Le jeune de 12 ans tué à Gaza avait joué le rôle d’un « martyr » dans un film
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Le jeune de 12 ans tué à Gaza avait joué le rôle d’un « martyr » dans un film

On peut voir Majdi al-Satari enveloppé dans un drapeau palestinien et porté par des amis après avoir été abattu dans une scène qui ressemble étrangement à son enterrement

Un Palestinien arborant le drapeau palestinien (Crédit : AFP)
Un Palestinien arborant le drapeau palestinien (Crédit : AFP)

Un garçon de 12 ans dont des officiels du Hamas ont déclaré qu’il avait été tué par des snipers israéliens lors des manifestations de vendredi à la frontière de Gaza avait joué le rôle d’un « martyr » tué par des soldats israéliens dans un film largement diffusé sur les réseaux sociaux palestiniens plus tôt ce mois.

Dans la vidéo, on voit Majdi al-Satari et ses amis suspendre un drapeau sur une barrière qui est censée symboliser la barrière entre Gaza et Israël. Ils essaient ensuite de forcer la barrière avant que des « soldats israéliens » ne tirent sur al-Satari.

Sur la vidéo, le garçon de 12 ans est ensuite placé sur un brancard, enveloppé dans un drapeau palestinien, et emporté par ses amis – dans une scène qui ressemble étrangement à celle qui s’est déroulée samedi après-midi lors de son enterrement commun avec deux autres Gazaouis qui auraient été tués pendant les manifestations de vendredi.

Les deux autres victimes étaient Moumin al-Hams, âgé de 17 ans, et Ghazi Abu Mustafa, âgé de 43 ans, selon le Ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas qui a établi à 18 le nombre de victimes mineures tuées au cours des quatre derniers mois.

Vendredi, selon Alaa Abdel-Fattah, témoin de la scène, les manifestants essayaient de couper les fils barbelés à environ 90 mètres de la véritable barrière. Il a dit que Majdi les observait à environ 100 mètres distance.

« Il y a eu deux tirs d’un sniper. Une balle a touché la jambe d’une personne du groupe qui coupait les barbelés, et l’autre balle a atteint le garçon à la tête », a-t-il déclaré à l’Associated Press.

Tsahal a déclaré ne pas pouvoir commenter sa mort.

Des femmes se sont rassemblées sous le toit en zinc rouillé de la maison de la famille al-Satari pour l’enterrement.

Kholoud, la mère de Majdi, qui portait une robe noire et voile sur le visage, était assise sur un matelas.

« Je ne sais pas ce qu’il leur [les soldats israéliens] a fait », a-t-elle déclaré en éclatant en sanglots. Elle a ajouté que sa famille essayait de l’empêcher d’aller aux manifestations et, qu’une fois, elle avait tenté de l’enfermer à la maison. « C’est son destin », a-t-elle soupiré.

« C’est un enfant. Il n’avait pas de munitions, pas d’armes, a dit la grand-mère du garçon, Umm Ramzi. Il regardait comme tous les autres enfants. Ils lui ont tiré dessus de loin. N’est-ce pas un enfant ? Pourquoi ciblent-ils les enfants ? »

Samedi, l’ambassadeur des Nations Unies pour la paix au Moyen-Orient avait virulemment condamné la mort d’al-Satari.

« Hier le meurtre d’un garçon palestinien tué par un tir israélien à Gaza est choquant et tragique », a écrit Nickolay Mladenov dans un post publié sur ses comptes dans les réseaux sociaux.

« Les enfants ne sont pas des cibles ! Trop de vies ont été perdues, a-t-il ajouté. Il est temps que cela s’arrête ».

Dans une ville a proximité, Hassan Najjar, résident de la ville, a déclaré avoir été témoin de la mort d’Abu Mustafa, âgé de 43 ans et lui aussi abattu par un tir de sniper.

Il a affirmé que des soldats ont tiré sur un groupe de Palestiniens qui se précipitaient vers la frontière et qu’une balle a touché un homme assis à une distance d’environ 250 mètres. Il a dit que l’homme avait déjà été blessé à la jambe lors d’une précédente manifestation et qu’il utilisait encore des béquilles.

Selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, 157 Palestiniens ont été tués depuis le début des violentes manifestations de la « Marche du retour ». Le Hamas, le groupe terroriste qui dirige Gaza, a reconnu des dizaines des morts étaient des membres de son organisation.

Selon Tsahal, environ 7 000 Palestiniens ont participé à de violentes émeutes à plusieurs endroits le long de la frontière. Des manifestants ont lancé des pierres et des pneus enflammés, ils ont attaqué les soldats avec des bombes artisanales, des cocktails Molotov, et des grenades – toutes ces armes n’ont pas pu traverser la barrière de séparation et sont tombées dans le territoire gazaoui.

L’armée a expliqué que les soldats ont riposté à la violence avec des équipements moins mortels, mais aussi avec des balles réelles dans certains cas. Israël ouvre seulement le feu quand c’est nécessaire pour empêcher les infiltrations, les attaques ou les dégâts à la barrière.

Israël a accusé le Hamas d’utiliser les manifestations pour couvrir des attaques terroristes.

Des snipers de Gaza ont tué un soldat de Tsahal, Aviv Levi, et en ont blessé un autre dans deux incidents séparés la semaine dernière.

Peu après la fin des manifestations vendredi, des hommes armés ont tiré sur des soldats de Tsahal à proximité de la frontière, sans faire de victimes. En riposte l’armée israélienne a lancé des frappes sur un poste d’observation du Hamas à proximité.

Vendredi, l’armée israélienne a mené un frappe aérienne sur un groupe des Palestiniens au nord de Gaza alors qu’ils lançaient des ballons incendiaire vers Israël, a-t-on expliqué à l’armée. Les Palestiniens ont dit que l’attaque n’avait pas fait de victimes.

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