Liberman : « Si nous avons un Code Rouge ici, vous aurez du super rouge à Gaza »
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Liberman : « Si nous avons un Code Rouge ici, vous aurez du super rouge à Gaza »

Le ministre de la Défense prévient qu’Israël pourrait bientôt à une "phase suivante" de riposte

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman visite le kibboutz  Or HaNer à proximité de la bande de Gaza, le 27 juillet 2018 (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman visite le kibboutz Or HaNer à proximité de la bande de Gaza, le 27 juillet 2018 (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Vendredi, Avidgor Liberman, ministre de la Défense, a prévenu le Hamas de ne pas reprendre ses tirs de roquettes sur les communautés israéliennes à proximité de la bande de Gaza, affirmant qu’Israël pourrait passer à la « phase suivante » de riposte si la paix n’était pas maintenue.

En visite au kibboutz Or Haner, Liberman, qui évoquait les sirènes d’alarme pour les communautés en périphérie de Gaza, a déclaré : »Si nous avons un Code Rouge ici, ils auront du super rouge de l’autre côté ».

Le ministre a souligné la force de la réponse de Jérusalem aux semaines et aux mois de violence à la frontière, marqués par des attaques incendiaires et aux tirs de roquettes.

Liberman a noté que Tsahal avait infligé des pertes importantes au Hamas et avait causé des « dommages significatifs à certaines des infrastructures terroristes primordiales – les fabriques d’armes, les lieux de stockage et les sites d’entraînement. Nous contrôlons aussi très strictement le point de passage de Kerem Shalom (le principal point de passage de produits de consommation), alors si on prend en compte toutes ces mesures, je pense que la réponse a été forte ».

Il a laissé entendre qu’Israël ne voulait pas voir la situation à Gaza s’empirer, puisqu’il faut déjà surveiller d’autres fronts. « Avons-nous besoin de passer à la prochaine phase ? Il semble que oui, a-t-il déclaré. Mais nous avons la responsabilité de défendre toutes les frontières de la nation, de faire face à toutes les menaces en même temps et de maintenir une vie normale ici comme ailleurs ».

Interrogé quant à savoir ce qu’il entendait par « prochaine phase », Liberman a répondu : « Je crois que nous ne voulons vraiment pas être entraînés dans une guerre. Nous faisons tout pour empêcher une campagne de grande ampleur, mais la balle est dans l’autre camp, elle n’est pas dans notre camp ».

« Je recommande vivement au Hamas d’être raisonnable et de ne pas nous forcer à faire des actions que nous pourrions bien faire ».

Liberman a rejeté la responsabilité israélienne pour la crise humanitaire qui a lieu dans la bande de Gaza. Israël a été accusé d’avoir renforcé le sentiment de désespoir et d’avoir augmenté les tensions et la violence dans l’enclave.

Une boule de feu explose dans Gaza City pendant une frappe israélienne (Crédit : AFP / BASHAR TALEB)

« Actuellement, la crise est principalement due à Abu Mazen qui a décidé de couper 300 millions de dollars [pour Gaza] et au Hamas qui refuse de consacrer le moindre dollar à l’éducation et à la santé de ses citoyens », a déclaré Liberman, en utilisant le surnom de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne.

« Le budget total du Hamas tourne autour des 270 millions de dollars. Il est entièrement consacré à la production de roquettes et de tunnels – et nous, en compagnie de la communauté internationale, sommes priés de donner de l’argent pour les résidents de Gaza. C’est absurde. C’est leur problème ».

Des soldats israéliens ont abattu deux Palestiniens lors des violentes manifestations à la frontière vendredi, selon le ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas. Ils ont annoncé qu’un homme de 43 ans et qu’un garçon de 12 ans avaient été tués.

Selon Tsahal, environ 7 000 Palestiniens ont participé à des violentes émeutes à plusieurs endroits le long de la frontière. Des manifestants ont lancé des pierres et des pneus enflammés, ils ont attaqué les soldats avec des bombes artisanales, des cocktails Molotov, et des grenades – toutes ces armes n’ont pas pu traverser la barrière de sécurité et sont tombées dans le territoire gazaoui.

L’armée a expliqué que les soldats ont riposté à la violence avec des équipements moins mortels, mais aussi avec des balles réelles dans certains cas.

Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé qu’au moins 240 personnes avaient été blessées, alors que 90 autres ont été blessées par balles.

Il n’y a pas eu de commentaire immédiat de la part de l’armée. Lors des précédentes manifestations, l’armée avait riposté aux jets de pierres, aux cocktails Molotov et aux tentatives des pénétrer la frontière avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, mais aussi avec des balles réelles dans certains cas.

Des Palestiniens courent pour se mettre à l’abri des gaz lacrymogènes tirés par les forces israéliennes près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël à l’est de la ville de Gaza le 14 mai 2018. (AFP/MAHMUD HAMS)

Le ministère de la Santé à Gaza a annoncé que plusieurs Palestiniens avaient été blessés lors des affrontements de la semaine.

Vendredi, l’armée israélienne a mené une frappe aérienne sur un groupe des Palestiniens au nord de Gaza alors qu’ils lançaient des ballons incendiaire vers Israël, a-t-on expliqué à l’armée. Les Palestiniens ont dit que l’attaque n’avait pas fait de victimes.

Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit que le conflit avec le Hamas à Gaza était « un test de la détermination » et qu’Israël « fera tout ce qu’il faut » pour protéger ses citoyens.

On a assisté, au cours des récentes semaines, aux tensions les plus graves avec le Hamas depuis la guerre de 2014.

La semaine dernière, on a de nouveau assisté à une escalade. Cela a commencé par la mort d’un soldat de Tsahal, Aviv Levi, tué par un sniper à la frontière de Gaza, ce qui a conduit à des frappes aériennes de riposte de la part d’Israël. Nickolay Mladenov, le médiateur des Nations Unies, a ensuite dit que les deux parties avaient été « à deux doigts d’une guerre », avant qu’un accord tacite de cessez-le feu ne soit obtenu.

On a rapidement accepté un cessez-le-feu au cours du week-end, mais, mercredi, un soldat a encore été blessé par un sniper gazaoui au cours d’un deuxième incident. Israël a répondu avec avec des tirs de tanks et des frappes aériennes sur des cibles du Hamas, tuant trois membres du groupe terroriste. Des roquettes ont été tirées depuis le territoire palestinien sur des communautés dans le sud d’Israël.

Un tank de combat israélien Merkava patrouille le long de la frontière avec la bande de Gaza à proximité du kibboutz Nahal Oz dans le sud d’Israël (Crédit : AFP Photo/Jack Guez)

Neuf roquettes ont ensuite été tirées sur Israël dans la nuit, huit sont tombées dans une zone inhabitée et une autre a été abattue par le Dôme de Fer. L’armée israélienne a ensuite riposté contre sept installations du Hamas le long de la frontière.

Jeudi matin, les Brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile armée du Hamas, a annoncé que ses forces étaient en état d’alerte maximal, qu’elles étaient au plus haut niveau de préparation en vue d’une possible confrontation de grande ampleur contre Israël.

« Israël paiera ses derniers crimes dans le sang », a déclaré jeudi matin le Hamas dans un communiqué.

Selon l’armée, le tir de sniper de mercredi s’est produit alors qu’un groupe de soldats de Tsahal est arrivé à un endroit de la barrière où des mineurs conduisaient des émeutes de l’autre côté. Les mineurs ont été utilisés comme un leurre par les snipers pour tirer sur les soldats, a déclaré Tsahal.

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