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Un médicament israélien permettrait de réduire de 93 % le COVID chez les hamsters

Des tests sur l'homme sont prévus pour 2023 ; Isaiah Arkin affirme qu'il pourrait également fonctionner sur d'autres virus, comme la grippe, le Nil occidental ou l'hépatite B

Image d'illustration : Un professionnel de  santé portant un équipement de protection fait une courte pause, dans le service coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek, à Jérusalem, mardi 31 août 2021. (Crédit: AP Photo/Maya Alleruzzo)
Image d'illustration : Un professionnel de santé portant un équipement de protection fait une courte pause, dans le service coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek, à Jérusalem, mardi 31 août 2021. (Crédit: AP Photo/Maya Alleruzzo)

Des scientifiques israéliens affirment que leur nouveau candidat-médicament contre le COVID est « très prometteur », après avoir constaté qu’il réduit de 93 % le nombre de virus chez les hamsters.

Le médicament agit en sabotant les tentatives du virus de créer un environnement favorable à sa prolifération, et s’appuie sur deux décennies de recherche à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Isaiah Arkin, professeur de chimie biologique, a déclaré que l’approche utilisée par son équipe présente un potentiel pour les nouveaux variants du coronavirus, ainsi que pour un large éventail d’autres virus que le COVID-19, notamment la grippe, le Zika, le Nil occidental et l’hépatite B.

Dans une interview accordée au Times of Israel, il a parlé d’une nouvelle expérience visant à évaluer le potentiel du candidat-médicament, dont le nom n’a pas encore été dévoilé.

« Nous avons infecté des hamsters, qui sont très efficaces pour tester les réactions au COVID-19, avec le virus. Nous avons administré à huit d’entre eux notre candidat-médicament par voie orale et à huit autres, un placebo. Après quatre jours, nous avons « sacrifié » les animaux et mesuré la quantité de virus présente dans leurs poumons. »

« Nous avons comparé le nombre de virus de ceux à qui l’on avait administré le médicament à ceux qui avaient reçu le placebo, et nous avons constaté qu’il était inférieur de 93 %, ce qui est un résultat très impressionnant et très prometteur. Ce que nous faisons maintenant, c’est optimiser le composé et lever des fonds pour achever les études précliniques chez l’homme », a déclaré Arkin.

« En même temps, nous cherchons à utiliser notre approche sur d’autres virus, et nous faisons notamment des progrès avec le virus de la grippe. »

Image d’illustration : Le personnel hospitalier dans le service du coronavirus de l’hôpital Ziv dans la ville de Safed, au nord d’Israël, le 22 septembre 2021. (Crédit: David Cohen/Flash90)

La recherche sur les hamsters a été menée récemment par une équipe d’évaluation de la société de recherche pharmaceutique Evotec, et non par le laboratoire d’Arkin. Elle n’a pas encore été évaluée par des pairs – bien que les principes généraux de son approche aient été couverts dans divers articles de journaux évalués par des pairs. Isaiah Arkin a déclaré qu’il espérait commencer les essais sur l’homme pour le coronavirus d’ici un an.

Isaiah Arkin, professeur de chimie biologique à l’Université hébraïque (Crédit: avec l’aimable autorisation de l’Université hébraïque)

Au fil des ans, l’équipe d’Isaiah Arkin a contribué à une meilleure compréhension de l’importance pour les virus de réguler leurs niveaux d’acidité et de salinité, ainsi que ceux de leur environnement dans le corps de leur hôte.

« Étant donné que cette régulation est importante pour le virus, l’idée est que si l’on empêche la création de cet environnement optimal, on inhibe le virus », explique-t-il. « L’intérêt était limité d’un point de vue pratique, mais lorsque la pandémie a commencé, les virus ont soudainement suscité un grand intérêt. »

À ce moment-là, il a créé une start-up, ViroBlock, avec l’aide de Yissum, la société de transfert de technologie de l’Université hébraïque.

« Nous avons rapidement décidé de miser sur notre compréhension et de produire des molécules qui inhibent la capacité du virus à réguler son acidité et sa salinité et celles de son environnement, ce qui a donné naissance au candidat-médicament actuel », a déclaré Arkin, aujourd’hui PDG de ViroBlock.

« Notre approche nous permet d’identifier rapidement les cibles d’une nouvelle menace (ou variant viral), de développer des inhibiteurs contre celle-ci et de déterminer le potentiel de résistance du virus contre le nouveau médicament, le tout à un rythme sans précédent », a-t-il ajouté.

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