Satterfield : Israël n’a pas fourni de « preuves précises » que le Hamas vole l’aide
L'envoyé de Washington affirme que le groupe terroriste "détermine où et à qui l'aide va", et que la police qui escorte les camions "comprend certainement des éléments du Hamas"
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Le principal diplomate américain chargé de l’aide humanitaire à Gaza a démenti les allégations selon lesquelles le groupe terroriste palestinien du Hamas aurait volé de l’aide et des cargaisons commerciales dans l’enclave, affirmant qu’aucun responsable israélien ne lui avait présenté, ni à l’administration Biden, « des preuves précises de détournement ou de vol de l’aide ».
Dans le même temps, le Hamas a utilisé d’autres canaux d’acheminement de l’aide pour « déterminer où et à qui va l’aide », a déclaré David Satterfield lors d’un événement organisé vendredi par la Fondation Carnegie pour la paix internationale, basée à Washington.
Des images de Gaza ont montré des hommes armés, vraisemblablement membres du groupe terroriste, en train de voler des camions transportant de l’aide humanitaire en provenance d’Égypte. Israël affirme également depuis longtemps que le Hamas stocke des fournitures et les empêche d’atteindre des civils de plus en plus désespérés.
Selon Satterfield, l’armée israélienne a tué au début du mois des policiers palestiniens – dont des terroristes du Hamas – qui protégeaient un convoi d’aide de l’ONU dans la ville de Rafah, au sud de l’enclave. En conséquence, Satterfield a déclaré qu’ils ont depuis, refusé de protéger les convois, ce qui a entravé l’acheminement de l’aide à l’intérieur de la bande de Gaza en raison des menaces des gangs criminels.
« Avec le départ des escortes policières, il est pratiquement impossible pour l’ONU ou quiconque, la Jordanie, les Émirats arabes unis ou tout autre acteur de la mise en œuvre, d’acheminer l’aide en toute sécurité à Gaza en raison des éléments criminels », a souligné Satterfield.
Satterfield a précisé que les escortes policières comprenaient des terroristes du Hamas mais aussi des officiers sans affiliation directe avec le groupe terroriste.
L’armée israélienne n’a pas encore commenté ces déclarations.
Satterfield a été interrogé sur la véracité d’une information selon laquelle les troupes israéliennes auraient tué des terroristes du Hamas qui protégeaient un convoi d’aide de l’ONU à Rafah au début du mois.
Tsahal « a effectivement frappé, il y a dix jours ou deux semaines, sept, huit ou neuf fonctionnaires de police, y compris un commandant dont les unités étaient impliquées dans la fourniture d’escortes », a-t-il répondu.
Ces escortes étaient nécessaires en raison des attaques contre les convois d’aide, d’abord par des Palestiniens « désespérés », puis « par des éléments criminels », a expliqué Satterfield.
La police « comprend certainement des éléments du Hamas. Elle comprend également des individus qui n’ont pas d’affiliation directe avec le Hamas et qui sont là pour assurer la présence et la sécurité de ce qui reste de l’Autorité palestinienne », a-t-il ajouté, faisant référence à l’organisme soutenu par l’Occident qui exerce une gouvernance limitée en Cisjordanie.
Le 10 février, des secouristes du Hamas et de Gaza ont déclaré que deux frappes aériennes israéliennes avaient tué cinq membres des forces de police de Rafah dirigées par le groupe terroriste palestinien, dont un officier supérieur. Le même jour, l’armée israélienne a déclaré avoir frappé et tué trois terroristes du Hamas à Rafah, dont deux hauts responsables de la région.
Il n’a pas été précisé si Satterfield faisait référence à l’incident du 10 février. Le Hamas n’a pas indiqué s’il avait mis fin aux escortes policières des convois d’aide.
Satterfield a déclaré que les États-Unis travaillaient avec le gouvernement et Tsahal pour déterminer « quelles solutions peuvent être trouvées parce que tout le monde veut que l’assistance se poursuive ».
Outre la menace que représentent les terroristes, la distribution de l’aide est entravée par « l’augmentation de la valeur de l’aide humanitaire » qui se retrouve sur le marché noir, a indiqué Satterfield.
L’équipe du Times of Israel et Jacob Magid ont contribué à cet article.
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