L’OMS adopte une motion accusant Israël de violer le droit à la santé
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L’OMS adopte une motion accusant Israël de violer le droit à la santé

L’organe des Nations Unies est accusé de “politisation cynique” pour avoir approuvé une seule résolution sur la Cisjordanie, Gaza et le Golan lors de son unique session

Le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, prend la parole lors d'une conférence de presse au siège de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, le 25 juin 2020. (Fabrice Coffrini / AFP)
Le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, prend la parole lors d'une conférence de presse au siège de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, le 25 juin 2020. (Fabrice Coffrini / AFP)

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) de l’ONU a tenu une session mardi pour accuser Israël de violer les droits à la santé des Palestiniens, et a adopté une résolution sur la question – le fruit de l’unique discussion concernant un pays spécifique lors de son assemblée annuelle, largement consacrée à la pandémie de coronavirus.

Les délégations de quelque 25 pays ont prononcé des discours accusant Israël de violer les droits à la santé des Palestiniens et de la population druze sur le plateau du Golan.

Ce thème de l’ordre du jour a été critiqué par UN Watch, une organisation à but non lucratif qui relève les incidents qu’elle considère liée aux préjugés anti-israéliens des organes des Nations unies, dans lesquels les critiques pro-israéliens affirment qu’il existe une majorité systématique contre l’État juif. Des résolutions similaires ont été adoptées les années précédentes.

La résolution réclame que l’OMS tienne le même débat à l’Assemblée de l’an prochain et prépare un autre rapport sur « Les conditions sanitaires dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé ».

La résolution a été adoptée avec 82 votes favorables, 14 contre, 40 abstentions et 38 absents.

Elle a été présentée par la délégation palestinienne et coparrainée par 26 pays, dont Cuba, l’Irak, la Libye, le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Soudan, la Syrie, la Turquie, le Venezuela et le Yémen, ainsi que trois pays qui ont récemment normalisé ou repris leurs relations avec Israël : Les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn et le Maroc.

Un soignant tient des flacons vides du vaccin COVID-19 de Pfizer-BioNtech dans une clinique de Jérusalem-Est le 3 février 2021. (Crédit ; AHMAD GHARABLI / AFP)

Elle appelle à « un accès non-discriminatoire, abordable et équitable aux vaccins COVID-19 » pour les Palestiniens et les Syriens du Golan.

Dans une référence au récent conflit de 11 jours entre Israël et le groupe terroriste du Hamas qui dirige Gaza, la résolution préconise une évaluation de « l’étendue et de la nature de la morbidité psychiatrique et d’autres formes de problèmes de santé mentale, résultant de bombardements aériens et autres formes de bombardements parmi la population. »

La résolution n’inclut pas de données comparatives pour justifier de se focaliser uniquement sur l’état des soins de santé en Cisjordanie, à Gaza et dans le Golan.

Le directeur exécutif d’UN Watch, Hillel Neuer, a condamné la « politisation cynique de la plus grande agence de santé au monde au détriment de la concentration sur la pandémie de COVID-19 et d’autres priorités et urgences sanitaires mondiales vitales ».

« Sur 34 sujets inscrits à l’ordre du jour de l’Assemblée mondiale de la santé en cours, un seul, le point nº 25 ciblant Israël, concernait un pays spécifique », a déclaré Neuer dans un communiqué.

Hillel Neuer of UN Watch (photo credit: Michal Fattal/Flash 90)
Hillel Neuer, directeur exécutif de UN Watch. (Crédit : Michal Fattal/Flash 90)

« Il n’y avait pas de thème à l’ordre du jour, ni de résolution, sur aucun autre pays, conflit, guerre civile ou impasse politique – rien sur la Syrie, où les hôpitaux et autres infrastructures médicales ont été bombardés à plusieurs reprises et délibérément par les forces syriennes et russes ; rien sur le Yémen ravagé par la guerre, où 18 millions de personnes ont cruellement besoin d’une assistance sanitaire ; et rien sur le Venezuela, où le système de santé est en train de s’effondrer et où 7 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire », a déclaré Neuer.

UN Watch a observé que l’Autriche, la Colombie et les Pays-Bas avaient changé leur position, en passant d’une abstention l’an dernier à un vote contre la résolution cette année. Les autres pays qui s’y sont opposés sont les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie, le Brésil, le Cameroun, le Canada, la République tchèque, l’Allemagne, le Honduras et la Hongrie.

La Pologne, Malte et Monaco auraient changé leur position, en s’abstenant cette année après avoir soutenu la résolution l’année dernière.

« Cependant, en pleine pandémie internationale, les quelques États membres de l’UE et autres démocraties qui ont voté pour la résolution devraient avoir honte, notamment la France, l’Espagne, la Suisse, la Belgique, le Portugal, le Japon, l’Inde, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et le Luxembourg », a déclaré Neuer.

« Ces pays encouragent le détournement continu des priorités sanitaires du monde et le gâchis de temps, d’argent et de ressources essentiels pour lutter contre la pandémie mondiale, afin de mener une campagne politique contre Israël. »

Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a salué cette résolution dans une série de tweets, affirmant que « la résolution affirme le soutien inébranlable de la communauté internationale au droit fondamental du peuple palestinien à la santé, en particulier dans le cadre de cette pandémie meurtrière et des attaques systématiques d’Israël contre les établissements et le personnel de santé [palestinien]. »

« Ceux qui politisent cette résolution humanitaire visent à priver le peuple palestinien de son droit fondamental [à l’accès aux soins] ».

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