Paris et Nice adoptent la définition de l’antisémitisme de l’IHRA
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Paris et Nice adoptent la définition de l’antisémitisme de l’IHRA

"La position qui consiste à critiquer Israël dans son État comme existence même relève d'une définition de l'antisémitisme", a déclaré Anne Hidalgo

Le logo de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).
Le logo de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

Les municipalités de Paris et Nice ont adopté ces derniers jours la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), a rapporté le CRIF.

À Paris, la résolution a été votée ce vendredi par le Conseil municipal. Francis Szpiner, maire du 16e arrondissement, était à l’origine de la résolution.

« La possibilité de critiquer la politique d’Israël sur beaucoup de sujets, c’est quelque chose qui relève de l’opinion politique, et de l’exercice de l’opinion politique », a déclaré Anne Hidalgo, maire de Paris, lors du vote. « La position qui consiste à critiquer Israël dans son État comme existence même relève d’une définition de l’antisémitisme, c’est une nouvelle forme d’antisémitisme. »

« Parce que l’État d’Israël a été créé aussi parce qu’il y a eu la Shoah, nous devons être très clairs avec les mots, que nous puissions porter les valeurs de liberté et que cette définition là adoptée par notre assemblée nous permettra de donner à chaque mot sa signification précise et d’être à la hauteur de l’histoire de notre ville. Nous sommes la ville dans laquelle la rafle du Vel d’Hiv a été opérée, nous sommes une ville dans laquelle une communauté juive d’Europe s’est installée et a fait de cette ville sa ville et de la République sa République, et cette histoire-là nous engage », a-t-elle poursuivi.

À Nice, le maire Christian Estrosi a écrit sur Twitter : « Depuis 2017, le nombre d’actes antisémites a augmenté de 121 %. Ces chiffres traduisent la permanence et le développement d’un antisémitisme du quotidien. Je refuse toute forme de ‘banalisation’ de la haine. La définition proposée aujourd’hui au Conseil municipal de Nice vise à reconnaitre la définition qui été produite et adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste dans le but de renforcer et promouvoir l’enseignement de la Shoah, la recherche et la mémoire. »

À ce jour, 28 pays ont officiellement adopté la définition d’antisémitisme de l’IHRA, programme de communication des Nations Unies, selon la dernière mise à jour du site de l’American Jewish Committee.

La définition décrit l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée par la haine des Juifs » et qui est « dirigée contre des individus juifs ou non juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et les établissements religieux ».

Elle présente ainsi principalement des exemples de comportements antisémites sans lien avec Israël, comme l’appel à faire du mal aux Juifs ou la négation de la Shoah.

Elle inclut néanmoins aussi « le fait de nier au peuple juif son droit à l’autodétermination… en affirmant que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste » et « le fait de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis ».

La définition comporte également les points suivants : « Le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique » et « l’idée selon laquelle les Juifs seraient collectivement responsables des actions de l’État d’Israël ».

Ces parties de la définition ont été vivement critiquées ces dernières années, car certains critiques estiment qu’elle étouffe la liberté d’expression et le droit de critiquer Israël. Les organisations et militants pro-palestiniens favorables au boycott d’Israël rejettent ainsi vivement la définition.

Le texte avait été adopté par les députés français début décembre 2019, par 154 voix pour (des LREM et LR principalement), 72 contre (à gauche), et 43 abstentions.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait salué avec ce vote « un geste symbolique fort », considérant que « c’est en disant les choses que nous ferons reculer la haine », alors que 107 tombes du cimetière juif de Westhoffen avaient été découvertes peu avant maculées de croix gammées.

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