L’Ukraine retire actifs et médailles à un chanteur juif qui a soutenu Poutine
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L’Ukraine retire actifs et médailles à un chanteur juif qui a soutenu Poutine

Iosif Kobzon, survivant de l’Holocauste, avait déclaré que la Crimée "appartient premièrement" à la Russie

Iosif Kobson (Capture d'écran : YouTube)
Iosif Kobson (Capture d'écran : YouTube)

L’Ukraine a révoqué tous ses honneurs à un chanteur et politicien bien connu, qui a survécu à l’Holocauste, et a gelé ses actifs à cause de son soutien à la prise de pouvoir russe de la Crimée.

Le décret présidentiel retirant à Iosif Kobzon, âgé de 80 ans, beaucoup de ses honneurs d’état et gelant tous ses actifs en Ukraine a été publié sur le site internet du président d’Ukraine la semaine dernière, a annoncé le site d’information RBC.

Kobzon, originaire de Donetsk dans l’Ukraïne de l’est, a déclaré en 2014 que la Russie devrait contrôler la Péninsule de Crimée, que le Russie a annexée à l’Ukraïne cette année là, parce qu’elle « appartient premièrement » à la Russie.

« Qu’elle ait pu la reprendre sans un seul tir, sans un seul sacrifice, en est une autre preuve », a déclaré le chanteur juif basé à Moscou.

Le président russe Vladimir Poutine avait déclaré que l’annexion répondait au vœu de la majorité des habitants de Crimée.

La mesure prise à l’encontre de Kobzon, un ancient lauréat du Prix des l’Artistes du Peuple d’Ukraine et de types de la médaille de l’Ordre du Mérite, a été décidée dans le contexte de l’explosition du sentiment nationaliste et anti-russe en Ukraine qui coïncidait avec l’augmentation des crimes antisémites et des initiatives célébrant les actions de ceux qui ont tué des Juifs.

Le mois dernier, des centaines de personnes dans la ville ukraïnienne de Lviv ont participé à une manifestation nationaliste arborant des symboles nazis qui commémoraient une unité de Waffen SS avec de nombreux volontaires locaux. Des dirigeants juifs en Ukraine ont protesté contre la permission que la ville a accordée pour l’organisation de l’événement.

Dans des villes à travers l’Ukraine, des rues ont été nommées en l’honneur de collaborateurs nazis comme Stepan Bandera et Roman Shukhevych.

L’année dernière, le nombre d’incidents antisémites enregistrés en Ukraine a doublé depuis 2016 pour arriver à plus de 130 cas, selon un rapport du Ministère des Affaires de la Diaspora d’Israël. Le nombre d’actes antisémites recensé en Ukraine a dépassé le nombre de tous les incidents enregistrés à travers toute la région combinée, expliquait le rapport.

Cette semaine, l’Association VAAD des Associations et des Communautés juives et un certain nombre d’autres organisations juives ukraïniennes ont déclaré qu’elles étaient préoccupées par les événements organisés à Kiev pour célébrer les 250 ans depuis Koliyivshchyna – une rébellion qui a conduit en 1786 au massacre d’Uman où des Polonais, des Juifs et des Catholiques grecs ont été tués – a déclaré l’organisme de veille KHPG en Ukraine.

« Ce sont toutes les victimes de cette terrible tragédie dont on devrait se souvenir et pleurer, pas ceux qui les ont tués », a déclaré dans un communiqué lundi le président du Congrès Mondial Juif Robert Singer. « Le Koliyvshchyna est un événement qui devrait être étudié en Ukraine comme un exemple des périls de l’intolérance religieuse et ethnique ».

Séparément, lors d’une cérémonie dimanche dans la capitale bulgare de Sofia, le Premier ministre bulgare Boiko Borissov et son homologue ukrainien, Volodymyr Groysman, qui est juif, ont dédicacé une place et dévoilé un monument honorant Dimitar Peshev qui, alors qu’il était assistant du président du parlement pendant la Seconde Guerre mondiale, a joué un rôle clef dans le sauvetage des Juifs bulgares pendant l’Holocauste.

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