Saul Zabar, principal propriétaire d’une fameuse épicerie juive new-yorkaise, est mort à 97 ans
Avec lui et son goût imparable pour le poisson fumé et le café, entre autres mets délicats, la boutique était devenue le symbole de la culture juive de New York

Saul Zabar, le principal propriétaire de Zabar’s, célèbre magasin de spécialités juives de l’Upper West Side, à Manhattan, est décédé à l’âge de 97 ans.
Selon le New York Times, qui a cité des informations données par sa fille Anne, il a succombé à une hémorragie cérébrale.
Pendant plus d’un demi-siècle, Zabar aura dirigé cette épicerie replète de Broadway, réputée pour ses spécialités ashkénazes – poisson fumé, fromages, bagels, rugelach et autres babkas – et ses menus spéciaux pour les fêtes de Rosh Hashanah et Pessah.
Né en 1928, Zabar n’avait initialement pas l’intention de reprendre le magasin fondé par ses parents, mais la mort de son père, en 1950, avait bousculé ses projets : il avait interrompu ses études de médecine pour prendre la direction de l’épicerie et pour la développer avec son frère Stanley.
Il s’était fait connaitre pour ses sélections pointues de poisson et pour son bureau, un ancien café. Selon le Times, il aurait un jour piétiné une plaque de poisson blanc qui ne lui paraissait pas de bonne qualité.
Selon le Times toujours, le magasin vendait chaque semaine près d’une tonne de poisson fumé et 4 tonnes de café à quelque 40 000 clients. Sous sa direction, Zabar’s était devenu le symbole de la culture juive new-yorkaise.
La boutique avait même eu les honneurs d’une vidéo de Vampire Weekend, dont le chanteur Ezra Koenig est Juif, et avait eu, un temps, des partenariats avec Adidas et Nordstrom.
« Une vraie légende new-yorkaise », a écrit le maire de New York, Eric Adams. « Il a apporté à cette ville le saumon fumé, l’amour et l’endroit parfait pour se quereller au sujet de la babka. Zabar’s est bien plus qu’un magasin, c’est un morceau de l’âme new-yorkaise. Que sa mémoire soit bénie. »
Il avait par ailleurs été associé, et ce à plusieurs reprises, à la politique locale voire nationale.
En 2018, la candidate à la mairie Cynthia Nixon avait provoqué un petit scandale en demandant qu’on lui prépare un bagel à la cannelle et aux raisins secs avec des tomates, des câpres, des oignons, du saumon fumé et du cream cheese nature – un péché pour les amateurs de bagels. Plus tard, cela avait été le Représentant américain Jerry Nadler, démocrate juif qui représente la région depuis des dizaines d’années, qui s’était présenté avec un sac Zabar pour l’audience de destitution du président Donald Trump.
En 1968, Saul Zabar s’était marié avec Carole Ann Kishner, une professeure d’hébreu : il laisse dans la peine ses enfants, Ann, Aaron et Rachel Zabar, et quatre petits-enfants.
D’autres membres de la famille Zabar avaient travaillé pour l’épicerie ou lancé leur propre commerce alimentaire à New-York, et Saul avait continué de travailler dans sa boutique presque chaque jour.
Dans une vidéo diffusée sur Instagram en 2021, on le voit, à 93 ans, en train d’inspecter soigneusement des tranches de saumon cru au rayon poisson fumé de sa boutique.
« J’espère que ce qui est, pour nous, le bon produit correspond au goût de nos clients », l’entend-on dire alors qu’il appuie délicatement sur la chair rosée crue. « Jusqu’à présent, cela a été le cas. »







