Sans se conformer au règlement, Caritas Jérusalem dit poursuivre ses activités dans les Territoires palestiniens
Selon les ONG qui refusent notamment de fournir la liste de leur personnel, la révocation des licences met en péril l'aide humanitaire alors que l'hiver s'installe

Caritas Jérusalem continuera à opérer à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem, a fait savoir un porte-parole du Patriarcat latin de Jérusalem dans un communiqué, au lendemain de l’annonce par le ministère des Affaires de la diaspora que les licences de 37 organisations internationales à but non lucratif arriveraient à expiration le 1er janvier, ces groupes ayant omis de se conformer aux nouvelles – et rigoureuses – directives d’enregistrement auprès du gouvernement.
D’autres groupes à but non lucratif et organisations internationales ont également fustigé cette décision de révoquer les licences, une décision qui, selon eux, met en péril l’aide humanitaire alors que l’hiver s’installe.
Les autorités israéliennes maintiennent que ces nouvelles réglementations sont nécessaires, invoquant les conclusions des services de sécurité selon lesquelles certains employés d’organisations à but non lucratif auraient été impliqués dans des activités terroristes. Israël a aussi accusé des groupes terroristes de détourner l’aide humanitaire.
D’après le communiqué du Patriarcat latin de Jérusalem, qui représente l’Église catholique, « le statut et la mission de Caritas Jérusalem ont été reconnus par l’État d’Israël » par l’intermédiaire de deux accords fondamentaux signés dans les années 1990 « entre le Saint-Siège et l’État d’Israël ».
Le communiqué admet que le groupe « n’a entrepris aucune démarche pour s’enregistrer à nouveau auprès des autorités israéliennes ».
« Conformément à son mandat, Caritas Jérusalem poursuivra ses opérations humanitaires et de développement à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem », poursuit le communiqué.
Caritas Internationalis, l’organisation humanitaire catholique qui regroupe plus de 160 associations à travers le monde, figure sur la liste des organisations qui seront interdites.
La liste mentionne également des branches de Médecins sans frontières, Oxfam, International Rescue Committee et Refugees International.
« Cette mesure n’a aucun fondement légitime. Elle constitue donc une violation de l’accord de cessez-le-feu négocié par Trump », a estimé l’organisation Refugees International dans un communiqué, faisant référence au cessez-le-feu conclu en octobre à Gaza avec le soutien du président américain Donald Trump. « Cette suspension n’est pas motivée par une volonté sincère d’éviter tout détournement de l’aide. Il ne s’agit que d’un prétexte pour limiter davantage l’aide disponible à Gaza tout en réduisant au silence les organisations humanitaires indépendantes. »
« Cette mesure va coûter la vie à des Palestiniens », a-t-elle mis en garde.







