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Les rabbins, les robots-taxis qui envahissent San Francisco et le Shabbat

Les nouvelles technologies nous amènent en terrain inconnu dans le domaine de la halakha, mais les avis sont partagés quant à savoir si la mobilité accrue rapprochera ou éloignera

  • Des passagers tentant de comprendre pourquoi un taxi sans chauffeur Waymo ne bouge pas alors que la circulation s’intensifie derrière lui, à San Francisco, le 15 février 2023. (Crédit : Terry Chea/AP Photo)
    Des passagers tentant de comprendre pourquoi un taxi sans chauffeur Waymo ne bouge pas alors que la circulation s’intensifie derrière lui, à San Francisco, le 15 février 2023. (Crédit : Terry Chea/AP Photo)
  • Un taxi sans chauffeur Waymo roulant dans la rue lors d'un essai, à San Francisco, le 15 février 2023. (Crédit : Terry Chea/AP Photo)
    Un taxi sans chauffeur Waymo roulant dans la rue lors d'un essai, à San Francisco, le 15 février 2023. (Crédit : Terry Chea/AP Photo)
  • La présidente de la section 87 du SEIU, Olga Miranda, au centre, s'exprimant en faveur d'une proposition d'expansion des robots-taxis, à San Francisco, le 10 août 2023. (Crédit : Godofredo A. Vásquez/AP Photo)
    La présidente de la section 87 du SEIU, Olga Miranda, au centre, s'exprimant en faveur d'une proposition d'expansion des robots-taxis, à San Francisco, le 10 août 2023. (Crédit : Godofredo A. Vásquez/AP Photo)
  • Un taxi sans chauffeur Waymo s'arrêtant dans une rue pendant plusieurs minutes parce que la porte arrière n'était pas complètement fermée, alors que la circulation s’intensifie derrière lui, à San Francisco, le 15 février 2023. (Crédit : Terry Chea/AP Photo/Dossier)
    Un taxi sans chauffeur Waymo s'arrêtant dans une rue pendant plusieurs minutes parce que la porte arrière n'était pas complètement fermée, alors que la circulation s’intensifie derrière lui, à San Francisco, le 15 février 2023. (Crédit : Terry Chea/AP Photo/Dossier)
  • La maire de Phoenix, Kate Gallego, arrivant dans un véhicule auto-piloté de Waymo, à l'installation Sky Train de l'aéroport international Sky Harbor, à Phoenix, le 16 décembre 2022. (Crédit : Matt York/AP Photo/Dossier)
    La maire de Phoenix, Kate Gallego, arrivant dans un véhicule auto-piloté de Waymo, à l'installation Sky Train de l'aéroport international Sky Harbor, à Phoenix, le 16 décembre 2022. (Crédit : Matt York/AP Photo/Dossier)

J. The Jewish News of Northern California via la JTA – Demandez à un rabbin ce qu’il pense des voitures autonomes – ou voitures Google – et préparez-vous à une longue réponse.

Les voitures auto-pilotées – également connues sous le nom de robot-taxis, véhicules autonomes ou voitures sans conducteur – avec leurs capteurs vrombissants et leurs mouvements étranges, presque hésitants, font désormais pratiquement partie du décor de San Francisco.

Familières, elles le sont peut-être, mais pas sans susciter la controverse. Avec des incidents locaux au cours desquels des voitures autonomes ont tenté de pénétrer dans des zones d’incendie, ont souvent calé et se sont même écrasées sur un camion de pompiers ce mois-ci, les rapports de mauvaise conduite autonome ont été nombreux. Quoi qu’il en soit, la California Public Utilities Commission a élargi à la mi-août le service commercial de robot-taxis aux heures de la journée à San Francisco pour les divisions de véhicules autonomes Cruise de GM et Waymo d’Alphabet. Les autorités municipales s’opposent à cette expansion, invoquant des problèmes de sécurité entre autres.

Pourtant, les flottes entièrement électriques offrent des possibilités intrigantes pour le Shabbat – notamment pour les Juifs pratiquants qui s’abstiennent traditionnellement de conduire et d’utiliser l’électricité ce jour-là. Qu’en disent les rabbins locaux ?

« En tant que Juif orthodoxe, pour évaluer les nouvelles réalités, ils vont essayer de comprendre comment elles fonctionnent et de les classer en fonction des précédents existants dans la loi juive [orthodoxe – ou halakha] », a déclaré le rabbin Joel Landau d’Adath Israel, une synagogue orthodoxe de San Francisco.

« Il y a un élément technologique existant qui pourrait offrir un exemple de voie à suivre », a-t-il dit. Il s’agit de l’ascenseur de Shabbat, qui s’arrête et ouvre automatiquement ses portes à chaque étage, sans qu’il soit nécessaire d’appuyer sur un bouton.

La maire de Phoenix, Kate Gallego, arrivant dans un véhicule auto-piloté de Waymo, à l’installation Sky Train de l’aéroport international Sky Harbor, à Phoenix, le 16 décembre 2022. (Crédit : Matt York/AP Photo/Dossier)

Il peut sembler qu’un véhicule autonome, s’il est préprogrammé, pourrait éventuellement répondre aux mêmes exigences qu’un ascenseur de Shabbat. Mais selon Landau, ce n’est pas si simple.

« Tout le monde n’est pas satisfait par l’ascenseur de Shabbat » sur le plan halakhique, a-t-il déclaré.

De nombreux ascenseurs effectuent des ajustements en fonction du poids du passager, ce qui pour ainsi dire, annule leur neutralité. En revanche, un escalateur ou une passerelle en mouvement peuvent être acceptés.

Si les voitures autonomes réagissent au poids ou à la position d’un passager, cela pourrait suffire à les exclure de l’utilisation pendant Shabbat pour les Juifs pratiquants. Il en va de même si les passagers doivent activer quoi que ce soit pour démarrer le trajet. Landau est persuadé que le savoir-faire technologique nécessaire à la fabrication d’une voiture électrique autonome compatible avec Shabbat pourrait être mis au point. Mais il n’est pas sûr qu’il faille le faire.

La présidente de la section 87 du SEIU, Olga Miranda, au centre, s’exprimant en faveur d’une proposition d’expansion des robots-taxis, à San Francisco, le 10 août 2023. (Crédit : Godofredo A. Vásquez/AP Photo)

La question de la conduite durant Shabbat a été abordée par le mouvement conservateur dans les années 1950, lorsque les rabbins avaient autorisé les Juifs à se rendre en voiture à la synagogue pour les offices, alors qu’ils s’installaient dans les banlieues et vivaient trop loin de la synagogue pour y aller à pied. Néanmoins, le mouvement n’encourage pas la conduite pendant Shabbat.

« L’idéal est de ne pas conduire pendant Shabbat et que les gens vivent à proximité de leur communauté juive – pour se rendre à pied à la synagogue, partager des repas, élever des familles », a écrit la rabbin Amanda Russell de la Congrégation Beth Sholom, une synagogue conservatrice de San Francisco, dans un courriel adressé au J. The Jewish News of Northern California.

« Mais tout le monde ne peut pas accéder cet idéal », a-t-elle ajouté. « Nous savons que pour être en communauté à Shabbat, de nombreuses personnes doivent conduire. »

Mais qu’en est-il des robot-taxis auto-pilotés ? Seraient-ils plus efficaces que la voiture ?

« Il est amusant que vous posiez cette question », a déclaré Russell. « Ces voitures sont devenues un petit sujet de conversation à Beth Sholom, simplement parce qu’elles occupent de précieuses places de stationnement tôt le matin pour le minyan quotidien et le Shabbat ! »

Un taxi sans chauffeur Waymo roulant dans la rue lors d’un essai, à San Francisco, le 15 février 2023. (Crédit : Terry Chea/AP Photo)

L’agacement mis à part, Russell a déclaré que la question se résume à la façon dont les voitures fonctionnent, dans quel but elles sont utilisées et si elles portent atteinte à l’esprit de Shabbat. Si elles sont « programmées et payées à l’avance », les voitures autonomes pourraient être « plus idéales » durant Shabbat qu’une personne conduisant une voiture électrique.

Alors, comment fonctionnent réellement les voitures auto-pilotées ? Pourraient-elles vraiment être compatibles avec Shabbat ?

Pour faire simple, une voiture autonome est équipée d’un ensemble de capteurs et de dispositifs d’imagerie, dont des caméras et un LIDAR, le dispositif de rotation situé sur le toit de la voiture qui utilise la lumière pour mesurer la distance. Si le GPS aide la voiture à tracer son itinéraire, ce sont tous ces capteurs qui l’aident à naviguer dans l’environnement animé de la rue.

Pour l’instant, les usagers accèdent aux voitures par l’intermédiaire d’applications sur leur téléphone, mais il est possible de planifier en amont une prise en charge par un robot-taxi.

« Pour que cela soit autorisé, il faudrait prendre les dispositions nécessaires avant Shabbat : lieux de ramassage et de dépôt, paiement, etc. Cela éviterait au passager d’avoir à utiliser son téléphone, toute technologie liée au covoiturage et toute forme d’argent, qui sont tous interdits pendant Shabbat. »

Russell et Landau ont tous deux déclaré que le fait de se concentrer sur le respect de l’esprit de Shabbat est essentiel. Landau a déclaré que même si les voitures autonomes peuvent techniquement être utilisées – une hypothèse qui n’a pas encore été véritablement vérifiée – il ne croit pas que la plupart des Juifs pratiquants tapoteront sur l’application Waymo quelques minutes avant le coucher du soleil le vendredi.

« Il ne faut pas forcément faire tout ce qu’il vous est possible de faire », a déclaré Landau.

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