Strasbourg rejette l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA
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Strasbourg rejette l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA

La décision a aussitôt été dénoncée sur Twitter, notamment par l’ambassade d’Israël en France

Jeanne Barseghian, candidate à la mairie de Strasbourg pour la liste "Strasbourg écologiste et citoyenne" du parti vert Europe Ecologie Les Verts, célèbre avec ses partisans sa victoire, le 28 juin 2020. (Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP)
Jeanne Barseghian, candidate à la mairie de Strasbourg pour la liste "Strasbourg écologiste et citoyenne" du parti vert Europe Ecologie Les Verts, célèbre avec ses partisans sa victoire, le 28 juin 2020. (Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP)

Lundi soir, le conseil municipal de Strasbourg a voté contre une résolution en faveur de l’adoption de la définition d’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

La décision a aussitôt été dénoncée sur Twitter, notamment par l’ambassade d’Israël en France et Haïm Korsia, grand rabbin de France.

Le mois dernier, les municipalités de Paris et Nice avaient adopté la définition d’antisémitisme de l’IHRA, programme de communication des Nations unies. À ce jour, 29 pays ont l’officiellement adoptée, selon la dernière mise à jour du site de l’American Jewish Committee.

La définition décrit l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée par la haine des Juifs » et qui est « dirigée contre des individus juifs ou non juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et les établissements religieux ».

Je regrette profondément que la Mairie de Strasbourg n'ait pas choisi de faire comme l'Assemblée Nationale, ou d'autres…

Posted by Haim Korsia – Grand Rabbin de France on Tuesday, March 23, 2021

Elle présente ainsi principalement des exemples de comportements antisémites sans lien avec Israël, comme l’appel à faire du mal aux Juifs ou la négation de la Shoah.

Elle inclut néanmoins aussi « le fait de nier au peuple juif son droit à l’autodétermination… en affirmant que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste » et « le fait de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis ».

La définition comporte également les points suivants : « Le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique » et « l’idée selon laquelle les Juifs seraient collectivement responsables des actions de l’État d’Israël ».

Ces parties de la définition ont été vivement critiquées ces dernières années, car certains critiques estiment qu’elle étouffe la liberté d’expression et le droit de critiquer Israël. Les organisations et militants pro-palestiniens favorables au boycott d’Israël rejettent ainsi vivement la définition.

Le texte avait été adopté par les députés français début décembre 2019, par 154 voix pour (des LREM et LR principalement), 72 contre (à gauche), et 43 abstentions.

J'ai proposé à la Maire de Strasbourg, dans le parfait respect du règlement intérieur du conseil municipal, d'adopter un texte permettant de mieux lutter contre l'antisémitisme. Il s’agit d’un texte proposé par l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste) qui fait largement consensus et qui a été adopté par les villes de Paris, Nice, le Parlement européen et plusieurs États européens dont la France,…). Pour des raisons obscures, la municipalité EELV et Communiste de Strasbourg a décidé unilatéralement de retirer cette proposition à l’ordre du jour. Pourquoi ? Quant à l’attitude de notre Maire vis-à-vis des élus de l'opposition, je vous laisse juge. No comment.

Posted by Jean-Philippe Vetter on Wednesday, February 24, 2021

Fin février, la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), avait déjà refusé de retenir à l’ordre du jour du conseil municipal une résolution contre l’antisémitisme. Celle-ci avait été proposée par Jean-Philippe Vetter (LR).

Hier, à Strasbourg, lors du même conseil municipal, « le principe d’une subvention », contestée par les opposants à la maire EELV, de plus de 2,5 millions d’euros pour la construction d’une mosquée de Millî Görüs (CIMG), association réputée proche de la Turquie, a été voté.

Cette subvention représente « 10 % du montant des travaux », a relevé lors du vote la maire EELV de Strasbourg, dont la majorité a affirmé qu’il s’agissait d’un pourcentage habituel pour le subventionnement des lieux de culte dans la capitale alsacienne.

Le montant du chantier s’élève à plus de 25 millions d’euros, pour un coût total de ce projet qui doit donner naissance à la plus grande mosquée d’Europe, estimé à 32 millions d’euros.

Le texte, amendé lors de son examen, prévoit que le versement effectif de la subvention fasse « l’objet d’un autre vote », a ajouté Mme Barseghian, alors que la délibération a été critiquée par l’opposition municipale.

L’élue écologiste avait également proposé d’intégrer dans le texte plusieurs conditions réclamées lors des débats, comme la signature préalable de la Charte des principes pour l’islam de France ou encore des garanties sur la transparence des fonds destinés à financer la chantier.

Le LR Jean-Philippe Vetter, qui a voté contre, s’est précisément ému du refus de la Confédération islamique Millî Görüs de signer en janvier la « Charte des principes pour l’islam de France », texte promu par Emmanuel Macron dans sa lutte contre le séparatisme et qui réaffirme la « compatibilité » de la foi musulmane avec la République.

Gérald Darmanin a accusé la mairie EELV de Strasbourg de financer « une mosquée soutenue par une fédération qui défend l’islam politique » au lendemain d’un vote approuvant « le principe d’une subvention » de plus de 2,5 millions d’euros.

« La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique », a réagi M. Darmanin dans un tweet publié dans la nuit de lundi à mardi.

« Vivement que tout le monde ouvre les yeux et que la loi séparatisme soit bientôt votée et promulguée », a-t-il ajouté.

Le versement effectif de la subvention, critiquée par l’opposition municipale, doit faire l’objet d’un nouveau vote.

Le chantier de la mosquée Eyyub Sultan avait démarré en 2017. Mais selon la presse locale, CIMG, qui gère des centaines de mosquées en Europe a fait face ensuite à des problèmes de financement qui ont entraîné son arrêt.

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