Selon Marjorie Taylor Greene, Israël fait pression sur Trump pour cacher les dossiers Epstein
La représentante MAGA controversée, connue pour ses propos antisémites, affirme sur CNN que "la bonne question à se poser est : Jeffrey Epstein travaillait-il pour Israël ?"

Dimanche, sur fond de querelle acharnée avec le président américain Donald Trump, la représentante républicaine Marjorie Taylor Greene a suggéré qu’Israël faisait pression sur la Maison Blanche pour empêcher que celle-ci ne divulgue l’intégralité des dossiers de l’affaire Jeffrey Epstein.
Lors d’une interview accordée à CNN, Greene a été interrogée sur une publication qu’elle avait postée la veille sur le réseau social X, dans laquelle elle écrivait : « On se demande vraiment ce que contiennent ces dossiers, et qui et quel pays exercent une telle pression sur lui ? ». Un message accompagné d’une illustration vantant le fait qu’elle n’avait bénéficié d’aucun financement de campagne de la part du lobby pro-Israël AIPAC.
« C’est, je pense, la question que se posent de nombreux Américains, surtout depuis que nous avons découvert les informations récemment révélées dans ces e-mails publiés par la commission de surveillance – dont je fais partie », a répondu Greene durant l’interview, au sujet de l’attention croissante portée au trafiquant sexuel présumé qui s’est donné la mort en prison en 2019.
« Et nous avons vu Jeffrey Epstein entretenir des liens avec Ehud Barak. Nous l’avons vu conclure des accords commerciaux avec eux, ainsi que des accords commerciaux impliquant le gouvernement israélien, qui semblent avoir mené jusqu’à leurs agences de renseignement. Et je pense que la bonne question à se poser est la suivante : Jeffrey Epstein travaillait-il pour Israël ? », a poursuivi la représentante.
Aucune preuve tangible n’existe toutefois d’un lien entre Epstein et les services de renseignement israéliens. Les allégations selon lesquelles Epstein aurait présenté des liens avec le Mossad circulent depuis des années, et se basent sur un ensemble de connexions disparates : le fait qu’il était juif, les visites qu’il effectuait en Israël – entre autre nombreux autres pays -, et son amitié avec l’ancien Premier ministre Ehud Barak, l’une des nombreuses personnalités en vue avec lesquelles il était associé, parmi lesquelles figure Trump lui-même.
Au début de l’année, l’ancien présentateur de Fox News et théoricien du complot Tucker Carlson a laissé entendre qu’Epstein travaillait pour le Mossad, ajoutant n’avoir « jamais rencontré personne qui ne le pensait pas ».
This and the Epstein files is why I’m being attacked by President Trump.
It really makes you wonder what is in those files and who and what country is putting so much pressure on him?
I forgive him and I will pray for him to return to his original MAGA promises. https://t.co/YltouujS83 pic.twitter.com/X1zFACSnEo
— Marjorie Taylor Greene ???????? (@mtgreenee) November 15, 2025
Greene, qui au cours de ses deux années de la guerre contre le Hamas à Gaza, déclenchée par l’attaque du groupe terroriste le 7 octobre 2023, est devenue une virulente critique d’Israël, a déclaré sur CNN être « fière de pouvoir dire qu’elle ne recevait pas d’argent de l’AIPAC. Je ne reçois pas d’argent de quelque groupe que ce soit ».
Pressée par l’animateur de bien vouloir préciser si elle affirmait qu’Israël poussait Trump à garder les dossiers secrets, Greene — qui, à maintes reprises durant sa carrière, a utilisé des clichés antisémites — a répondu : « Non, j’ai simplement demandé à haute voix si un gouvernement étranger était impliqué. Cela pourrait être n’importe quel gouvernement étranger. Mais est-ce qu’un gouvernement étranger fait pression pour que cette affaire reste secrète ? Parce que l’opinion ne comprend tout simplement pas l’importance de lutter contre ce qui se trouve dans ces dossiers ? »
Prétendre que quelqu’un qui diffuse une théorie nuisible et sans fondement « ne fait que poser des questions » est une tactique à laquelle les théoriciens du complot et les extrémistes recourent fréquemment.
L’interview a ensuite porté sur la relation entre Greene et Nick Fuentes, un négationniste notoire et antisémite déclaré.
Lors d’une conférence qu’il avait organisée, en 2022, elle avait affirmé : « Je ne suis pas antisémite. Je n’ai jamais critiqué le peuple juif, ni fait de commentaires à son sujet. Je critique leur gouvernement, le gouvernement d’Israël », a-t-elle précisé, se corrigeant après avoir confondu Israël et le peuple juif, ce qui est un trope antisémite courant.
Greene est peut-être mieux connue dans certains cercles pour avoir relayé, en 2018, une théorie du complot selon laquelle la famille de banquiers Rothschild aurait été impliquée dans l’installation de générateurs solaires spatiaux à l’origine des incendies de forêt en Californie – des allégations largement tournées en dérision, comme étant sa théorie des « lasers juifs de l’espace« . Greene a ensuite déclaré qu’elle ignorait que les Rothschild étaient une famille juive. Au début de cette année, Greene a également laissé entendre que l’ancien président américain John F. Kennedy avait été assassiné à cause de son opposition au programme nucléaire israélien.
La virulente républicaine, ex-fervente partisane de Trump, s’est engagée dans une querelle acharnée avec le président américain lorsqu’elle a rejoint deux autres républicains dans leur soutien à la requête des démocrates de divulguer l’intégralité des « dossiers Epstein », dans lesquels Trump lui-même — qui entretenait des relations bien documentées avec Epstein — apparaît à plusieurs reprises, selon l’opinion générale.
Vendredi, Trump, envenimant les hostilités, a annoncé qu’il retirait son soutien à Greene, qualifiant la représentante d’extrême droite de Géorgie de « folle furieuse ».
« Marjorie ‘la loufoque’, passe manifestement son temps à se plaindre, se plaindre, se plaindre ! », a-t-il écrit sur Truth Social.
Les premiers signes de la rupture entre Greene et Trump sont apparus lorsqu’elle a fait savoir que l’intervention de Trump en faveur d’Israël durant la guerre de 12 jours qui a opposé l’État juif à l’Iran en juin, et au cours de laquelle les États-Unis ont bombardé des sites nucléaires iraniens, était contraire à l’idéologie « America First » prônée par le président. Au cours de l’été, Greene s’est en également brouillée avec d’autres républicains en qualifiant la guerre à Gaza de « génocide », une accusation que Israël récuse avec véhémence.
Greene s’est par ailleurs montrée critique à l’égard des soins de santé et en particulier de la crise du pouvoir d’achat, appelant à Trump à se concentrer sur le « front intérieur » plutôt que sur la politique étrangère et les accords de paix.
Les critiques de Greene semblent avoir atteint leur paroxysme avec sa prise de position sur le scandale Epstein, que la Maison Blanche a cherché à présenter comme un canular monté par les démocrates contre Trump.
Un scandale qui a de nouveau pris Trump au piège ces derniers jours, après que le Congrès américain a publié une série d’e-mails du financier déchu dans lesquels il indiquait que Trump « savait pour les filles » et avait « passé des heures » avec l’une des victimes d’Epstein au domicile du pédophile, qui s’est donné la mort en prison pendant le premier mandat de Trump, en 2019.







