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« On ne peut pas imaginer » l’étendue des tunnels de Gaza, dit Avi Issacharoff

Le journaliste et créateur de "Fauda", ancien soldat des forces spéciales, déclare que l'après-guerre devra inclure l'AP : "Ce serait un coup majeur porté au Hamas"

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Un acteur attend sur le tournage de la troisième saison de "Fauda", à Tel Aviv, le 30 mai 2019. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
Un acteur attend sur le tournage de la troisième saison de "Fauda", à Tel Aviv, le 30 mai 2019. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Avi Issacharoff, journaliste arabophone qui s’est appuyé à la fois sur son travail et sur son service militaire passé au sein de l’unité sous-couverture Duvdevan pour créer la série à succès « Fauda », explique que les infrastructures souterraines, dans la bande de Gaza, sont « quelque chose que nous ne pouvons même pas imaginer ».

« C’est très dense, c’est un système de tunnels immense qui permet au Hamas de déplacer ses terroristes et ses otages – mais aussi ses motos, son artillerie, ses roquettes, tout ce qu’il vous est possible d’imaginer », a expliqué Issacharoff lors d’un entretien consacré aux défis spécifiques que devront relever les soldats à Gaza sur un terrain urbain compact.

Ce système souterrain couvre presque la totalité de la bande, a ajouté Issacharoff, qui s’est rendu à de nombreuses reprises à Gaza jusqu’en 2007, année où le groupe terroriste du Hamas a pris le contrôle du territoire, expulsant l’Autorité palestinienne dans le cadre d’un violent coup d’état.

Issacharoff et son partenaire de « Fauda », Lior Raz, avaient scénarisé la troisième saison de la série en partie à Gaza, le personnage principal se faisant passer pour un professeur de boxe pour infiltrer les rangs du Hamas. (Cette saison n’avait néanmoins bien sûr pas été tournée au sein de l’enclave, où les Israéliens ont l’interdiction d’entrer depuis que le pays s’est retiré unilatéralement du territoire, détruisant toutes les implantations et évacuant ses citoyens en 2005.)

À l’époque, Issacharoff avait indiqué qu’en évoquant Gaza, la série s’attaquait à l’une des plus grande crainte du public israélien, « peut-être à cause des cinq années d’emprisonnement, là-bas, du soldat Gilad Shalit ; peut-être parce que les gens ne connaissent pas Gaza ». Il avait ajouté que « nous sommes conscients que nous touchons à quelque chose de très sensible dans le cœur des Israéliens ».

Quand les terroristes du Hamas sont retournés à Gaza après avoir commis le carnage du 7 octobre, « ils sont tous allés dans les souterrains, sous les habitations de Gaza City », continue Issacharoff. « Ils se cachent derrière des boucliers humains. »

Sur cette photo du 30 mai 2019, les cocréateurs de la série télévisée à succès israélienne ‘Fauda’ Avi Issacharoff, à gauche, qui est également analyste des affaires arabes du Times of Israel, et Lior Raz, à Tel Aviv. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Mardi, un mois se sera écoulé depuis l’attaque barbare commise par le Hamas dans les communautés du sud d’Israël. 1 400 personnes ont été massacrées, en majorité des civils, par des terroristes armés qui ont franchi la frontière. Au moins 240 personnes de tous les âges ont été enlevées et sont depuis maintenues en captivité par le groupe terroriste. Parmi eux, des bébés et des octogénaires.

Dans la guerre qui suit depuis, quand des cibles du Hamas ont été bombardées à Jabaliya, dans la bande de Gaza, des immeubles entiers se sont effondrés, le sol s’écroulant dans les tunnels, a commenté Issacharoff.

Le journaliste a indiqué que l’une des stratégies du Hamas était d’envoyer deux ou trois terroristes « surgir » d’un tunnel et lancer de puissants explosifs sur un char ou sur un blindé à l’approche. Après le tir, les hommes retournent dans le souterrain et prennent la fuite.

Les soldats de l’armée israélienne se rapprochent actuellement du centre-ville de Gaza City, là où se trouve le cœur du régime du Hamas, et se rapprochent aussi de l’hôpital al-Shifa, qui est le plus important complexe médical de la ville, a noté Issacharoff. L’armée a dévoilé des éléments qui attestent de l’utilisation, par le Hamas, de souterrains installés sous al-Shifa dont ils ont fait un centre d’opération. C’est là aussi que les réserves de carburant du groupe terroriste seraient stockées, selon des informations récemment partagées par un responsable gazaoui de la santé.

« Je le jure, tous les gamins de Gaza savent qu’il y a l’un des quartiers-généraux du Hamas sous l’hôpital al-Shifa mais personne n’en parle », a déclaré Issacharoff, qui a écrit un épisode de « Fauda » sur al-Shifa en 2018.

Avec des civils qui vivent au-dessus des tunnels de Gaza, la population paiera un prix lourd dans cette guerre, a-t-il précisé.

Les autorités de la santé du Hamas ont indiqué que plus de 9 700 personnes auraient été tuées depuis le début de la guerre. Les chiffres révélés par le groupe terroriste ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante et ils comprendraient ses hommes armés tués en Israël et à Gaza ; et les victimes d’une explosion survenue dans un hôpital de Gaza City qui avait été causée par un missile défaillant du Jihad islamique qui avait été envoyé vers le territoire israélien, manquant sa cible (l’attaque avait été attribuée à l’État juif dans un premier temps). Ce bilan inclurait aussi les Gazaouis tués par les centaines de roquettes lancées par les groupes terroristes et qui sont retombées au sein de l’enclave côtière.

Un Palestinien blessé arrive en ambulance à l’hôpital al-Shifa dans la ville de Gaza à la suite de frappes israéliennes, le 29 octobre 2023. (Crédit : Dawood Nemer/AFP)

« Ce n’est pas une intervention chirurgicale », dit Issacharoff. « C’est une guerre. C’est une guerre où l’ennemi se dissimule au sein de la population locale et c’est là l’objectif poursuivi par le Hamas parce que cela donne à l’adversaire un rôle diabolique, un rôle similaire à celui d’un criminel de guerre. »

Plus les civils mourront à Gaza, plus les pressions exercées sur Israël en faveur d’un cessez-le-feu seront importantes, a-t-il noté.

Issacharoff estime aussi que les options pour Gaza, après la guerre, ne sont pas nombreuses – mais quoi qu’il arrive, elles devront impliquer l’Autorité palestinienne.

« Il n’y a pas vraiment d’option. Personne n’enverra de troupes à Gaza, ni l’Égypte, ni la Jordanie », a fait remarquer Issacharoff.

Si Israël doit travailler avec l’Autorité palestinienne à Gaza, cela nécessiterait une avancée politique entre les deux parties – ce qui n’est pas arrivé et ce qui n’arrivera probablement pas sous l’actuel gouvernement, a-t-il dit.

« Je ne vois aucune victoire sortir de ce chaos », a expliqué Issacharoff, qui dit penser que la plus grande menace pour le Hamas serait un processus de paix entre Israéliens et Palestiniens.

« Je ne dis pas que ça va se faire mais ce serait la condamnation à mort du Hamas », a-t-il expliqué. « Et la plus grande menace pour le Hamas, actuellement, c’est l’éventuel retour de l’Autorité palestinienne à Gaza. Cela les rendrait fous parce qu’ils perdraient tout ce qu’ils ont investi, ils perdraient leur légitimité avec une autre force palestinienne sur le terrain. Ce serait un coup majeur qui serait porté au Hamas. »

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