Netanyahu ne témoignera pas lundi en raisons de « réunions diplomatiques urgentes »
Selon l'ancien président de la Cour suprême, Aharon Barak, "le temps presse" pour parvenir à un l'accord de compromis dans le procès pour corruption du Premier ministre

Le tribunal de Jérusalem a accepté la demande du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, d’annuler son témoignage prévu lundi dans le cadre de son procès pour corruption, ont rapporté dimanche les médias israéliens.
Les avocats de Netanyahu ont écrit dimanche à la Cour pour demander l’annulation de l’audience, invoquant des « réunions diplomatiques urgentes » que le Premier ministre doit tenir lundi.
Dans une décision finale rendue fin octobre, le tribunal de Jérusalem avait établi que Netanyahu serait tenu de témoigner trois fois par semaine afin d’accélérer le rythme de son procès, qui en est désormais à sa sixième année. Netanyahu ne s’est toutefois pas encore conformé à cette décision et a obtenu l’annulation de nombreuses audiences approuvées par le tribunal, principalement en raison de questions liées à la gestion de la guerre et à l’activité diplomatique qui l’entoure.
Alors que le procès traîne en longueur, l’ancien président de la Cour suprême, Aharon Barak, a réaffirmé son soutien à un accord de compromis dans le dossier. Il a toutefois déclaré que le temps pressait lors d’une conférence à Jérusalem qui marquait le 30ᵉ anniversaire de sa décision historique dans l’affaire de la Banque Mizrahi – décision qui avait établi en 1995 le précédent du contrôle judiciaire de la loi.
« Je continue de penser que nous devrions tenter le coup. J’ai également dit à ses représentants qui sont venus me parler que le temps était compté », a déclaré Barak.
« Je suis perçu par les citoyens comme un homme radical, mais je suis un homme de compromis, un homme de consensus. Le moment viendra où je croirai aussi que nous avons tellement progressé dans le procès, peut-être après le contre-interrogatoire, qu’il n’y aura plus de place pour une négociation de peine. Mais pour l’instant, cela reste nécessaire », a-t-il ajouté.
Barak a également exprimé son inquiétude quant à l’avenir de la démocratie israélienne.
« Malheureusement, nous glissons de la démocratie libérale dans laquelle nous vivions vers une démocratie illibérale qui finira par devenir une dictature. Nous n’en sommes pas encore là ; il est encore possible de faire beaucoup pour empêcher cela, mais si rien n’est fait, les conséquences seront désastreuses », a-t-il déclaré.
La Cour a récemment décidé d’augmenter le nombre d’audiences hebdomadaires en raison des retards répétés et de la durée déjà importante du procès, qui a débuté en 2020, et compte tenu du fait que le témoignage de Netanyahu pourrait à lui seul durer jusqu’en avril 2026 et que le procès lui-même pourrait se prolonger jusqu’en 2027.
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Netanyahu est jugé dans le cadre de trois affaires de corruption. Il est accusé de fraude et d’abus de confiance dans les Affaires 1 000 et 2 000 et de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans l’Affaire 4 000.
Le Premier ministre ne cesse de clamer son innocence, affirmant que ces accusations ont été créées de toutes pièces d’un coup d’État politique mené par la police et des responsables judiciaires israéliens.







