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Lettonie : adoption d’une loi sur les restitutions de la Shoah

Le Parlement letton a approuvé un budget de 40 millions d'euros sur dix ans à l'attention des 9 500 Juifs du pays

Le mémorial sur les ruines de l’ancienne synagogue de Riga, incendiée par les nazis en 1941, en mémoire de ceux qui ont péri dans l'incendie, photographié le 10 février 2022. (Crédit : Roman Koksarov/AP)
Le mémorial sur les ruines de l’ancienne synagogue de Riga, incendiée par les nazis en 1941, en mémoire de ceux qui ont péri dans l'incendie, photographié le 10 février 2022. (Crédit : Roman Koksarov/AP)

Le Parlement letton a adopté la semaine dernière une loi sur les restitutions de biens liées à la Shoah. Celle-ci prévoit une indemnisation aux héritiers de biens juifs perdus ou volés et propose un financement pour revitaliser la communauté juive du pays, anéantie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le Parlement, qui compte 100 sièges, a voté à 64 voix contre 21 en faveur de la loi.

Les longs débats sur le sujet avaient démarré en 2005, et ont impliqué la World Jewish Restitution Organization, des représentants juifs lettons, les autorités gouvernementales ainsi que les États-Unis et Israël.

Le texte de loi propose un budget de 40 millions d’euros sur 10 ans visant à revitaliser la communauté juive de Lettonie, qui compte 9 500 personnes, à fournir une assistance sociale et matérielle aux survivants de la Shoah, et à financer des écoles juives, la restauration de bâtiments et des projets culturels.

Quelque 95 000 Juifs vivaient en Lettonie avant la Seconde Guerre mondiale. La communauté prospère d’avant-guerre a subi d’énormes pertes pendant l’occupation nazie. Environ 90 % des Juifs du pays avaient été décimés quand l’Armée rouge est parvenue à recapturer le pays aux forces nazies fin 1944.

Le Ghetto Museum de Riga, en Lettonie. (Crédit : Fishman/CC-BY-SA-3.0)

L’Union soviétique avait saisi les biens que possédaient les Juifs lettons en 1940, au moment de la première occupation du pays, avant qu’ils ne soient capturés par les nazis, puis à nouveau nationalisés par l’Union soviétique, avant de devenir plus tard la propriété de l’État letton.

Devenue indépendante en 1991, la Lettonie a introduit des lois sur les restitutions des biens nationalisés, mais personne n’a réclamé les biens qui appartenaient à des Juifs.

De nombreux pays européens ont pris des mesures visant à indemniser les héritiers des propriétaires juifs spoliés pendant la guerre.

La Pologne, qui abritait jadis la plus grande population juive d’Europe, n’a adopté aucune législation réglementant la restitution des biens ou prévoyant une indemnisation.

Dans de nombreux cas, les propriétés saisies d’abord par les nazis ont plus tard été nationalisées par le régime communiste polonais. Si la grande majorité des personnes dépossédées n’étaient pas juives, le débat occupe une place importante dans les relations de la Pologne avec Israël et les États-Unis.

L’an dernier, la Pologne a adopté une loi limitant le droit des survivants de la Shoah et de leurs descendants à réclamer leurs biens. Cette nouvelle législation avait déclenché une crise diplomatique majeure avec Israël.

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