L’ex-maire de Naplouse, qui avait été blessé par des terroristes juifs, est mort
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L’ex-maire de Naplouse, qui avait été blessé par des terroristes juifs, est mort

A la fois critique d'Israël et de l'Autorité palestinienne, Bassam Shakaa a dit qu'il n'y avait rien à discuter sur l'idée d'une "solution à deux États"

L'ancien maire de Naplouse Bassam Shakaa (Capture d'écran: YouTube)
L'ancien maire de Naplouse Bassam Shakaa (Capture d'écran: YouTube)

Lundi, l’ancien maire de Naplouse Bassam Shakaa est décédé dans la ville cisjordanienne à l’âge de 89 ans.

Il a survécu à une tentative d’assassinat en 1980 mais avait perdu ses deux jambes quand une bombe posée dans sa voiture par des terroristes juifs israéliens a explosé. Après l’explosion, il a déclaré « je suis profondément enraciné dans la terre », selon le site d’information officiel de l’AP Wafa.

Shakaa, un nationaliste palestinien ardent et critique sans concession d’Israël et de l’Autorité palestinienne (AP), a servi comme maire de Naplouse entre 1976 et 1982.

Osama Najjar, le porte-parole du ministère de la Santé de l’AP, a déclaré que la santé de Shakaa s’était détériorée ces dernières années à cause d’un certain nombre de complications médiales, sans fournir davantage de détails.

Le président de l’AP Mahmoud Abbas a salué Shakaa pour sa « défense constante de la juste cause de son peuple, son insistance à obtenir l’unité nationale et les droits justes et légitimes de notre peuple », a annoncé Wafa.

Le groupe terroriste du Hamas lui a rendu hommage comme « l’un des héros qui ont combattu l’occupation et la construction d’implantations » et « l’un des leaders du mouvement national palestinien ».

Une vue de Naplouse dans le nord la Cisjordanie. (Adam Rasgon/The Times of Israel)

Ayman Shakaa, un membre de la famille, a déclaré qu’une procession funéraire pour Bassam aurait lieu mardi à Naplouse.

Israël avait arrêté et publié un arrêté d’expulsion à l’encontre de Shakaa en 1979 après qu’il eut tenu des propos en soutien à une attaque terroriste en 1978 qui avait tué 30 Israéliens. Mais après des manifestations populaires en Cisjordanie pour soutenir Shakaa, Tsahal avait annulé l’arrêté et lui a permis de retourner à Naplouse, où il avait reçu un accueil digne d’un héros.

Il a aussi signé une pétition en 1999 qui accusait l’AP de corruption et critiquait les Accords d’Oslo.

Dans un entretien avec le quotidien Haaretz en 2005, Shakaa a formulé ce que le journaliste Danny Rubinstein avait décrit comme sa vision sur le monde : « Je ne veux contrôler personne et je ne veux que personne me contrôle ».

Interrogé sur la solution à deux Etats, Shakaa a dit à Rubinstein : « L’Etat d’Israël n’est pas prêt pour cela. Il mène une politique raciste et développe constamment les implantations juives dans les territoires – alors il n’y a rien à discuter sur le principe de deux États ».

Shakaa était l’oncle du défunt Ghassan Shakaa, qui a aussi servi comme maire de Naplouse.

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