Sur le site d’un massacre nazi, “morts aux gauchistes” écrit en hébreu sur un drapeau
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Sur le site d’un massacre nazi, “morts aux gauchistes” écrit en hébreu sur un drapeau

Le ministère de l’Education cherche les élèves israéliens responsables

Marche des Vivants dans la forêt de Lupachowo, site d'une exécution massive des juifs de la ville voisine de Tykocin, en avril 2013. (Crédit : autorisation)
Marche des Vivants dans la forêt de Lupachowo, site d'une exécution massive des juifs de la ville voisine de Tykocin, en avril 2013. (Crédit : autorisation)

Le ministère de l’Education a annoncé dimanche qu’il recherchait les élèves qu’il pense responsable d’avoir accroché un drapeau israélien sur lequel était écrit « morts aux gauchistes » sur le site d’un massacre nazi. Les faits auraient eu lieu pendant un voyage scolaire en Pologne.

La radio militaire a annoncé que le drapeau avait été découvert par des élèves ce mois-ci pendant qu’ils visitaient la forêt de Lopuchowo, dans le nord-est de la Pologne. Des soldats SS y ont assassiné plus de 1 400 juifs de la ville voisine de Tykocin en août 1941.

Alors que les étudiants arrivaient au site mémoriel dans la forêt, où des centaines de juifs ont été abattus dans des fosses d’exécution massives, un certain nombre d’entre eux ont trouvé le drapeau, où quelqu’un avait écrit en hébreu « allons-y, avançons, mort aux gauchistes ».

Akiva Azoulay, professeur qui est aussi guide pendant les voyages scolaires en Pologne, a déclaré avoir été choqué quand il avait vu le drapeau.

« Je ne savais pas quoi dire à mes élèves, a-t-il déclaré à la radio militaire. En tant que pédagogue, cela m’a beaucoup ennuyé. »

Azoulay a déclaré que les organisateurs du voyage étudiaient l’incident. Il a cependant souligné que l’incident était un « cas très extrême, très extraordinaire », et n’était pas caractéristique du programme de voyage dans son ensemble.

Hanan Yechiely, qui était l’un des élèves du groupe qui a trouvé le drapeau, a déclaré que « trouver une telle inscription, qui aurait été inscrite sans aucun lien à la Pologne, suspendue au-dessus d’un charnier où des personnes ont été assassinées uniquement parce qu’elles appartenaient à un certain groupe […], pour un Israélien, appeler à la mort d’un autre groupe, c’est une répétition scandaleuse de l’Histoire. »

« C’est ce que l’on nous a fait, et maintenant nous appelons quelqu’un à le faire à d’autres », a-t-il ajouté, incrédule.

Gil Faran, président de l’association des guides de voyages en Pologne, a écrit au ministère de l’Education que l’affaire « représente évidemment un échec de la compréhension de l’essence de ce voyage et de ses objectifs. »

Il a demandé une enquête et une punition pour les élèves impliqués, disant que l’incident « ne pouvait pas ne pas être suivi d’une réponse appropriée du ministère de l’Education. »

Le ministère a semblé d’accord, déclarant dimanche qu’il était déterminé à retrouver les responsables et à prendre des mesures. Les élèves qui ont écrit ces mots, a déclaré le ministère dans un communiqué, « n’ont apparemment pas compris l’objectif de leur présence là-bas » en premier lieu.

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