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Lyon : vive émotion une semaine après la mort de René Hadjaj, 89 ans

La police a arrêté le suspect et rejeté le mobile antisémite, suscitant un tollé dans la communauté juive, encore marquée par la mort de Sarah Halimi

René Hadjaj, un Juif français de 89 ans poussé par-dessus un balcon dans le quartier de la Duchère, à Lyon.
René Hadjaj, un Juif français de 89 ans poussé par-dessus un balcon dans le quartier de la Duchère, à Lyon.

Près d’une semaine après la mort de René Hadjaj, 89 ans, mardi 17 mai, poussé du 17e étage d’une barre d’immeuble du quartier de la Duchère, dans le 9e arrondissement de Lyon, la communauté juive française reste en émoi.

L’affaire, peu médiatisée, a provoqué sur les réseaux sociaux le spectre d’un nouveau crime antisémite.

Alors que la police a arrêté un voisin âgé de 51 ans et ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire, les circonstances exactes restent encore à établir. Plusieurs questions émergent : pourquoi René Hadjaj a-t-il été défenestré, en particulier d’un étage plus élevé que celui auquel il habitait (le deuxième) ? S’agit-il effectivement d’un conflit de voisinage comme l’a indiqué la police ? Sa défenestration a t-elle un caractère antisémite ?

Le journal local Le Progrès a rapporté que la police avait initialement enquêté sur un éventuel motif antisémite, mais l’avait par la suite exclu. Les enquêteurs estiment ainsi que l’incident ferait suite à un conflit de voisinage qui n’était pas lié au fait que Hadjdaj était juif. Les médias français n’ont pas rapporté l’identité du suspect ou d’autres détails à son sujet.

Selon le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, le suspect, placé en garde à vue dans les locaux de la sûreté départementale puis en détention provisoire, serait de culture arabo-musulmane. Les deux habitants avaient apparemment l’habitude de se fréquenter. L’association a demandé que le caractère antisémite soit a priori retenu afin qu’il soit retenu ou éliminé au cours de l’enquête.

Le CRIF a présenté ses condoléance à la famille de la victime et Francis Kalifat, son président, s’est entretenu à ce sujet avec le directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Intérieur.

« Le CRIF Auvergne Rhône-Alpes sera très attentif au bon déroulement de l’enquête et fait confiance aux autorités policières et judiciaires pour que le désastre judiciaire de l’affaire Sarah Halimi ne se reproduise pas. Dans l’attente d’informations complémentaires et à la demande express de la famille dont le deuil doit être respecté, aucune conclusion hâtive ne doit en l’état être établie ni circuler », a indiqué l’organisation.

Des éléments de l’affaire rappellent en effet la mort de Sarah Halimi, une femme juive de 65 ans battue par son voisin puis défenestrée de son appartement parisien en avril 2017. L’assassin, Kobili Traoré, a depuis été déclaré pénalement irresponsable. Il avait fumé de grandes quantités de marijuana, ce qui a, ont estimé les juges, déclenché un épisode psychotique, le rendant non responsable de ses actes au moment du meurtre. Le crime et ses conséquences ont conduit à une série de protestations et de manifestations en France.

Plus récemment, un homme juif, Jérémie Cohen, est décédé en banlieue parisienne après avoir heurté un tramway alors qu’il fuyait un groupe d’individus qui venaient de l’agresser dans la rue.

La famille a par la suite mis en garde sur le fait que le crime pourrait ne pas avoir de mobile antisémite.

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