Nouveau convoi humanitaire à Soueïda après les violences meurtrières
Selon la télévision d’État, ce 3ᵉ convoi se compose de 27 camions transportant notamment "200 tonnes de farine, 2 000 kits d’abris et 1 000 paniers alimentaires"

Un nouveau convoi d’aide est entré lundi selon les médias officiels dans la province de Soueïda, dans le sud de la Syrie, où la situation humanitaire est critique selon l’ONU, une semaine après des violences meurtrières qui ont fait plus de 1 000 morts.
La télévision d’État a annoncé l’arrivée du convoi, le troisième depuis l’arrêt des combats le 20 juillet, et diffusé des images montrant des camions portant le logo du Croissant-Rouge syrien, entrant dans la province à majorité druze.
Selon l’agence officielle Sana, le convoi se compose de 27 camions transportant notamment « 200 tonnes de farine, 2 000 kits d’abris et 1 000 paniers alimentaires », envoyés conjointement par « des organisations internationales, le gouvernement syrien et la communauté locale ».
La province majoritairement druze a été le théâtre d’une semaine d’affrontements entre Druzes et Bédouins, avant que les combats ne s’étendent avec l’intervention des forces gouvernementales et de combattants tribaux venus prêter main forte aux bédouins.
Les affrontements ont fait plus de 1 400 morts, majoritairement druzes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
L’ONU a alerté lundi que « la situation humanitaire » dans la province restait « critique en raison de l’instabilité persistante et d’hostilités sporadiques ».
« L’accès humanitaire à Soueïda demeure extrêmement limité […] ce qui restreint la capacité à évaluer les besoins et à acheminer une aide vitale », a estimé un rapport de l’ONU.
Les violences ont déplacé 176 000 personnes, selon l’ONU, et entraîné des coupures d’eau et d’électricité.
Un photographe de l’AFP dans la ville de Soueïda a observé de longues files d’attente devant les rares boulangeries encore ouvertes.
Le site local Suwayda 24 a rapporté que « les besoins humanitaires dans la province de Soueïda sont énormes et nécessitent une aide bien plus importante ».
Il a publié dimanche un appel de plusieurs ONG locales évoquant une « catastrophe humanitaire » à Soueïda et affirmant que la province était soumise à un « blocus étouffant imposé par les autorités ».
Des troupes gouvernementales sont déployées dans certaines zones de la province, selon l’OSDH, qui signale que les marchandises venant de l’extérieur n’y rentrent plus depuis la fermeture de la route Soueïda-Damas, où des groupes armés postés à proximité bloquent la circulation.
Mais le gouverneur de Soueïda, Moustafa al-Bakkour, a assuré dimanche à Sana que « les convois d’aide humanitaire entrent quotidiennement et normalement dans la province ».
Israël, qui est intervenu par des frappes aériennes visant à aider la communauté druze dans le contexte des violences, a également envoyé des secours la semaine dernière.
Les fournitures comprenaient des médicaments vitaux et du matériel pour traiter les traumatismes, avait indiqué le ministère de la Santé, ajoutant que d’autres livraisons sont prévues.







