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Un opéra de plage, l’œil manquant de Dayan et des souvenirs VHS au festival d’Israël

La 60e édition du festival annuel de Jérusalem vise à abolir la distance entre artistes et public

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

« Sun & Sea », l’opéra sur la plage qui explore le changement climatique, lauréat de la Biennale de Venise 2019, sera présenté au 60e Festival d’Israël, du 15 au 19 septembre 2022 (Courtoisie : The Artists)
« Sun & Sea », l’opéra sur la plage qui explore le changement climatique, lauréat de la Biennale de Venise 2019, sera présenté au 60e Festival d’Israël, du 15 au 19 septembre 2022 (Courtoisie : The Artists)

C’est la 60e édition de l’emblématique Festival d’Israël, à Jérusalem, et comme il sied à un événement aussi marquant, la célébration de cette année aura un aspect, un son et une apparence différents des éditions précédentes.

Pour commencer, il aura lieu en septembre, et non en juin, pendant 10 jours – du 15 au 22 septembre – au lieu des trois semaines habituelles.

Plutôt que de multiplier les scènes dans la ville, presque toutes les représentations auront lieu dans les environs du théâtre de Jérusalem, lieu historique des tout premiers festivals israéliens. Cela convient à un événement qui a établi la norme pour tous les événements culturels israéliens, assure Itay Mautner, nouveau co-directeur artistique du festival.

« L’influence majeure de toute mon enfance à Jérusalem est le Théâtre de Jérusalem et le Festival d’Israël », confie Mautner, qui dirigeait auparavant le Festival Mekudeshet. Son co-directeur, Michal Vaknin, a également travaillé à cet événement basé à Jérusalem. « C’est un endroit incroyable, une partie du patrimoine qui n’a pas beaucoup changé. La culture, en revanche, a changé, et le festival se doit de poser et répondre à beaucoup plus de questions. »

Cette année, le festival privilégie les performances créatrices, plutôt que les expositions, expliquent Mautner et Vaknin, confortés par les propos du directeur général, Eyal Sher.

« Nous souhaitons abolir la distance entre le public et les artistes, nous voulons semer les graines du changement », annonce Mautner.

Itay Mautner (à gauche) et Michal Vaknin, codirecteurs artistiques du Festival d’Israël de Jérusalem, qui aura lieu du 15 au 22 septembre 2022. (Autorisation de Yair Meyuhas)

Ce changement commencera avec l’une des performances phares du festival, « Sun & Sea », opéra en bord de mer qui examine le changement climatique, lauréat du Lion d’or à la Biennale de Venise 2019, créé par les artistes lituaniens Rugilė Barzdžiukaitė, Vaiva Grainytė et Lina Lapelytė.

L’œuvre a été jouée dans le monde entier ; à Jérusalem, il sera recréé sur la scène du théâtre Sherover, plus grand auditorium du théâtre de Jérusalem, avec un décor fait de véritable sable, de serviettes, de baigneurs, de jouets et d’accessoires de plage dispersés sur la scène. Le public sera debout et assistera à l’opéra depuis des passerelles de quatre mètres de haut construites au-dessus de la scène.

« C’est un énorme travail de recréer cela sur la scène Sherover. Nous avons dans un premier temps cherché dans toute la ville un autre endroit pour le faire », confie Mautner.

La première de « Sun & Sea » s’étendra sur cinq jours. L’entrée se fera toutes les 30 minutes pendant les trois heures de l’événement, gratuitement – grâce au parrainage de la Wendy Fisher & the Kirsh Foundation – et sur inscription préalable.

Dans « VHS – Blast from the Past », les interprètes Renana Raz et Nitzan Cohen ont demandé à des artistes de se plonger dans les archives vidéo de leur famille et d’interpréter ce qu’ils y ont trouvé.

« C’est une idée simple mais profonde », explique Mautner.

Il y a aussi le « Temple de l’Œil », inspiré du sanctuaire créé il y a longtemps pour l’œil manquant du général israélien Moshe Dayan. Cette performance et exposition de Gon Ben Ari et Oren Fischer révèle des œuvres d’art liées à ce lieu de culte secret, établi dans le sud d’Israël dans les années 1970 par Shmuel Fischer. L’identité des noms n’est en rien une coïncidence : Oren, petit-fils de Shmuel, dévoile des toiles de grande taille peintes par son grand-père tandis que Ben Ari, descendant de la famille Dayan, interprète des chansons également inspirées du sanctuaire et de sa propre vie.

Dans « Affordable Solutions for Better Living », l’artiste visuel Thèo Mercier et le danseur Steven Michel questionnent le concept de bonheur en tant que produit. La chorégraphie de Michel le met en scène avec un modèle de bibliothèque Ikea bien connu de tous, qu’il tente d’assembler avec la promesse d’une belle vie.

« Affordable Solutions for Better Living » sera présenté du 15 au 16 septembre 2022 au 60e Festival d’Israël. (Autorisation : Israel Festival)

Le public devient l’interprète de « A Thousand Ways », rencontre créée par la compagnie 600 Highwaymen, dans laquelle le public s’ouvre à des rencontres éphémères avec des inconnus à travers un appel téléphonique, une rencontre en tête-à-tête sur scène, et enfin une rencontre entre 16 personnes.

« Hillula », célébration de Jérusalem, Marrakech (au Maroc) et Netivot, utilise des concepts plus familiers avec ce triptyque servi par les interprètes Neta Elkayam et Amit Hai Cohen. Tous deux ont invité plus d’une dizaine d’artistes à se joindre à une nuit de chant, danse, cinéma, art, paroles…

L’entrée sera gratuite pour « Let Water Flow », événement musical et dansé avec le groupe de surf-rock Boom Pam, la compagnie de danse japonaise Mitobi Shishi Odori, le musicien japonais YokiHoko Yutsakura et la chanteuse Amy Shirsaki.

Boom Pam a créé un mini-album en collaboration avec des artistes japonais traditionnels pendant la pandémie, inspiré du lien établi il y a plus de dix ans, à l’occasion du tremblement de terre dans l’est du Japon qui a amené des unités de sauvetage israéliennes dans la région.

Les membres de Balkan Beat Box se produiront lors de Night Train from Izmir, événement de clôture, le 22 septembre 2022, du 60e Festival d’Israël à Jérusalem. (Autorisation : Sasha Prilotzky)

L’un des derniers événements du festival sera « Train de nuit pour Izmir », célébration musicale turco-israélienne qui se tiendra à l’extérieur, dans le parc de l’Indépendance, avec des collaborations musicales nées des liens entre Ankara et Jérusalem, Izmir et Tel Aviv, Istanbul et Sderot.

Les musiciens Berry Sakharof, Dudu Tassa, Balkan Beat Box et Red Axes ainsi que les musiciens turcs Kalben, JANSET et Murat Ertel seront de la fête.

Pour plus d’informations et pour l’achat des billets aux différents événements du Festival d’Israël, rendez-vous sur le site Web du Festival d’Israël.

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