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Réouverture des postes frontaliers avec Gaza

Le ministre de la Défense a expliqué qu'il réfléchira à autoriser l'entrée dans la bande du carburant acheté par le Qatar, suite à l'accalmie sur la frontière

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les manifestants près de la frontière de la bande de Gaza à Khan Younès, au sud de l'enclave, le vendredi 19 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Adel Hana)
Les manifestants près de la frontière de la bande de Gaza à Khan Younès, au sud de l'enclave, le vendredi 19 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Israël a rouvert les postes-frontières permettant l’entrée dans la bande de Gaza dimanche matin, autorisant le passage des personnes et des biens vers et depuis l’enclave côtière suite à une baisse des violences à la clôture de sécurité.

Le bureau du ministre Avigdor Liberman a expliqué que cette décision a été prise en consultation avec des responsables de l’armée israélienne, les services de sécurité du Shin Bet et l’unité de liaison avec les Palestiniens, le COGAT (Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires).

Le bureau a ajouté qu’aucune décision n’a encore été prise concernant l’entrée du carburant acheté par le Qatar dans le bande.

« Cette décision… a été pour le moment reportée et elle sera prise en considération dans quelques jours en fonction des incidents [le long de la frontière] », a déclaré le bureau de Liberman.

Des camions israéliens transportant du carburant diesel entrent au point de passage de Kerem Shalom, à la frontière entre Israël et Gaza, le jeudi 11 octobre 2018. (AP Photo/Tsafrir Abayov)

Le ministre de la Défense avait ordonné la fermeture des postes frontaliers d’Erez, pour les piétons, et de Kerem Shalom, qui permet le transit des marchandises, mercredi dernier, après qu’une roquette lancée depuis la bande de Gaza a explosé aux abords d’une habitation à Beer Sheva, dans le sud d’Israël, et qu’une autre s’est abîmée au large des côtes de Tel Aviv.

En réponse à cette attaque, les militaires israéliens avaient lancé une série de raids aériens sur 20 cibles de l’enclave côtière, notamment sur un tunnel d’attaque transfrontalier, ont fait savoir les militaires.

Dans les jours suivants, l’Egypte et les Nations unies auraient tenté de négocier une trêve entre Israël et le groupe terroriste du Hamas, à la tête de la bande de Gaza – des pourparlers qui n’ont été publiquement reconnus par aucune des deux parties impliquées.

Toutefois, il y a eu, le week-end dernier, une baisse significative des violences le long de la clôture de sécurité avec Gaza en comparaison avec les semaines précédentes, que ce soit en termes de participation aux émeutes frontalières et d’intensité des affrontements.

L’armée a noté qu’un certain nombre d’explosifs et de grenades ont été actionnés durant les manifestations de vendredi et que trois brèches ont été ouvertes dans la frontière par des Palestiniens qui sont retournés immédiatement au sein de l’enclave côtière. Les soldats ont pour leur part ouvert le feu sur les suspects.

Les responsables israéliens de la Défense ont néanmoins noté que ce mouvement de protestation avait été l’un des plus calmes depuis le début de la « marche du retour », le 30 mars.

Les soldats prennent position durant des affrontements avec les manifestants palestiniens de l’autre côté de la frontière de Gaza, le 19 octobre 2018 à Nahal Oz (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Contrairement aux semaines passées, la majorité des émeutiers est restée à distance et n’a pas tenté d’atteindre la clôture. Le Hamas a agi en faveur de la retenue sur le terrain », ont expliqué les militaires.

Vendredi et samedi, les avions militaires israéliens ont également lancé des tirs d’avertissement en direction de deux groupes de Palestiniens qui lançaient des ballons incendiaires sur le territoire israélien depuis la bande de Gaza, déclenchant un certain nombre d’incendies à proximité de l’enclave côtière.

Jeudi et vendredi, les chefs des manifestations frontalières avaient demandé aux manifestants de rester à l’écart de la clôture de sécurité et de ne pas se prêter aux violences – des déclarations qui n’avaient pas été faites les semaines précédentes.

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza a fait savoir que 130 Palestiniens ont été blessés dans les heurts, dont 77 par balles réelles.

Selon l’armée, environ 10 000 personnes ont participé aux manifestations. Elle avait envoyé vendredi des textos aux résidents de Gaza, leur donnant l’avertissement de ne pas s’approcher de la clôture de sécurité, ont expliqué les Palestiniens.

Les responsables israéliens pensent que le Hamas a changé ses politiques concernant les affrontements et qu’il s’efforce de réduire les violences lors des rassemblements qui sont devenus quasiment quotidiens, a fait savoir vendredi la chaîne Hadashot.

Jérusalem pense que le groupe terroriste modère ses manifestations afin de donner aux intermédiaires égyptiens une chance de conclure un accord entre le Hamas et Israël concernant un cessez-le-feu à long-terme, a noté le reportage.

De gauche à droite : Le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le chef du Shin Nadav Argaman et le chef d’Etat-major adjoint Aviv Kochavi durant une réunion près de la frontière avec Gaza , le 17 octobre 2018 (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Depuis le 30 mars, les Palestiniens, dans la bande de Gaza, ont participé à une série de manifestations et d’émeutes qui ont essentiellement impliqué des pneus brûlés et des caillassages le long de la clôture de sécurité, mais qui ont aussi été l’occasion de fusillades et de bombardements. Des ballons et des cerfs-volants incendiaires ont également été lancés en direction d’Israël.

Environ 156 Palestiniens ont été tués et des milliers de plus ont été blessés lors d’affrontements avec les soldats de l’armée israélienne. Le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a reconnu que des douzaines de morts appartenaient à ses rangs. Du côté israélien, un soldat a été tué par balles par un tireur isolé palestinien sur la frontière.

Les militaires israéliens étaient dans un état d’alerte élevé vendredi, en amont des affrontements, deux jours après qu’une roquette transportant 20 kilogrammes d’explosifs s’est abattue sur une habitation de la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, mercredi en tout début de matinée. L’explosion a fait d’importants dégâts mais pas de blessés, la mère qui y vivait s’étant réfugiée peu avant avec ses enfants dans un abri antiaérien.

Le général de division Herzi Halevi visite une maison touchée par une roquette lancée depuis la bande de Gaza dirigée par le Hamas, dans la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, le 17 octobre 2018 (Crédit : Flash90)

Une seconde roquette s’est également abîmée en mer, au large du Grand Tel Aviv.

En réponse, l’armée de l’air israélienne avait frappé 20 cibles dans la bande de Gaza et notamment un tunnel d’attaque transfrontalier qui pénétrait sur le territoire israélien depuis la ville palestinienne de Khan Younès.

Selon les militaires, seuls le groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza, et le Jihad islamique palestinien ont accès au type de roquette qui a été lancée dans la matinée de mercredi.

Toutefois, dans un communiqué conjoint, le Hamas et le Jihad palestinien ont publiquement condamné l’attaque à la roquette, et ont affirmé qu’elle avait été un acte « irresponsable », menaçant de faire échouer les efforts de négociations menés par l’Égypte, visant à un armistice négocié en échange d’incitations économiques.

Le cabinet de sécurité de haut-niveau avait donné pour instruction aux militaires d’adopter pour une approche d’expectative pour permettre l’aboutissement des efforts de médiation, mais il a également ordonné aux soldats d’intensifier les attaques de représailles s’il devait y avoir des violences frontalières.

Les ministres ont noté que l’armée israélienne devait finalement opter pour une politique de tolérance zéro face aux attaques à la roquette, les ballons incendiaires et les émeutes le long de la frontière israélienne, selon des informations parues dans les médias en hébreu.

Même avant l’attaque à la roquette, les tensions sur la frontière n’avaient cessé d’augmenter avec des appels de plus en plus nombreux, au sein d’Israël, en faveur d’une action militaire pour mettre un terme aux attaques aux ballons incendiaires incessantes et aux émeutes frontalières.

Il y a une semaine, environ 14 000 Palestiniens s’étaient rassemblés dans le périmètre de la clôture, faisant brûler des pneus et lançant des pierres, des cocktails molotov et des grenades en direction des soldats, de l’autre côté.

Environ 20 Palestiniens avaient alors ouvert des brèches dans la frontière pendant les émeutes et sept Palestiniens avaient été tués, notamment quatre qui, selon l’armée, étaient entrés en Israël et s’étaient approchés d’une position militaire. L’Etat juif avait répondu en mettant un terme aux livraisons du carburant acheté par le Qatar, et qui devait aider à remédier à la pénurie chronique d’électricité dans la bande.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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