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Meurtre de L. Haddad : pas de motivation antisémite à ce stade, selon le parquet

Le suspect a déclaré que "son geste était intervenu en réaction à des attouchements prodigués à son encontre par la victime dans un contexte d'alcoolisation"

Liyahou Haddad, Juif tuniso-israélien tué par un homme musulman en août 2022. (Autorisation)
Liyahou Haddad, Juif tuniso-israélien tué par un homme musulman en août 2022. (Autorisation)

Le meurtre d’un homme de confession juive le 19 août à Longperrier en Seine-et-Marne n’a pas de motivation antisémite à ce stade de l’enquête, a annoncé le procureur adjoint de Meaux dans un communiqué transmis à l’AFP.

Le 21 août, un homme âgé de 24 ans se présente aux services de police et déclare avoir tué deux jours plus tôt, Liyahou Haddad (aussi nommé Eyal/Eliahou/Yvan), âgé de 44 ans, qui l’hébergeait, relate Hervé Tétier, procureur par intérim de Meaux.

À son domicile de Longperrier, une bourgade de 2 000 habitants en Seine-et-Marne, le corps de la victime est découvert « enfoui dans le terrain ». Son autopsie a établi « une mort violente par arme blanche ».

Une source proche du dossier avait indiqué lundi à l’AFP qu’il avait été tué à coups de hache et de couteau.

Le 23 août, le suspect est mis en examen pour « homicide volontaire » et placé en détention provisoire.

« Il expliquait que son geste était intervenu en réaction à des attouchements prodigués à son encontre par la victime dans un contexte d’alcoolisation », indique le procureur adjoint, précisant que le mis en cause « déclarait connaître la victime depuis plusieurs années et avoir été hébergé chez elle, par intermittence ».

Lundi, ce drame a suscité un vif émoi avec les réactions de différentes organisations juives et sur les réseaux sociaux, évoquant un meurtre à caractère antisémite à partir d’un profil Facebook attribué au suspect. L’une des photos postées par ce compte montre notamment un homme brûlant un drapeau israélien.

« Nous espérons rapidement des informations et demandons que toutes les pistes soient explorées à ce stade, y compris l’éventualité du facteur aggravant d’antisémitisme », a tweeté le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi.

D’après le communiqué du parquet, « si l’enquête ne comportait pas d’élément objectif mettant en lumière une motivation discriminatoire, et notamment antisémite, tout élément permettant de l’établir donnera lieu à des réquisitions du parquet tendant à une aggravation de la qualification pénale retenue ».

Pour l’avocat des proches du défunt Elie Korchia, « la famille veut toute la vérité sur ce qui a pu entraîner un crime aussi atroce, avec un déchaînement de violence ».

Ces dernières années, les autorités françaises ont fait l’objet d’un examen minutieux et de critiques importantes pour ne pas avoir reconnu la nature antisémite des crimes contre les Juifs dans le pays et ne pas les avoir poursuivis de manière appropriée. Les consciences restent encore très marquées par les assassinats de Sarah Halimi en 2017, Mireille Knoll en 2018, et plus récemment René Hadjaj et Jérémie Cohen. 

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