Libération publie un appel de 400 personnes pour l’anti-sionisme
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Libération publie un appel de 400 personnes pour l’anti-sionisme

La création de l'État juif ne serait, selon les signataires, que le fruit d' "une promesse divine"

Le réalisateur Jean-Luc Godard assiste à un débat au cinéma des Cinéastes à Paris, le 19 juin 2010 (PHOTO AFP / Miguel MEDINA)
Le réalisateur Jean-Luc Godard assiste à un débat au cinéma des Cinéastes à Paris, le 19 juin 2010 (PHOTO AFP / Miguel MEDINA)

Quelque 400 personnes ont signé un appel dans Libération pour défendre leur position anti-sioniste et pour éviter une criminalisation de ce qu’ils disent être une « opinion », ou un « courant de pensée né parmi les juifs européens au moment où le nationalisme juif prenait son essor. Il s’oppose à l’idéologie sioniste qui préconisait (et préconise toujours) l’installation des juifs du monde en Palestine, aujourd’hui Israël ».

La création de l’État juif ne serait, selon les signataires qui s’opposent à l’antisémitisme, que le fruit d’ « une promesse divine ». « L’argument essentiel de l’antisionisme était (et est toujours) que la Palestine n’a jamais été une terre vide d’habitants qu’un ‘peuple sans terre’ serait libre de coloniser du fait de la promesse divine qui lui en aurait été donnée, » lit-on dans le texte.

Parmi les signataires on retrouve entre autres l’inlassable Rony Brauman, le réalisateur Jean-Luc Godard, Eric Hazan, l’ancien diplomate palestinien Elias Sambar et Christiane Hessel, veuve de Stéphane Hessel.

« Nous ne voulons certainement pas que vous livriez les juifs de France et leur mémoire à l’extrême droite israélienne, comme vous le faites en affichant ostensiblement votre proximité avec le sinistre ‘Bibi’ et ses amis français, » lit-on plus loin, sans fournir plus de détails.

Emmanuel Macron avait annoncé le 20 février que la France allait mettre en oeuvre une définition de l’antisémitisme élargie à l’anti-sionisme, sans toutefois modifier le Code pénal, dans un discours prononcé lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Paris.

« Si vous faites adopter une loi contre l’antisionisme, ou si vous adoptez officiellement une définition erronée de l’antisionisme qui permettrait de légiférer contre lui, sachez que nous enfreindrons cette loi inique par nos propos, par nos écrits, par nos œuvres artistiques et par nos actes de solidarité. Et si vous tenez à nous poursuivre, à nous faire taire, ou même à nous embastiller pour cela, eh bien, vous pourrez venir nous chercher, » clament-ils.

« La France, qui l’a endossée en décembre avec ses partenaires européens, mettra en œuvre la définition de l’antisémitisme adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah » (qui intègre l’anti-sionisme, NDLR), avait affirmé le chef de l’État, en martelant que « l’anti-sionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme » – à l’instar de son discours lors de la 75e cérémonie du Vel d’Hiv.

Emmanuel Macron avait précisé lors de son allocution « qu’il ne s’agit pas de modifier le code pénal, encore moins d’empêcher ceux qui veulent critiquer la politique israélienne de le faire, non, ni de revenir sur des sujets que nous connaissons et qui sont ceux de la politique internationale (…), il s’agit de préciser et raffermir les pratiques de nos forces de l’ordre, de nos magistrats, de nos enseignants, de leur permettre de mieux lutter contre ceux qui cachent, derrière le rejet d’Israël, la négation même de l’existence d’Israël, la haine des juifs la plus primaire. »

Pour rappel, la loi française actuelle punit comme provocation « Ceux qui […] auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée…… d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 45 000 € ou de l’une de ces deux peines seulement […] » (24 alinéa 8 de la loi du 29 juillet 1881)

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