouté.

Nikki Haley avait défendu l’initiative de paix américaine à Chicago jeudi soir.

« Je crois qu’ils sont en train de terminer [le plan] », avait-elle déclaré lors d’une conférence à l’institut des Sciences politiques de l’université de Chicago.

« Il y a encore des allers-retours », avait-elle ajouté sans donner plus de précision sur une date possible de présentation.

« Aucun des deux côtés ne va aimer ce plan. Et aucun des deux côtés ne va le détester. Mais c’est une matrice pour commencer à dialoguer », avait souligné l’ambassadrice.

« Nous sommes désormais à un moment où les négociations peuvent commencer entre Israéliens et Palestiniens », avait-elle affirmé.

L’Autorité palestinienne a, pour sa part, également rejeté la démarche américaine.

Jeudi, Nabil Shaath, un haut-conseiller d’Abbas, a déclaré que le plan de paix de Trump était voué à l’échec en raison de la « partialité » affichée par les Etats-Unis envers Israël.

« Les Américains ne peuvent vendre un accord entre deux parties alors qu’ils s’affichent clairement en faveur de l’une d’entre elles », a expliqué Shaath, accusant Trump d’avoir « donné » Jérusalem à Israël.

Le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies concernant les problèmes au Moyen-Orient, au siège de l’ONU, le 20 février 2018, à New York (Drew Angerer / Getty Images / AFP)

Mahmoud Abbas s’était pour sa part exprimé devant l’ONU mardi dernier. Il avait réclamé une conférence internationale mi-2018, point de départ de la création d’un « mécanisme multilatéral » pour relancer la paix au Proche-Orient, tout en rejetant tout rôle de médiateur principal pour les Etats-Unis.

Suite à cette prise de parole, les deux émissaires pour le conflit israélo-palestinien du président américain Donald Trump – son gendre Jared Kushner et le juriste Jason Greenblatt – avaient demandé mardi aux Nations unies leur « soutien » pour ce plan de paix, lors d’une réunion informelle surprise avec les 15 pays membres du Conseil de sécurité.

Un soutien nécessaire dans la mesure où Mahmoud Abbas refuse dorénavant d’accorder la fonction d’intermédiaire dans les négociations à Washington ainsi que tout contact direct avec l’administration républicaine de Donald Trump depuis la décision de ce dernier fin 2017 suite à la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël.

A Jérusalem, Sheikh Mohammed Salim, qui a fait le sermon du vendredi pendant les prières à la mosquée Al-Aqsa, a expliqué aux milliers de fidèles que le plan de paix de Trump aurait des « répercussions graves » sur les Palestiniens ».

« L’accord du siècle », a-t-il commenté, cherche à exclure Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa et à déconnecter les Palestiniens de leur terre, de leur histoire et de l’Islam.

Le prêcheur a averti « tous les pays oppressifs de ne pas chercher à falsifier l’histoire des musulmans et à ne pas agresser leurs lieux saints ». Il a également dénoncé ce qui selon lui sont des tentatives de « fausser » l’histoire des musulmans.

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