Des dizaines de camions étaient bloqués mardi à la frontière du Liban avec la Syrie, après la décision samedi de Damas d’interdire l’entrée des camions non-syriens sur son territoire, a constaté l’AFP.
Le Liban et la Jordanie ont entamé séparément « des pourparlers » avec la Syrie, pays frontalier, pour trouver une solution, ont indiqué mardi à l’AFP des responsables des ministères libanais et jordanien du Transport.
Un photographe de l’AFP a vu des dizaines de camions bloqués mardi du côté libanais du poste-frontière de Masnaa, dans l’est du Liban.
L’Autorité générale des frontières et des douanes en Syrie a annoncé samedi que les camions non-syriens ne seraient plus autorisés à entrer dans le pays, les marchandises destinées au pays devant être chargées aux points de passage.
Les camions en transit ne sont toutefois pas concernés par cette décision.
La Syrie est notamment la seule voie terrestre pour l’exportation de marchandises du Liban vers les riches pays du Golfe.
Des pourparlers « sont en cours » avec la Syrie, a indiqué à l’AFP Ahmad Tamer, un responsable du ministère libanais du Transport et des travaux publics, en exprimant l’espoir d’une prochaine rencontre avec la partie syrienne « pour trouver une solution ».
Quelque 500 camions libanais entrent d’ordinaire chaque jour en Syrie, a-t-il précisé.
« Nous attendons une réponse de la partie syrienne à propos de l’autorisation des camions étrangers à entrer en Syrie », a précisé à l’AFP le porte-parole du ministère jordanien du Transport, Mohammad al-Doueiri, évoquant également « des pourparlers en cours ».
Selon lui, environ 250 camions jordaniens entrent quotidiennement en Syrie.
La décision vise à « organiser le flux de marchandises à travers les points de passage », a expliqué à l’AFP une source de l’Autorité générale des frontières et des douanes syriennes.
Des représentants des syndicats et associations du secteur du transport au Liban ont dénoncé mardi une « décision unilatérale » et mis en garde contre « ses répercussions négatives », a rapporté l’agence officielle ANI.
Ce différend intervient alors que la Syrie et le Liban tentent d’ouvrir une nouvelle page dans leurs relations diplomatiques, tendues par le passé.
Le Liban a ainsi signé vendredi un accord avec la Syrie pour lui remettre quelque 300 prisonniers syriens.
Gouvernée pendant des dizaines d’années par le clan Assad, la Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes après la chute du président Bachar al-Assad.