L’Iran ne statuera pas sur les inspections de l’AIEA avant que l’accord n’expire
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L’Iran ne statuera pas sur les inspections de l’AIEA avant que l’accord n’expire

L'Observatoire de l'énergie atomique de l'ONU n'a pas pu accéder aux caméras de surveillance des sites nucléaires iraniens depuis la fin février

Un camion quitte l'usine d'enrichissement d'uranium Ahmadi Roshan à Natanz, le 6 novembre 2019. (Crédit : Agence internationale de l'énergie atomique via l'AP)
Un camion quitte l'usine d'enrichissement d'uranium Ahmadi Roshan à Natanz, le 6 novembre 2019. (Crédit : Agence internationale de l'énergie atomique via l'AP)

L’Iran décidera de l’éventuelle prolongation d’un accord de contrôle conclu avec l’Agence de l’énergie atomique seulement après son expiration – qui est prévue ce jeudi –, a indiqué le chef de cabinet de la présidence de la République islamique, Mahmoud Vaezi, mercredi.

« Il a été décidé qu’après expiration de l’échéance de l’accord, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien décidera de la prolongation de l’accord lors de sa première réunion », a dit Vaezi, selon la chaîne de télévision d’État israélienne.

L’Agence n’a pas pu accéder à ses caméras de surveillance installées sur les sites nucléaires iraniens depuis la fin février – elle n’a pas pu non plus obtenir les données provenant de ses dispositifs de contrôle de l’enrichissement de l’uranium et de ses sceaux électroniques, ce qui a entravé gravement les capacités de supervision du groupe de veille des Nations unies.

Un accord temporaire avait été conclu, qui engageait Téhéran à conserver les images des caméras de surveillance jusqu’en date du 24 juin.

La possibilité que le programme nucléaire de la République islamique ne puisse pas être contrôlé inquiète les experts de la non-prolifération atomique ainsi que le secrétaire d’État américain Antony Blinken, qui s’est dit très préoccupé.

Depuis que le président américain Joe Biden est arrivé à la Maison Blanche, ses diplomates ont travaillé aux côtés des autres grandes puissances mondiales à favoriser la réintégration des États-Unis et de l’Iran dans l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu en 2015 – qui est connu sous le nom de JCPOA. Son prédécesseur, Donald Trump, avait retiré unilatéralement les États-Unis de l’accord en 2018. S’il n’y a pas eu de rencontres directes entre les Américains et les Iraniens dans le cadre des négociations portant sur le ralliement des deux pays à l’accord aujourd’hui exsangue, des pourparlers séparés sont en cours – qui impliquent un échange de prisonniers.

Ebrahim Raisi, vainqueur des élections présidentielles iraniennes, après avoir voté dans un bureau de vote de Téhéran, en Iran, le 18 juin 2021. (Crédit : Ebrahim Noroozi/AP)

Le chef du système judiciaire iranien Ebrahim Raisi, qui fait partie de la ligne dure du régime, a indiqué que son administration ne permettrait aucune négociation – à moins qu’elle ne soit profitable à l’Iran.

« Toute négociation qui garantira les intérêts nationaux sera soutenue, c’est certain, mais… nous ne permettrons pas à des pourparlers d’avoir lieu simplement parce qu’il faut négocier », a-t-il déclaré, lundi, au cours de sa toute première conférence de presse. « Les États-Unis sont dans l’obligation préalable de lever toutes les sanctions qui oppressent l’Iran. »

Par ailleurs, il est difficile de dire quand un accord pourra être trouvé dans le cadre de ces discussions qui ont actuellement lieu à Vienne. Et tandis que l’Iran a dépassé toutes les limites qui étaient stipulées dans le JCPOA, ce franchissement pourrait bien ne pas être le seul outil permettant à la République islamique d’exercer encore davantage de pressions sur l’Occident. Parmi ces outils, un plus grand nombre de centrifugeuses, une plus grande quantité d’uranium enrichi, la remise en route d’une structure qui fabriquait du plutonium sous forme de produit dérivé, ou l’abandon d’un traité nucléaire sur la non-prolifération.

L’AFP a contribué à cet article.

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