L’ex-espion Jonathan Pollard candidat aux législatives sur la liste de Sharren Haskel
Figure de la droite dure, l'ex-agent américain rejoint le parti « Yisrael Rishona » et appelle à former un gouvernement axé sur la défense de la terre et du peuple
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Dimanche, l’ex-espion Jonathan Pollard a annoncé qu’il se présentait aux élections législatives à la Knesset dans les rangs du parti « Yisrael Rishona » de l’ex-vice-ministre des Affaires étrangères, Sharren Haskel, expliquant à l’occasion d’une déclaration commune filmée devant le mur Occidental qu’Israël avait besoin d’ « un nouveau gouvernement dévoué à la protection de la terre et du peuple d’Israël ».
« Mon cas n’a pas été une exception. L’abandon que j’ai vécu et la trahison dont j’ai été victime n’ont pas été des exceptions. Le 7-Octobre, j’ai vu le pays tout entier se faire abandonner et trahir », a déclaré en anglais Pollard, aujourd’hui âgé de 72 ans, en parlant des années durant lesquelles il a croupi en prison.
Nombre de députés « tiennent de très beaux discours » mais ils n’ont pas assumé la responsabilité de l’attaque du Hamas, a-t-il indiqué en déclarant à Haskel : « La seule façon de nous assurer que cela ne se reproduira pas est d’avoir des personnes comme vous à des postes de responsabilité au sein du gouvernement. »
Le nouveau parti d’Haskel, Yisrael Rishona, fait partie du « troisième bloc » de partis de centre-droit désireux d’imposer un compromis entre le Likud et les partis d’opposition sionistes afin de créer un gouvernement d’union nationale. Selon les derniers sondages, aucun des partis de ce bloc ne parvient à passer le cap du minimum électoral.
« Le parti Yisrael Rishona reçoit aujourd’hui l’appui de poids du héros israélien Jonathan Pollard, qui a chèrement payé son engagement envers Israël et le peuple juif », a déclaré Haskel, ex-députée du Likud récemment démissionnaire du parti Tikva Hadasha de Gideon Saar en raison de sa fusion avec son ancien parti.
« Nous croyons en un Israël juif, sioniste, fort et prospère qui se défend, renforce la colonisation, protège Jérusalem et donne à ses citoyens la chance de construire un avenir meilleur, ici-même. Nous ne nous excusons pas de ce que nous sommes et nous ne renonçons pas à notre droit de construire l’avenir du peuple juif ici », a-t-elle ajouté.
Ex-analyste du renseignement de la Marine américaine, Pollard a passé trente ans, de 1985 à 2015, dans une prison fédérale américaine pour avoir transmis des documents secrets à Israël, une affaire qui a provoqué un profond différend entre Jérusalem et Washington.
Libéré en 2015, il a dû demeurer aux États-Unis jusqu’en 2020 en raison des modalités de sa liberté conditionnelle : ensuite, le Département de la Justice des Etats-Unis a levé les restrictions, ce qui lui a permis d’émigrer en Israël, pays dont il avait acquis la nationalité en 1995.
Devenu un fervent défenseur des politiques de droite et un critique du Premier ministre Benjamin Netanyahu, mais aussi de l’ex-Premier ministre Naftali Bennett, il a refusé de céder aux sirènes des partis d’extrême droite Otzma Yehudit et HaTzionout HaDatit, appartenu un très court temps au parti Esprit Sioniste d’Ayelet Shaked, en 2022, avant de lui retirer son soutien, au bout de quelques heures.
En mai dernier, Pollard avait annoncé son entrée en politique en expliquant que son objectif principal était d’ « unir la droite ».
Cette année, il a déclaré : « Je suis personnellement favorable au transfert forcé de tous les résidents actuels hors de Gaza, ainsi qu’à l’annexion de Gaza et son repeuplement par nos soins. »
En novembre 2023, il avait indiqué qu’Israël aurait dû faire taire les familles des otages du Hamas à Gaza, voire en emprisonner certaines, afin d’éviter les pressions en vue d’un accord avec le groupe terroriste.
Apparue sur la liste du Likud en 2015, Haskel a quitté le parti fin 2020 pour rejoindre le parti Tikva Hadasha du ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, faisant à l’époque état d’un « gros fossé » entre l’idéologie sioniste révisionniste des fondateurs du Likud « et les valeurs et normes qui caractérisent le Likud aujourd’hui ».
Lorsque le comité central du Likud a voté, à une écrasante majorité, en faveur de la fusion avec Tikva Hadasha, l’an dernier, Haskel avait déclaré que d’autres personnalités partisanes de la ligne dure en matière de sécurité, et conservatrices sur le plan économique, se sentaient « politiquement orphelines » — sans pour autant démissionner de ses postes de députée de la coalition et vice-ministre des Affaires étrangères.
Ce n’est qu’à la mi-juillet 2026, soit trois mois avant les élections générales, que Haskel, l’une des opposantes les plus virulentes, au sein de la coalition, au vote d’une loi d’exemption du service militaire des étudiants de yeshiva, a fini par démissionner, officiellement en raison de l’adoption de la loi interdisant temporairement l’arrestation et les poursuites contre les réfractaires haredim.
Dès le lendemain, Haskel annonçait la création de son parti politique, Yisrael Rishona, en dépit des mois de négociations en vue de la formation d’un nouveau parti de droite mené par l’ex-député du Likud, Yuli Edelstein, et l’ex-ministre Gilad Erdan.
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