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Plus de « turpitude morale », plus de course à la direction du Likud ?

Après que Netanyahu a dit qu'il ne songeait pas à quitter la politique, les prétendants présumés à la direction du Likud se sont ralliés à lui, à l'exception notable de Yuli Edelstein

Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu dirige une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 8 novembre 2021. Illustration (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu dirige une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 8 novembre 2021. Illustration (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’annonce faite, lundi, par le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu selon laquelle il a l’intention de continuer à diriger le parti du Likud et qu’il n’a pas accepté les termes de la négociation de peine qui l’excluraient de la politique, a pratiquement mis fin, presque aussi rapidement qu’elle n’avait commencé, à une compétition très disputée pour déterminer qui serait son successeur.

Les informations, selon lesquelles Netanyahu était sur le point de conclure un accord pour une négociation de peine, sanctionnée par une exclusion de sept ans hors de la sphère politique, avaient alimenté les spéculations et les prises de position déjà effrénées parmi les ténors du Likud qui sont considérés comme ses possibles successeurs.

Les députés Nir Barkat, Yuli Edelstein, Yisrael Katz, Amir Ohana, Miri Regev et Tzachi Hanegbi étaient tous considérés comme des prétendants potentiels, alors que Netanyahu l’occupe depuis 2005 sans interruption.

Beaucoup d’entre eux se sont montrés très présents sur les écrans de télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux, offrant un soutien personnel à Netanyahu, tout en proclamant au passage leur intention de se présenter à la tête du Likud.

Capture d’écran de la vidéo du député du Likud Yuli Edelstein lors d’une interview avec la Douzième chaine, le 11 octobre 2021. (Crédit : Douzième chaine)

Mais lundi soir, Netanyahu a diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il a déclaré qu’il n’avait pas accepté la clause de « turpitude morale » dans le cadre de la négociation de peine, ajoutant : « Je continuerai à diriger le Likud et le camp national afin de diriger à nouveau l’État
d’Israël ».

La déclaration a mis fin à près d’une semaine de silence, malgré le flot d’informations selon lesquelles il s’engageait dans une négociation de peine avec le procureur général sortant Avichai Mandelblit. L’accord sur cette négociation de peine aurait obligé Netanyahu à accepter la qualification de « turpitude morale », ce qui l’aurait exclu de la politique jusqu’en 2029.

Dans la foulée de l’annonce de Netanyahu, tous les candidats à la direction du Likud, à l’exception d’Edelstein, ont rapidement modifié la tonalité de leur message, en exprimant leur soutien au maintien de Netanyahu à la tête du parti.

Même avant ces informations, Edelstein est celui qui défie le plus ouvertement Netanyahu, allant jusqu’à qualifier l’ancien Premier ministre d’obstacle que le Likud devrait surmonter pour reprendre le pouvoir.

Le procureur général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le procureur sortant Shai Nitzan assistent à une cérémonie d’adieu organisée pour Nitzan à Jérusalem, le 18 décembre 2019. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Alors qu’Edelstein lui-même a gardé le silence à propos de la politique interne au Likud depuis l’annonce de Netanyahu, une source proche de l’ancien président de la Knesset a déclaré au Times of Israel qu’il avait toujours l’intention de rivaliser avec l’ancien Premier ministre afin de prendre la direction du parti.

« Il a déclaré qu’il se présentait avant qu’il n’y ait eu de discussion sur [un éventuel accord de négociation de peine en faveur de Netanyahu]. Alors pourquoi reviendrait-il là-dessus ? » s’est interrogée la source de manière rhétorique.

En revanche, le reste de la meute s’est tournée vers les réseaux sociaux après l’annonce de Netanyahu, publiant aussitôt des messages de soutien au chef de l’opposition et à son maintien à la tête du parti.

Barkat a tweeté qu’il avait parlé à Netanyahu et « a cherché à les conforter, sa famille et lui, dans la décision courageuse qu’il a prise ». Il a conjuré les partisans de s’unir derrière le chef du Likud toujours en place afin de renverser le gouvernement actuel.

Le député Likud Nir Barkat lors d’un événement de campagne du parti à Tel Aviv, le 16 février 2020. (Tomer Neuberg / Flash90)

Ohana a partagé le message de Netanyahu avec ce commentaire : « nous sommes de retour, à pleine puissance des moteurs ».

Regev a écrit qu’elle avait voulu, tout au long de la procédure, que l’ancien Premier ministre se batte avec acharnement dans cette affaire et ne plaide jamais coupable. Elle a félicité Netanyahu d’avoir écouté « les nombreuses voix l’encourageant dans le public et au sein du parti, dont je suis membre, à lutter jusqu’au bout pour affirmer son innocence ».

On pouvait rapidement entendre des déclarations similaires de soutien total à Netanyahu émanant des bureaux de Katz et Hanegbi.

Cette volte-face édifiante a conduit le comédien et observateur culturel Reshef Shay à comparer le parti à un groupe d’adolescents qui se déchaînent lorsqu’ils sont abandonnés à eux-mêmes : « C’est comme si le Likud avait occupé une maison vide pendant une semaine, et qu’à présent, (ils s’aperçoivent que) papa est de retour ! »

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