Manifestations des Ethiopiens : un automobiliste raconte l’attaque de sa voiture
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Manifestations des Ethiopiens : un automobiliste raconte l’attaque de sa voiture

Une vidéo montre des manifestants grimper sur la voiture et briser le pare-brise ; le véhicule a ensuite été incendié

Un automobiliste a été violemment attaqué par des émeutiers alors qu’il tentait de se faufiler au travers d’une manifestation israélo-éthiopienne qui se déroulait sur une grande autoroute d’Israël.

L’incident, qui a été filmé, s’est produit mardi à une intersection agitée de Tel Aviv où des manifestants exprimaient leur colère après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne de 19 ans tué par un policier qui n’était pas service. Cet évènement a relancé le débat sur le racisme contre la minorité éthiopienne.

Dans la vidéo relayée sur les réseaux sociaux, on peut voir la berline gris métallisé entourée par des manifestants qui voulaient l’empêcher de traverser l’intersection Azrieli. Le chauffeur parle avec certains manifestants, puis, alors que la voiture avance doucement parmi la foule, un homme grimpe sur le capot et commence à marteler le pare-brise, jusqu’à le fracasser.

« Quelqu’un a grimpé sur le capot, et avec un regard meurtrier, a fracassé le pare-brise », a raconté l’automobiliste, qui n’a pas été identifié, à la Douzième chaîne. « Très rapidement, des dizaines de manifestants se sont rassemblés et ont commencé à jeter des pierres sur la voiture et à l’asperger de gaz lacrymogène. »

Des émeutiers attaquent une voiture pendant les manifestations dénoncant la mort de Solomon Tekah, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : YouTube)

On voit dans la vidéo la voiture avancer, avec l’homme toujours sur le capot, et prise en chasse par plusieurs manifestants. Après avoir parcouru quelques mètres, la voiture s’arrête et éjecte l’homme du capot. Les manifestants encerclent la voiture et un autre homme monte sur le coffre et commence à frapper le pare-brise arrière jusqu’à le casser.

« J’avais trois options », a résumé l’automobiliste. « Soit j’avance et je tue quelqu’un, soit je fais marche arrière et je me retrouve en plein lynchage, soit j’attends que la police vienne à me secours – et c’est ce que j’ai fait. »

D’autres vidéos montrent une scène complexe dans laquelle certains manifestants tentent d’extraire le chauffeur de sa voiture et d’autres essayent de les bloquer, pour protéger le chauffeur.

Le chauffeur a été secouru par deux voitures de police qui ont dû être pris en charge médicalement après avoir été attaqués par des gaz lacrymogènes.

Bien que le chauffeur ait été mis en sécurité, sa voiture a été incendiée. La police a arrêté un jeune homme de 27 ans, originaire de Netanya pour l’incendie de la voiture et la cour des magistrats de Tel Aviv a prolongé sa garde à vue de trois jours.

Une voiture en feu pendant une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Flash90)

Les manifestations se sont poursuivies mercredi mais ont été plus contenues que la veille, où les rassemblement avaient pris une tournure violente. La famille de Solomon Tekah avait appelé les manifestants à reprendre les marches après la fin des sept jours de Shiva.

Depuis lundi, les manifestants ont paralysé le pays en bloquant des routes et brûlant des pneus pour dénoncer une discrimination systématique contre la communauté israélo-éthiopienne.

Les manifestations ont gagné en ampleur après l’enterrement de Tekah mardi. Des manifestants ont incendié des voitures, renversé une voiture de police et des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre et avec ceux qui tentaient de franchir les barrages routiers improvisés.

Selon la police, plus de 110 policiers ont été blessés par des jets de pierres et de bouteilles et 136 manifestants ont été arrêtés.

La police a par ailleurs décidé de ne pas déployer de policiers issus de la communauté éthiopienne parmi les unités mobilisées pour gérer les manifestations.

« Nous sommes conscients que la situation est délicate pour ces policiers, il a donc été décider de ne pas les mettre en première ligne face aux manifestants », a déclaré une source haut-placée dans la police au site Walla.

Près de 900 Israélo-éthiopiens servent dans les rangs de la police israélienne.

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