Pissarro spolié: un tribunal français donne raison à l’université de l’Oklahoma
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Pissarro spolié: un tribunal français donne raison à l’université de l’Oklahoma

Le but de Léone Meyer était "de faire avancer le principe de la restitution des œuvres spoliées par les nazis," affirme son avocat

"Bergère rentrant des moutons", Camille Pissarro, 1886. (Crédit : Domaine public/Wikimedia Commons)
"Bergère rentrant des moutons", Camille Pissarro, 1886. (Crédit : Domaine public/Wikimedia Commons)

La justice française a rejeté lundi la demande de l’héritière d’un tableau de Camille Pissarro, spolié par les nazis à ses propriétaires juifs pendant l’Occupation en France et donné gain de cause au musée de l’université américaine de l’Oklahoma qui le détient légalement depuis 2000.

« La bergère rentrant des moutons », peint en 1886 par l’impressionniste français, est l’objet d’une intense bataille judiciaire entre Léone Meyer, 81 ans, une orpheline rescapée de la Shoah adoptée à la fin de la Seconde Guerre mondiale par les propriétaires du tableau, et le musée de l’université de l’Oklahoma qui l’a reçu en legs en 2000.

Le juge des référés a rejeté la demande de mise sous séquestre du tableau, provisoirement hébergé au musée d’Orsay à Paris mais qui doit revenir aux Etats-Unis le 21 juillet, ainsi que la requête de Mme Meyer qui demandait la fin des poursuites à son encontre menées par l’université de l’Oklahoma.

A la demande de l’université de l’Oklahoma, un juge américain avait exigé fin février que Mme Meyer renonce aux poursuites engagées en France sous peine d’une très lourde amende de 3,65 millions de dollars.

« Mme Meyer est très surprise par la décision du tribunal », a confié à l’AFP son avocat, Me Ron Soffar. Le but de sa cliente était « de faire avancer le principe de la restitution des œuvres spoliées par les nazis », a-t-il rappelé.

Mais le tribunal est resté plus terre à terre en se focalisant uniquement sur le contrat signé en 2016 entre Mme Meyer et l’université américaine.

Ce document, contesté aujourd’hui par Mme Meyer, reconnaît la propriété de l’héritière sur le tableau spolié mais prévoit que la toile sera exposée pendant cinq ans dans un musée français, avant de faire la navette tous les trois ans entre Paris et l’Oklahoma.

Une autre clause oblige Léone Meyer à léguer la toile, de son vivant, à un établissement d’art qui s’engage à respecter ces allers-retours perpétuels, sous peine d’être rendue à l’Etat américain à la mort de l’héritière.

Le musée d’Orsay a refusé le don, inquiet du coût de tels allers-retours et des dommages que cela pourrait causer au tableau.

Une décision sur le fond est attendue le 2 juin.

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