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Les loyalistes de Netanyahu récompensés aux primaires du Likud, menés par Levin

Après le décompte de 80 % des votes, 6 députés proches du leader du parti parmi les 10 premiers ; Edelstein devrait figurer sur la liste malgré les prédictions

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le chef du parti Likud Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président de faction Yariv Levin, à droite, dirigent la réunion de faction de leur parti à la Knesset, le 23 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Likud Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président de faction Yariv Levin, à droite, dirigent la réunion de faction de leur parti à la Knesset, le 23 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avec 80 % des votes primaires du Likud dépouillés jeudi après-midi, le directeur de faction du Likud Yariv Levin est en tête de la liste du parti à la Knesset, tandis que d’autres anciens membres du parti semblent avoir été punis par les électeurs pour avoir osé défier le chef du parti Benjamin Netanyahu.

Levin, considéré comme l’homme politique le plus proche de Netanyahu, sera le numéro deux du parti derrière son chef de longue date, qui s’est assuré la première place en juin sans aucune opposition.

Le décompte a été interrompu jeudi après-midi pour attendre les bulletins de vote en provenance des bureaux de vote du nord et du sud, a déclaré un porte-parole du parti.

Mais avec 80 % des votes comptabilisés, il semblerait que les quelque 80 000 membres du parti qui ont participé aux primaires ont récompensé les politiciens alliés au leader du Likud, plaçant six loyalistes dans les 10 premières places.

Bien qu’aucun législateur du Likud ne soit publiquement anti-Netanyahu, leur degré d’alignement sur l’ancien Premier ministre diverge.

Les résultats définitifs sont attendus plus tard dans l’après-midi de jeudi, mais la liste de la Knesset sera plus longue à être établie, car les appels des candidats et les nominations spéciales par le chef du parti sont attendus.

Levin est considéré comme le bras droit de Netanyahu à la Knesset, gérant les affaires et la politique de la faction. Plus récemment, Levin – aidé par Yoav Kisch, qui s’est également classé dans le top 10 – a géré les négociations liée à la dissolution de la Knesset avec la coalition au nom de l’opposition dirigée par le Likud. Levin est également le cerveau du programme de réforme judiciaire du parti, qu’il défend depuis qu’il est avocat.

Kisch avait soutenu le ministre de la Justice Gideon Saar, aujourd’hui président du parti Tikva Hadasha, dans sa tentative infructueuse en 2019 de succéder à Netanyahu à la tête du Likud. Depuis, il tente de redorer son blason auprès du chef du parti et est devenu le second de Levin sur certains dossiers, notamment lors des négociations délicates sur la dissolution de la Knesset.

Yariv Levin, membre du Likud, arrive pour voter lors des primaires du Likud, dans un bureau de vote à Tel Aviv, le 10 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Parmi les autres partisans de Netanyahu récompensés par les électeurs figurent des anciens ministres, Amir Ohana, Miri Regev, Eli Cohen et un nouveau venu, Shlomo Karhi.

Les parlementaires Yoav Gallant, ancien général, David Amsalem, ancien ministre des Communications et du cyberespace, Nir Barkat, ancien maire de Jérusalem, et Avi Dichter, ancien directeur de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, complètent le top 10.

Selon les derniers résultats des sondages, le Likud devrait obtenir entre 30 et 35 sièges en novembre, mais seuls les candidats arrivant au 20e rang sont considérés comme ayant une chance réelle d’entrer à la Knesset en novembre, car le parti réserve des sièges à des candidats spécialement sélectionnés. Par contre, si le Likud parvient à revenir au pouvoir, Netanyahu aura alors la possibilité d’attirer des députés supplémentaires plus bas sur la liste en les remplaçant par un certain nombre de ministres nommés.

Alors que les sondages prévoyaient qu’un certain nombre de politiciens de haut rang seraient exclus de la prochaine Knesset, les résultats des votes montrent qu’ils y entreront de justesse, même s’ils ont tout de même été rétrogradés par les électeurs.

Le plus important parmi eux est Yuli Edelstein, relégué au numéro 16. Ancien président de la Knesset et ministre de la Santé, Edelstein était autrefois un proche confident de Netanyahu, … mais il a annoncé l’année dernière qu’il envisageait de défier Netanyahu à la tête du Likud. Netanyahu est à la tête du parti depuis 2005.

Le ministre de la santé sortant, Yuli Edelstein, lors de la cérémonie d’installation de son remplaçant, au ministère de la Santé à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le gouvernement de Netanyahu à l’époque était « tout simplement dangereux pour Israël », avait déclaré Edelstein en annonçant sa candidature, ajoutant que le parti avait échoué à plusieurs reprises à former une coalition stable sous la direction du leader de longue date. En juin, Edelstein a succombé à la pression interne du parti pour renoncer à se présenter comme candidat au poste de leader.

Lors des dernières primaires du Likud en 2019, Edelstein était arrivé en tête des votes, se plaçant en deuxième position sur la liste du parti derrière Netanyahu. Après Edelstein venait Saar, qui a ensuite rompu avec Netanyahu pour former Tikva Hadasha.

Ont également été sanctionnés par les électeurs l’ancien président de la coalition, David Bitan, le président du Comité central du Likud, Haim Katz, et l’ancien ministre des Affaires étrangères et des Finances, Israel Katz, des parlementaires et ministres chevronnés qui ont construit leurs propres bases de pouvoir dans les rangs des militants du Likud.

L’une des raisons pour lesquelles Netanyahu a insisté pour que les bureaux de vote restent ouverts 90 minutes de plus mercredi soir afin d’augmenter le taux de participation, qui a finalement atteint 58 %, était de diluer les effets des accords conclus entre les candidats pour se soutenir mutuellement. Les électeurs du Likud peuvent sélectionner jusqu’à 12 candidats sur un bulletin de vote primaire, et Bitan, Israel Katz et Haim Katz auraient encouragé leurs partisans respectifs à voter pour la tripartite.

Cela s’est reflété dans les résultats, qui ont vu les trois candidats regroupés aux positions 12, 14 et 15, menés par Israël Katz, puis Bitan et Haim Katz.

Les sources du parti s’attendaient à ce que jusqu’à un tiers des législateurs changent de camp après les primaires, car la liste du Likud est structurée de manière à encourager activement le sang neuf dans ses rangs. Plusieurs des législateurs qui ont été écartés étaient des piliers du parti.

Le président de la coalition David Bitan, à gauche, avec le ministre des Transports Yisrael Katz, pendant une réunion de commission à la Knesset, le 23 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les anciens ministres Tzahi Hanegbi et Gila Gamliel sont parmi les plus importants. Hanegbi s’est lancé dans la course à la succession de Netanyahu pendant la brève période de janvier où l’ancien Premier ministre envisageait de quitter la politique moyennant un accord de peine pour clore ses trois affaires de corruption.

May Golan, Etty Atia et Kety Shitrit, Orly Levy-Abekasis et Keren Barak n’ont pas atteint le seuil, mais certaines d’entre elles se verront tout de même offrir des places réservées aux candidatures féminines.

En plus des places réclamées lors des primaires, les électeurs ont approuvé mercredi les cinq places réservées à Netanyahu, dont trois sont considérées comme réalistes pour pouvoir siéger à la Knesset : 14, 16 et 28.

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