Médiation américaine pour l’échange de prisonniers entre Damas et les Druzes – source
Les négociations visent à libérer plus de 60 civils de Soueïda, ville à majorité druze où des affrontements sectaires ont éclaté l'an dernier, provoquant l'intervention d'Israël, en échange de 30 fonctionnaires

Des négociations sous médiation américaine sont en cours entre un haut dirigeant druze et les autorités syriennes en vue d’un échange de prisonniers détenus depuis les affrontements de juillet dans la province de Soueïda, à majorité druze, a déclaré une source proche du dossier.
En juillet, des affrontements avaient éclaté dans cette province, située à l’extrême sud de la Syrie, entre des combattants druzes syriens et des tribus bédouines sunnites, soutenues par des forces loyales au dictateur syrien Bashar el-Assad.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), ces affrontements ont fait plus de 2 000 morts, dont 789 civils druzes « exécutés sommairement par des éléments des ministères de la Défense et de l’Intérieur ».
« Des négociations sous médiation américaine sont en cours entre le cheikh Hikmat al-Hijri, l’un des principaux chefs spirituels druzes de Syrie, et le gouvernement de Damas […] sur la question des détenus et des prisonniers », a déclaré à l’AFP une source druze qui a requis l’anonymat.
Ces pourparlers visent à obtenir la libération de 61 civils de Soueïda détenus […] depuis les événements de juillet, en échange de 30 membres des ministères de l’Intérieur et de la Défense détenus par la Garde nationale, opérant sous les ordres du cheikh al-Hijri.
Malgré un cessez-le-feu conclu en juillet, l’accès à la province de Soueïda reste difficile, même si plusieurs convois d’aide y sont entrés depuis.
Des habitants ont accusé le gouvernement syrien d’y imposer un blocus, ce que Damas dément.
Soueïda est le dernier grand territoire qui échappe au contrôle des troupes gouvernementales syriennes, alors que Damas consolide son autorité sur le pays morcelé par près de quatorze ans de guerre civile.
Fin août, Hikmat al-Hijri avait réclamé la création d’une région « séparée » pour cette minorité arabophone professant une foi issue d’un islam hétérodoxe, dans le sud de la Syrie, où il tente d’unifier les factions armées locales.
Israël, où vivent plus de 150 000 Druzes, y compris ceux du Golan, était intervenu pendant les affrontements à Soueïda en bombardant les forces gouvernementales syriennes, au nom de la défense de cette communauté.
Depuis le renversement d’Assad en décembre 2024, Israël a déployé des troupes dans la zone tampon du Golan, placée sous contrôle de l’ONU et censée être démilitarisée, et a livré de l’aide aux Druzes de Soueïda à au moins deux reprises.







