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NGO Monitor accuse la France de continuer à soutenir une ONG proche du FPLP

L’Agence française de développement, la Région sud et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse auraient financé un projet d’une organisation proche du FPLP, groupe terroriste

Des Palestiniens participent à un rassemblement marquant le 52e anniversaire du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dans la ville de Gaza, le 7 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hatem Moussa)
Des Palestiniens participent à un rassemblement marquant le 52e anniversaire du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dans la ville de Gaza, le 7 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hatem Moussa)

Alors que le « Collectif Palestine Vaincra », qui aurait été très proche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), et le « Comité Action Palestine », accusé lui aussi de relayer la propagande terroriste palestinienne, ont été dissous en Conseil des ministres au début du mois à Paris, NGO Monitor accuse la France de continuer à soutenir une ONG proche du FPLP.

« Malgré des mesures positives prises dans la lutte contre des groupes liés au terrorisme en France, des fonds publics français continuent d’être versés à une ONG liée au FPLP. Le FPLP est une organisation terroriste désignée comme telle par l’Union européenne, les États-Unis, le Canada et Israël. Selon un appel d’offre publié par le journal palestinien Al-Quds le 7 mars 2022, la France continue de financer l’Union of Agricultural Work Committees (UAWC- siégeant à Ramallah) », a rapporté NGO Monitor, organisation israélienne basée à Jérusalem (fondée en 2002, l’ONG a parfois été définie comme pro-israélienne et accusée de manquer de neutralité).

En effet, en octobre dernier, le ministère de la Défense israélien a classé l’UAWC et cinq autres ONG palestiniennes comme organisations terroristes en raison de leurs liens avec le FPLP.

Israël avait alors appelé la communauté internationale à « couper tous les contacts » avec ce type d’organisations qui détournent – entre autres – des fonds européens.

La décision de classer ces organisations comme terroristes avait été vivement critiqué, notamment par le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans les Territoires palestiniens. Celui-ci s’était dit « alarmé » par la décision israélienne, accusant l’État hébreu de mener « une longue campagne stigmatisant ces organisations et d’autres » ONG et restreignant « leur capacité à mener leurs tâches cruciales ».

Amnesty International et Human Rights Watch avaient également dénoncé une décision « épouvantable », « injuste » et « alarmante » qui « menace » le travail de certaines des ONG palestiniennes « les plus importantes ».

« Il s’agit d’une décision politique, pas sécuritaire, qui s’inscrit dans une longue campagne menée par Israël contre les ONG palestiniennes afin de les faire taire », avait commenté auprès de l’AFP Shawan Jarareen, directeur d’al-Haq.

L’ONG israélienne controversée B’Tselem avait jugé la décision des autorités israéliennes « digne des régimes totalitaires ».

Dans son communiqué, NGO Monitor rapporte ainsi que deux cadres de l’UAWC sont actuellement sur le banc des accusés pour leur implication directe dans un attentat à la bombe ayant coûté la vie à une jeune Israélienne de 17 ans, Rina Shnerb, en août 2019.

Selon l’appel d’offre publié par le journal Al-Quds, le projet intitulé « Sustainable Development of the Water Resources in Hebron Governorate » est financé par l’Agence Française de Développement (AFD), la Région Sud et l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse (AERMC). « En 2019-2021, l’AFD, la Région Sud et l’AERMC avait cofinancé un projet de 650 000 euros mis en œuvre par l’UAWC », indique l’ONG.

Celle-ci estime ainsi que la France ne suit pas les positions d’Emmanuel Macron, qui a déclaré le 20 mars dernier, lors de la cérémonie d’hommage rendu aux victimes des attentats de Toulouse de 2012, que « la France et Israël sont ensemble déterminés à vaincre le terrorisme sur toutes ses formes et sur tous les fronts. Et que nous sommes déterminés à anéantir l’antisémitisme, y compris celui qui se cache sous le masque de l’antisionisme ».

NGO Monitor indique aussi que, « contrairement à la France, plusieurs gouvernements européens ont suspendu leurs fonds à l’UAWC. Par exemple, au mois de janvier 2022, les Pays-Bas ont annoncé qu’ils mettaient fin à tout financement de l’UAWC, après qu’une enquête indépendante de 18 mois ait révélé que pas moins de 34 employés de l’UAWC étaient actifs au sein du FPLP entre 2007 et 2020 ».

« Il est assez troublant que la France, qui a récemment dissous deux ONG pour des raisons liées au terrorisme notamment, continue de financer une ONG palestinienne liée sans équivoque au terrorisme », a déclaré Vincent Chebat, analyste au sein de NGO Monitor. « Nous appelons la France à suivre l’exemple des principaux bailleurs de fonds de l’UAWC – la Commission européenne, les Pays-Bas et l’Allemagne – et à prendre ses distances avec l’ONG désignée. »

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