Retour des lycéens en classe mais l’apprentissage en ligne reste privilégié
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Retour des lycéens en classe mais l’apprentissage en ligne reste privilégié

Pour les directeurs d'établissement, les restrictions sur les déplacements entre les groupes d'élèves impliquent que la majorité des matières seront enseignées via internet

Les lycéens israéliens manifestent contre l'apprentissage à distance à Tel Aviv, le 12 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Les lycéens israéliens manifestent contre l'apprentissage à distance à Tel Aviv, le 12 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Environ 400 000 lycéens israéliens devraient retourner dans les classes, dimanche matin, après une pause forcée d’environ deux mois.

Le plan mis en place par le ministère de la Santé stipule que les élèves devront passer au moins deux jours en présentiel dans leurs établissements et que l’apprentissage à distance sera mis en œuvre, les autres jours.

Les restrictions qui nécessitent de placer les élèves en « capsules » impliquent que les enseignants ne pourront être en contact qu’avec quatre groupes d’études séparés maximum – et que les élèves eux-mêmes ne pourront appartenir qu’à deux groupes de lycéens distincts. Les directeurs de lycée ont averti que ces régulations allaient avoir pour conséquence que la majorité des cours, pour chaque matière, continueront à être enseignées en ligne.

De plus, les écoles continuent à demander une réduction du nombre d’examens que les élèves doivent passer, disant qu’un report d’un mois n’est actuellement pas suffisant au vu des perturbations du rythme de la scolarité qui ont été vécues l’année passée, a indiqué Kan. De son côté, le ministère de l’Education examinerait la possibilité de diminuer encore le nombre de sujets figurant au programme en vue des examens.

Illustration : les élèves du lycée Yehud Comprehensive High School passent leur baccalauréat (Bagrut) de mathématiques en anglais, à Yehud, le 8 juillet 2020. (Yossi Zeliger / Flash90)

Une directrice a déclaré que si elle et ses collègues avaient été informés du système d’organisation à mettre en place, il était tout simplement impossible, dans les faits, de faire en sorte de permettre aux élèves d’étudier dans les salles de cours sans mélanger des groupes trop nombreux de lycéens.

« Nous avons travaillé très dur pour mettre en place un emploi du temps qui soit conforme aux règles qui nous ont été données. Cela a été une mission presque impossible », a déploré Ella Sapir Gonen, principale de l’école Shimon Ben Zvi qui se situe dans la banlieue de Givatayim à Tel Aviv, auprès du site Walla.

« Dans notre lycée, il y a une majorité d’élèves étudiant dans des matières – que ce soit l’arabe, le français, la chimie, le génie logiciel et plus – pour qui il est essentiel de revenir dans les classes. Mais ils devront suivre les cours exclusivement via Zoom », a-t-elle continué.

Nati Stern, directeur de l’école Ironi Daled à Tel Aviv, a expliqué que les directives impliquaient qu’au niveau pratique, la plus grande partie des enseignements se ferait encore sur la Toile.

« Ce plan est un grand problème en lui-même. C’est une catastrophe – cela implique de ne pas faire un vrai retour dans les écoles dimanche », s’est exclamé Stern. « Si on nous dit qu’un enseignant pourra assurer ses cours auprès de quatre groupes maximum, cela signifie, en réalité, que tout va rester sur Zoom ».

Ce retour des lycéens dans les salles de classe survient alors que le ministère de la Santé a fait savoir, dimanche matin, que 569 nouveaux cas de coronavirus avaient été confirmés samedi.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens est habituellement plus bas le dimanche, les chiffres des tests de dépistage chutant pendant le week-end.

Des membres de l’équipe hospitalière transfèrent des patients dans le nouveau service coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 16 novembre 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Sur 17 126 tests au total qui ont été réalisés samedi, 3,3 % sont néanmoins revenus positifs. Mercredi encore, le taux de positivité était de 1,8 %. Ce nombre a récemment eu tendance à s’élever pendant le week-end avant de baisser.

Ce nombre réduit de cas est survenu après trois journées consécutives marquées par un nombre de nouvelles infections quotidiennes s’élevant à mille. Il était resté en-deçà de ce seuil pendant plus d’un mois.

334 988 personnes ont attrapé la COVID-19 en Israël depuis l’apparition de la pandémie dans le pays. Il y a actuellement 9 923 cas actifs de la maladie.

Le bilan des décès entraînés par le coronavirus est de 2 854 personnes.

Selon le ministère, 273 personnes se trouvent dans un état grave et 112 ont été placées sous respirateur. 82 sont dans un état modéré et les autres ne présentent que peu de symptômes, voire une version asymptomatique de la maladie.

Les hauts-responsables de la Santé ont mis en garde contre un taux de morbidité croissant alors même que le gouvernement procède à la levée des restrictions imposées dans le cadre du deuxième confinement.

Le responsable du coronavirus, Nachman Ash, a évoqué la réouverture de 15 centres commerciaux de tout le pays survenue la veille, dans le cadre d’un plan d’évaluation de leur conformité aux règles de distanciation sociale. Ces ouvertures ont attiré de nombreux Israéliens, impatients de faire leurs courses, avec de longues files d’attente à l’entrée des magasins en conséquence.

Des Israéliens au centre commercial Ayalon, à Ramat Gan, le 27 novembre 2020. (Crédit ; Avshalom Sassoni/Flash90)

« Ce que nous avons vu hier est très grave et pourrait entraîner un regain d’infections », a commenté Ash. « J’espère que nous n’aurons pas à mettre un terme à ce programme-pilote à cause de ce à quoi nous avons assisté ».

Il a appelé les gérants des centres commerciaux à faire preuve de « responsabilité » en empêchant les attroupements.

Des propos qui ont suivi les paroles du ministre de la Santé Yuli Edelstein qui a dit, vendredi, avoir donné pour instruction à Ash et au directeur-général de son ministère, Chezy Levy, de se rencontrer samedi soir après avoir constaté « l’importante sur-fréquentation des centres commerciaux… au vu des chiffres croissants de la morbidité ».

Les deux responsables lui présenteront ensuite leurs conclusions à la fin de la semaine et Edelstein fera alors part de son positionnement.

« Je suis vraiment inquiet que cela soit un autre problème qui puisse augmenter la morbidité », a dit Levy dans un entretien accordé à la chaîne Kan, vendredi. « Nous devrons réfléchir à la continuation du programme-pilote et à la manière de le maintenir ».

Les centres commerciaux avaient été fermés – sauf pour certains magasins essentiels qui se situent dans leurs enceintes comme les pharmacies et les vendeurs de produits alimentaires – depuis la mi-septembre, en conséquence du confinement. Les boutiques présentant une vitrine sur l’extérieur ont eu la permission de reprendre leurs activités au début du mois avec un nombre de clients limités – une limite qui est passée de quatre à dix personnes mercredi.

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