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Les victimes du 7 octobre

Shoshana Karsenty, 85 ans : légendaire professeure d’art originaire d’Argentine

Assassinée par le Hamas dans le kibboutz Beeri le 7 octobre

Shoshana Karsenty (Autorisation)
Shoshana Karsenty (Autorisation)

Shoshana Karsenty, 85 ans, originaire du kibboutz Beeri, a été assassinée par des terroristes du Hamas, à son domicile ou à proximité, le 7 octobre dernier.

Sa fille et son gendre, Mayana et Noah Hershkovitz, ont également été assassinés le même jour par le Hamas à Beeri. Son ex-mari, Eli, 93 ans, qui avait été capturé et retenu en otage par l’Égypte le 7 octobre 1973 et libéré au bout de deux mois, a survécu aux atrocités.

La veille du drame, la famille avait partagé un repas de shabbat – Shoshana, Eli, Mayana et Noah -. Seul Eli survivra. Pendant plus de 10 jours, ils ont tous les trois été considérés comme disparus ou otages, jusqu’à ce que leurs corps soient retrouvés.

Shoshana laisse dans la peine son fils, Moti, six petits-enfants et sept arrière-petits-enfants. Elle a été inhumée le 19 octobre au kibboutz Ein Hashlosha.

Sa petite-fille, Ella Berkovich, qui a perdu ses parents et sa grand-mère le même jour, a déclaré que Shoshana commençait à montrer des signes de démence et qu’elle espérait d’une certaine manière qu’elle n’avait pas vraiment compris ce qui s’était passé le 7 octobre : « J’essaie de me dire que cela a été rapide et qu’elle n’a pas trop souffert » a déclaré Ella à un média local. » Cela me permet de continuer et d’aller de l’avant. Sa perte n’est pas plus facile, mais elle est plus acceptable. Ce sont des sentiments compliqués, confus. »

Le jour de ce qui aurait dû être le 86e anniversaire de sa grand-mère, Ella a écrit sur Facebook que la famille avait lâché des ballons bleus en forme d’étoile avec des messages pour « notre ange si pur… Nous t’aimons, nous avons du chagrin, tu nous manques, et nous sommes sûrs que tu recevras les étoiles que nous t’avons envoyées avec amour. »

Son amie Rivkale Samban Cohen a écrit sur Facebook pour cet anniversaire, rappelant comment elles avaient célébré ses 85 ans ensemble, un an plus tôt, dans un café : « Shoshana Karsenty, ma bonne amie enseignante, qui croyait que toutes les filles et tous les garçons savaient peindre et dessiner. Elle connaissait tous les arts, même la musique, et elle aimait particulièrement Leonard Cohen. »

Née à Buenos Aires, elle avait immigré seule en Israël à l’âge de 15 ans à la mort de sa mère. Selon l’éloge funèbre du kibboutz, son père, incapable d’élever ses enfants, les avait placés dans un orphelinat. À 18 ans, elle s’est installée dans le kibboutz Ein Hashlosha, où elle a rencontré Eli, originaire du Maroc : ils se sont mariés et ont eu deux enfants. Le couple a divorcé au bout d’une dizaine d’années, et Shoshana avait emménagé à Beeri ces dernières années, pour se rapprocher de sa fille.

« Enfant, elle avait vécu dans un orphelinat une vie difficile, et à l’âge adulte, elle prenait tout avec bonheur et le sourire, sans jamais penser qu’elle méritait mieux », peut-on lire dans l’éloge funèbre du kibboutz. « Elle disait toujours merci, ne se plaignait jamais. Elle n’aurait jamais fait de mal à une mouche, elle était modeste et humble. »

Shoshana avait été artiste et professeure d’art, diplômée en éducation de l’Oranim College et en études d’art à l’Institut Avni.

Son neveu, Udi Cramsky, chef du département design d’intérieur à l’Institut de technologie de Holon, a déclaré au magazine d’art Portfolio que Shoshana « était une légende du milieu des professeurs d’art dans la région d’Eshkol. Elle a enseigné à des générations et des générations d’étudiants, d’abord au kibboutz Ein Shlosha, qu’elle a aidé à fonder, puis dans d’autres kibboutzim voisins et enfin à Beeri, où elle a vécu plus tard avec sa fille, son gendre et ses petits-enfants. »

« J’adorais créer avec elle… Adulte, j’aimais parler avec elle. Ma tante Shoshana était une intellectuelle incroyable. Je l’admirais. Elle parlait et lisait plusieurs langues. Elle a étudié de nombreux domaines, dans le détail… Elle pouvait parler d’architecture, de philosophie, d’éducation, d’art et de bien d’autres sujets », a raconté Udi.

Son petit-fils, Tamir Hershkovitz, dit avoir appris l’art grâce à elle à un très jeune âge et avoir ensuite parlé avec elle du monde de l’art, même si elle n’aimait pas beaucoup parler d’elle.

« La peinture était son moyen de communication avec le monde », a déclaré Tamir à Portfolio. « Un dialogue continu, sans fin, au fil des ans. Après son divorce, son salon est devenu son atelier : on y trouvait toujours une grande toile ou un chassis avec un tableau en cours. »

Le 7 octobre, le Hamas a assassiné Shoshana et incendié sa maison, détruisant presque toute l’œuvre de sa vie.

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