Un journaliste affirme avoir été frappé par des haredim à Jérusalem
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Un journaliste affirme avoir été frappé par des haredim à Jérusalem

Shahar Glick a publié une vidéo montrant le début d'un rassemblement à Kyriat Belz ; il aurait été frappé, menacé et prévenu qu'il aurait pu être tué

Capture d'écran d'une vidéo filmée au début d'une célébration de masse de Souccot dans le quartier de Kiryat Belz à Jérusalem, le 7 octobre 2020 ; le journaliste qui l'a filmée a déposé une plainte à la police, disant avoir été agressé par des participants. (Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo filmée au début d'une célébration de masse de Souccot dans le quartier de Kiryat Belz à Jérusalem, le 7 octobre 2020 ; le journaliste qui l'a filmée a déposé une plainte à la police, disant avoir été agressé par des participants. (Twitter)

Un journaliste a déclaré avoir été agressé physiquement et menacé par un groupe d’hommes ultra-orthodoxes alors qu’il faisait un reportage sur le début d’une célébration de masse apparemment illégale à Jérusalem.

Shahar Glick, journaliste affecté aux affaires religieuses de la radio de l’armée, a déclaré à la station qu’il avait été agressé mercredi soir dans le quartier de Kiryat Belz, où il devait faire un reportage sur une célébration interdite par les règles nationales du confinement dû au coronavirus. Il a déclaré avoir déposé une plainte auprès de la police.

Glick a tweeté une vidéo montrant quelques dizaines de personnes se rassembler pour une célébration de ce qui semblait être “Simhat Beit Hashoeva”, une tradition annuelle de la fête de Souccot, qui a commencé vendredi dernier.

Shahar Glick, journaliste à la radio de l’armée (Twitter)

Il a été repéré dans la rue par l’un des participants, qui a appelé un groupe de gens. Les hommes l’ont entouré et frappé, lui causant des blessures à la tête, au cou et aux jambes. Glick a déclaré que l’homme qui l’avait repéré savait qu’il était journaliste et connaissait son nom.

Cet homme lui a pris son téléphone portable et ne le lui a rendu qu’après lui avoir fait promettre de ne plus couvrir l’événement.

Glick a affirmé avoir été emmené dans une ruelle par cet homme, qui l’a interrogé, a photographié sa carte de presse et sa carte d’identité, et lui a dit qu’il risquait sa vie en faisant des reportages sur la communauté, que ceux qui l’ont attaqué auraient pu le tuer, et que de mauvaises choses arrivaient à ceux qui “fourraient leur nez” dans les affaires des autres.

Pendant ce temps, un autre journaliste de la radio de l’armée, Yuval Segev, a posté mercredi soir sur son compte Twitter des images d’un rassemblement de masse différent, de la communauté hassidique Toldos Aharon, dans le quartier central de Mea Shearim de la ville, et a rapporté que des échauffourées ont éclaté alors que des personnes non invitées tentaient d’entrer.

Segev a rapporté que la police ne se trouvait pas dans la zone de l’événement, qui, selon des témoins oculaires, a réuni 2 000 personnes.

Il a également indiqué qu’un grand nombre des participants ne portaient pas de masque, comme l’exigent les règles du ministère de la Santé depuis l’apparition du coronavirus.

La police est finalement arrivée au moment où l’événement se terminait, a-t-il rapporté, et les officiers en mouvement ont été bombardés de pierres.

Mardi, Haaretz a cité des sources de la communauté ultra-orthodoxe de Jérusalem affirmant qu’un accord aurait été conclu entre la police et certaines sectes hassidiques extrêmes – dont Toldos Aharon – en vertu duquel il n’y aurait pas de mesures entravant leurs célébrations de masse pendant Souccot tant que les organisateurs resteraient discrets et qu’aucune image vidéo des événements ne serait publiée.

La police a nié cette information.

Dimanche dernier, des journalistes de la Treizième chaîne ont été agressés près du quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, où plusieurs émeutiers ont brisé les vitres de leur véhicule.

Le journaliste Yossi Eli et un cameraman ont été forcés de fuir la zone après l’attaque près de Kikar HaShabbat. Les émeutiers ont également attaqué les policiers, cherchant à les chasser, selon la Treizième chaîne.

Les critiques à l’encontre de la communauté ultra-orthodoxe se sont renforcées ces derniers jours, avec une multiplication de vidéos montrant un refus continu en son sein de se conformer aux règles de confinement, alors que le reste du pays voit ses libertés fortement réduites.

Affrontement entre la police et des Juifs ultra-orthodoxes lors d’une manifestation contre l’application des règlements d’urgence dus au coronavirus, dans le quartier de Mea Shearim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020. Nati Shohat/Flash90)

Les critiques ont également accusé la police d’être réticente à sévir contre les ultra-orthodoxes, tandis que d’autres ont accusé les officiers de faire un usage excessif de la force contre les manifestants et les militants anti-gouvernementaux qui organisent régulièrement des rassemblements.

Les officiers qui tentent de faire appliquer les règlements du confinement ont rencontré une résistance farouche dans certaines communautés ultra-orthodoxes. Deux douzaines de personnes ont été arrêtées dans l’implantation ultra-orthodoxe de Modiin Illit et Jérusalem, dans la nuit de mardi à mercredi, et plusieurs personnes ont été blessées, dont quatre officiers.

Les ultra-orthodoxes ont vu les taux d’infection du coronavirus monter en flèche, une évaluation réalisée la semaine dernière ayant révélé que le taux d’infection dans la communauté était 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale. La spirale des infections dans tout le pays a provoqué le confinement actuel, le deuxième cette année. Alors qu’il avait été initialement prévu de le lever à la fin des fêtes de Souccot, les autorités ont déclaré qu’il faudrait attendre au moins une semaine supplémentaire avant de voir tout assouplissement des restrictions.

Alors que divers groupes ultra-orthodoxes respectent les règles concernant le confinement et le port du masque, nombre d’autres ont continué à essayer d’organiser de larges rassemblements, défiant ainsi les efforts de la police.

La plupart des affrontements avec la police ces derniers jours ont été attribués à des groupes marginaux anti-sionistes.

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