Tandis que les déchets s’accumulent, les débats à la Knesset patinent
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Tandis que les déchets s’accumulent, les débats à la Knesset patinent

Une députée Kakhol lavan affirme que tout l'argent et le temps investis dans l'éducation et le nettoyage ont été vains et appelle à une sensibilisation "agressive" et des amendes

  • Des déchets abandonnés dans la nature, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020.
    Des déchets abandonnés dans la nature, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020.
  • Des déchets sur une plage israélienne, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020. (Société pour la Protection de la Nature en Israël)
    Des déchets sur une plage israélienne, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020. (Société pour la Protection de la Nature en Israël)
  • Des déchets laissés par des campeurs, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020.
    Des déchets laissés par des campeurs, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020.
  • Des déchets sur une plage israélienne, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020.
    Des déchets sur une plage israélienne, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020.
  • Des déchets abandonnés dans la nature, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020. (Société pour la Protection de la Nature en Israël)
    Des déchets abandonnés dans la nature, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020. (Société pour la Protection de la Nature en Israël)
  • Une mangouste se fraye un passage au milieu de déchets, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020. (Osnat El-Az, Société pour la Protection de la Nature en Israël)
    Une mangouste se fraye un passage au milieu de déchets, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020. (Osnat El-Az, Société pour la Protection de la Nature en Israël)
  • Des déchets qui s'accumulent à côté d'une décharge, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020. (Yael Levi-Efrat, Société pour la Protection de la Nature en Israël)
    Des déchets qui s'accumulent à côté d'une décharge, image d'une présentation par l'élue Miki Haimovich lors d'une réunion à la Knesset de la Commission des Affaires intérieures et de l'environnement sur les déchets, le 2 juin 2020. (Yael Levi-Efrat, Société pour la Protection de la Nature en Israël)

Le mois dernier, les Israéliens, désireux de se dégourdir les jambes et de retourner dans la nature après le confinement du pays dû au coronavirus, n’ont pas retrouvé des espaces verts immaculés, mais plutôt une traînée de déchets laissés par d’autres promeneurs.

La plupart des Israéliens pensent que le pays est trop sale, selon une enquête du gouvernement, mais malgré des années de plans et d’idées diverses, aucun effort n’a encore été fait pour réduire sérieusement les déchets, ce qui entraîne la frustration de certains responsables qui tentent de comprendre pourquoi et s’il existe une voie plus propre pour l’avenir.

Depuis des années, les ministères, les conseils locaux, l’organisme responsable des réserves naturelles et des parcs nationaux, ainsi qu’une série d’associations environnementales ont investi du temps et de l’argent dans des programmes visant à nettoyer les espaces urbains et ruraux et à essayer d’apprendre aux Israéliens à jeter leurs déchets à la poubelle ou à les rapporter chez eux.

« Il y a beaucoup de bonnes intentions mais il n’y a pas assez d’éducation sur ce sujet », a déclaré la députée Kakhol lavan Miki Haimovich, mardi, lors d’une session de la commission des Affaires intérieures et de l’environnement de la Knesset qu’elle préside, convoquée pour tenter d’analyser la question.

« Nous le voyons dans les écoles, où cela commence par les enfants qui finissent leur repas et ne jettent pas les ordures correctement. Il n’y a pas de sensibilisation, pas de modèle personnel. Du point de vue de l’éducation de nos enfants, cela ne se fait pas ».

« Pourquoi est-il important pour les gens que leurs maisons soient propres mais pas important que la nature soit si sale ? » a-t-elle demandé. « Je fais beaucoup de randonnées à la campagne et chaque fois que je sors, je suis choquée. »

Au cours de cette réunion de deux heures, M. Haimovich a préconisé une approche « carotte et bâton » – une campagne énergique et de longue haleine visant à sensibiliser le public et à imposer des amendes sévères aux contrevenants afin de dissuader les autres.

Elle a ouvert la séance en invitant Omer Ziv, un guide touristique, qui a cité le blog d’un touriste qui avait fait une randonnée sur le Sentier National d’Israël.

« Il y a des ordures partout », a écrit le touriste. « Le pire, c’est qu’ils n’enterrent pas leurs excréments ou leur papier toilette. Si vous trouvez un arbre et que vous voulez vous asseoir à l’ombre, il est probable que vous y trouverez du papier toilette. J’ai vu plus d’ordures en une journée que lors de tous mes autres voyages ».

La plupart des Israéliens pensent que le pays est sale

Le directeur général du ministère de la Protection environnementale, Guy Samet. (Capture d’écran)

Guy Samet, directeur général du ministère de la Protection de l’environnement, a déclaré que selon une enquête du ministère, la plupart des Israéliens pensaient que le pays était sale, les mégots de cigarettes, les boîtes et les sacs en plastique étant particulièrement problématiques.

La nouvelle ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel, a fait pression sur le ministère pour qu’il se concentre sur l’amélioration de la propreté du pays, a-t-il ajouté. Pendant des années, le ministère s’est efforcé de promouvoir le recyclage tout en laissant les questions de lutte contre les déchets sauvages et le dépôt d’ordures interdit à la police.

M. Samet a indiqué à la commission qu’il était important de fixer des normes de propreté pour les parcs et autres zones, d’évaluer les connaissances et les outils dont disposent les autorités locales, de leur donner les moyens de mieux appliquer les règles contre les contrevenants, de déterminer où des poubelles étaient nécessaires et quel type (pour le recyclage) et d’augmenter la signalisation.

Il a demandé à Shaul Goldstein, directeur de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA), d’expliquer un plan conjoint ministère/Autorité de la nature en cours d’élaboration pour une journée nationale de nettoyage massif qui sera financée à hauteur de 150 millions de shekels (38 millions d’euros) par le Fonds pour la préservation de la propreté du gouvernement, créé à partir de la redevance de mise en décharge et des recettes de la vente des sacs en plastique dans les supermarchés.

L’idée repose sur une vaste campagne au cours de laquelle 50 000 Estoniens ont nettoyé tout leur pays en cinq heures.

La « Campagne du million »

Les plans de la « Campagne du million » ont vu le ministère et l’INPA se tourner vers plusieurs entités avant que le coronavirus ne s’installe, a fait savoir M. Goldstein. « Nous avons contacté le ministère de l’Éducation, la loterie nationale, l’armée, l’organisme chargé des routes, l’association des industriels – et ils ont tous accepté de participer », a-t-il poursuivi. « Nous nous sommes penchés sur les relations publiques, sur l’endroit où les déchets seront acheminés après avoir été triés pour être recyclés. Nous devons examiner l’ensemble de la chaîne ».

Shaul Goldstein, le directeur de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs devant l’auditorium en plein air à Massada, le 19 mars 2019. (Crédit : Johanna Chisholm/Times of Israel)

Miki Haimovich a souligné que des campagnes locales de nettoyage avaient lieu tout le temps, mais que les zones étaient à nouveau sales peu après.

Elle est revenue à plusieurs reprises sur le sujet des inspecteurs et des amendes. « Les gens n’ont cessé d’utiliser leur téléphone portable au volant que lorsqu’ils ont compris que cela pouvait leur coûter cher », a-t-elle fait valoir.

Yuval Arbel de l’organisation Zalul, qui cherche à protéger les mers et les rivières du pays, a rappelé une expérience du ministère de la Protection de l’environnement réalisée en 2009 sur deux plages. Sur l’une d’entre elles, les inspecteurs ont expliqué aux visiteurs l’importance de garder l’endroit propre. Sur l’autre, ils ont installé des panneaux avertissant les contrevenants qu’ils se verraient infliger une amende de 750 shekels (190 euros). Cette dernière plage s’est révélée beaucoup plus propre.

Youval Arbel de l’organisation Zalul (Crédit : Facebook)

Yael Ilmer, de la Société pour la protection de la nature en Israël, a fait remarquer que la campagne en Estonie a été montée pour la première fois en 1995 et a dû être reproduite depuis.

« C’est un processus. Vous ne pouvez pas la considérer comme une campagne de relations publiques ou une campagne ponctuelle », a-t-elle expliqué. « Je n’y suis pas opposée. Mais vous ne pouvez pas y mettre tous vos espoirs. En Estonie, cela a signifié un long processus. Il faut coopérer avec le gouvernement. Le gouvernement doit le financer et comprendre qu’il s’agit [d’un engagement à long-terme]. C’est un premier pas ».

Elle a identifié trois domaines qui doivent être abordés : des poubelles adaptées qui ne laissent pas les déchets s’envoler et des collectes régulières ; la lutte contre les déchets sauvages et une campagne de sensibilisation du public avec un message unique et clair à l’échelle du pays.

Yuval Arbel de Zalul s’est interrogé sur la sagesse de dépenser des millions de shekels en un seul jour.

Il a souligné l’importance de réduire les déchets dès le départ, par exemple en étendant la loi sur la consigne des bouteilles, qui ne s’applique actuellement qu’aux petites bouteilles, pour y inclure les plus grandes. Depuis l’introduction de la taxe de 10 agorot (trois cents) sur les sacs en plastique dans les grands magasins, le pourcentage de déchets qu’ils constituent est passé de 26 % en 2016 à 15 % l’été dernier.

Yael Ackerman, responsable de l’environnement et de l’agriculture à la Fédération des autorités locales, a fait remarquer que ces dernières étaient responsables de 85 % des espaces ouverts du pays. Elle a estimé que le ministère de la Protection de l’environnement devrait mettre en place une unité d’application active, distincte des autorités locales, plutôt que de se contenter de fournir de l’argent pour « quelques inspecteurs supplémentaires ».

Eitan Atia, directeur du Forum des 15, représentant les autorités locales les plus fortes du pays, a déclaré que les inspecteurs des autorités locales traitaient de centaines de sujets différents et qu’il n’était « pas réaliste » de penser que l’ensemble des inspecteurs puisse se consacrer uniquement à la propreté.

Il a également noté que le Fonds pour la préservation de la propreté, auquel Guy Samet veut prélever 150 millions de shekels (en changeant la loi), a été créé pour mettre en place des installations de recyclage et devrait être utilisé pour promouvoir une plus grande séparation des déchets à la source. Une des clés de la réduction des déchets est de forcer l’industrie à produire moins d’emballages, a-t-il souligné.

Les responsables du ministère de l’Éducation ont déclaré que le ministère de la Protection de l’environnement finançait des programmes dans les écoles depuis des années, que deux millions d’enfants, dès la première année, apprenaient en fait la nécessité de rester propres et en ordre, et que la responsabilité de l’environnement leur était inculquée dès qu’ils rejoignaient le programme « Shelach » (Champ, Nation, Société) de visites sur le terrain et d’apprentissage de la terre au collège et au lycée.

Miki Haimovich n’a pas été impressionnée.

La députée de Kakhol lavan et présidente de la Commission de la Knesset des Affaires internes et de l’Environnement Miki Haimovich. (Crédit : Yanai Yechiel)

En résumant la session, la députée a fait savoir que la commission voulait qu’une partie des fonds destinés à l’Opération un million soit plutôt consacrée à une campagne « agressive » de sensibilisation du public, menée sur un certain laps de temps, sur le modèle de la campagne désormais presque mythique qui a empêché les Israéliens de cueillir des fleurs sauvages et d’une autre qui les a convaincus d’utiliser des ceintures de sécurité à l’arrière de la voiture, ainsi qu’à l’avant.

Elle a demandé au Forum des 15 de fournir des données sur l’application de la loi et sur le nombre d’amendes qu’il inflige pour les infractions à la législation sur les déchets, et a chargé les chercheurs de la commission de trouver des modèles de réussite à l’étranger.

Des sessions séparées seront programmées sur les inspecteurs et les amendes, ainsi que sur les améliorations infrastructurelles nécessaires pour nettoyer le pays.

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