Syrie : accord inédit pour le départ de l’EI du sud de Damas ?
Rechercher

Syrie : accord inédit pour le départ de l’EI du sud de Damas ?

L'initiative concernerait le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk et des quartiers voisins de Qadam et de Hajar al-Aswad

Des combattants de l'Etat islamique dans une vidéo produite par le groupe (Crédit : capture d'écran YouTube/VICE News)
Des combattants de l'Etat islamique dans une vidéo produite par le groupe (Crédit : capture d'écran YouTube/VICE News)

Un accord inédit a été conclu sur le départ samedi de trois quartiers sud de Damas de 4.000 jihadistes de l’État islamique (EI), du Front Al-Nosra et des civils, ont affirmé vendredi des sources proches des négociations.

Il s’agit du premier accord de ce genre impliquant l’EI alors que jusqu’à présent des trêves ponctuelles avaient été conclues entre le régime du président Bachar al-Assad et différents groupes rebelles à travers le pays.

Ce départ est l’aboutissement de négociations débutées il y a deux mois, entre le régime et des représentants des habitants des trois quartiers qui souffrent d’une profonde dégradation des conditions de vie, causée par le siège imposé par l’armée depuis 2013, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Selon les sources, l’initiative concerne le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk et des quartiers voisins de Qadam et de Hajar al-Aswad. Ce dernier district était une base de l’EI près de la capitale.

« Un accord a été trouvé pour le départ de 4.000 civils et hommes armés appartenant à différents groupes, dont l’EI et le Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda), qui refusent toute réconciliation », a indiqué à l’AFP une source gouvernementale proche des négociations.

Normalement, l’application de l’accord débutera samedi, a précisé cette source, indiquant que ces 4.000 personnes seront transférées soit à Raqa, « capitale » de facto de l’EI, située dans le nord de la Syrie, soit à Marea, une localité de la province d’Alep, frontalière de la Turquie, aux mains de groupes rebelles islamistes et du Front Al-Nosra.

Quatre tentatives similaires avaient par le passé échoué, a souligné la source gouvernementale.

Un autre responsable de la sécurité syrienne sur le terrain a confirmé l’accord, précisant qu’il concernait 3.567 personnes, dont 2 000 combattants, « qui appartiennent dans leur majorité à l’EI, mais aussi au Front Al-Nosra ».

Dix-huit bus sont déjà arrivés à Qadam pour assurer le transfert, a souligné ce responsable.

« Il s’agit de la plus importante évacuation » depuis le début des trêves en Syrie, a souligné un troisième responsable de la sécurité syrienne.

Interrogée par l’AFP, une responsable de l’ONU à Damas a affirmé que son organisation n’était pas impliquée dans cet accord.

Moscou affirme que le trafic de pétrole de l’EI vers la Turquie se poursuit par de nouvelles routes

La Russie a affirmé vendredi que l’organisation Etat islamique (EI) poursuivait son trafic de pétrole vers la Turquie en empruntant un nouvel itinétaire passant par le nord de l’Irak pour échapper aux bombardements russes.

L’état-major russe a en outre indiqué vendredi que l’aviation russe avait effectué 5.240 sorties, dont 145 sorties longue distance, depuis le début de son intervention militaire en Syrie le 30 septembre.

« Les terroristes tentent d’échapper aux bombardements russes en changeant leur logistique et en utilisant de nouveaux circuits de contrebande de pétrole brut », a affirmé le général Sergueï Routskoï lors d’une conférence de presse de l’état-major.

Selon lui, un de ces nouveaux circuits amène les camions-citernes de la province de Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie, vers Zakho et Mossoul, bastion de l’EI en Irak, en franchissant la frontière entre les deux pays avant de rejoindre la Turquie.

« Le pétrole arrive sur le territoire turc à travers un point frontière dans la région de Zakho », a-t-il accusé en montrant des images satellites de convois et d’installations logistiques situées selon lui à la frontière irako-turque.

« Au moment des prises de vue dans la région de Zakho, 11.775 camions-citernes se trouvaient de chaque côté de la frontière irako-turque », a assuré le général, ajoutant que les autres circuits de contrebande avaient été délaissés par les convois ces derniers jours.

L’état-major a en outre affirmé que l’aviation russe avait détruit la semaine dernière 37 cibles liés à l’extraction et au traitement du pétrole en Syrie, ainsi que 17 convois de camions-citernes, portant le nombre de véhicules de transport de pétrole détruits depuis fin septembre à plus de 2.000.

Plusieurs pays dont la Russie et l’Irak accusent la Turquie d’être impliquée dans la contrebande de pétrole à laquelle se livre l’Etat islamique et qui constitue l’une des principales sources de financement de l’organisation.

Moscou est allée jusqu’à porter ses accusations directement contre le président Recep Tayyip Erdogan et sa famille, ce dernier les qualifiant de « mensonges » tout en promettant de quitter son poste si elles étaient prouvées.

Washington a pour sa part estimé que la quantité de pétrole transporté par l’EI en Turquie est économiquement « insignifiante », Moscou l’accusant de vouloir « couvrir ces actes ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...