Un photographe de Tel Aviv gagne un prix avec les instants de la vie quotidienne
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Un photographe de Tel Aviv gagne un prix avec les instants de la vie quotidienne

Les photographies de Daniel Tsal sont des instantanés de vie urbaine, inspirés de son expérience de dessinateur

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

  • "Tal au travail", par Daniel Tsal (Avec l'aimable autorisation de Daniel Tsal)
    "Tal au travail", par Daniel Tsal (Avec l'aimable autorisation de Daniel Tsal)
  • Photo sans nom de Daniel Tsal (Avec l'aimable autorisation de Daniel Tsal)
    Photo sans nom de Daniel Tsal (Avec l'aimable autorisation de Daniel Tsal)
  • Attiré par les thèmes urbains et les instantanés, même cette photo, prise dans un parc public, est une sorte d'imagerie urbaine, explique Tsal (Avec l'aimable autorisation de Daniel Tsal).
    Attiré par les thèmes urbains et les instantanés, même cette photo, prise dans un parc public, est une sorte d'imagerie urbaine, explique Tsal (Avec l'aimable autorisation de Daniel Tsal).

Le photographe Daniel Tsal ne prend jamais de photos lorsqu’il marche dans la rue, même avec son smartphone.

Le photographe, lauréat cette année du « Lauren and Mitchell Presser Photography Award for a Young Israeli Artist », qui comprend une bourse de 5 000 dollars et une exposition personnelle au musée d’art de Tel Aviv, considère la photographie comme une forme de dessin, son premier médium artistique, et ce qu’il a étudié à Bezalel en tant qu’élève.

C’est au cours de sa dernière année au département des Beaux-Arts de l’Académie des Arts et du Design de Bezalel que Tsal s’est tourné vers la photographie pour son projet final, à la recherche du réalisme que la photographie pouvait si facilement offrir.

« J’aime vraiment dessiner, tout le temps », raconte Tsal. « Mais la photographie a lentement pris le dessus, je dessine avec mes photos. »

« Ella descend les escaliers » de Daniel Tsal, une composition urbaine prise par le photographe de Tel Aviv. (Avec l’aimable autorisation de Daniel Tsal)

C’est ce qu’il fait.

Le jury du concours a indiqué que Tsal parvient à faire ressortir la « dramaturgie discrète » contenue dans les « activités ordinaires », incitant les spectateurs à s’arrêter et à contempler une « vaste palette émotionnelle ».

Il ne s’agit pas d’images saisies sur le vif ou dans l’environnement de Tsal, mais plutôt de moments mis en scène par Tsal, soigneusement planifiés, construits et définis.

« C’est la seule chose qui m’intéresse », a déclaré Tsal, qui utilise un appareil photo Hasselblad moyen format.

Daniel Tsal, un photographe qui s’est dirigé vers cette technique à partir du dessin, mais qui cherche toujours cet effet dans ses photos. (Avec l’aimable autorisation de Daniel Tsal)

Tsal, 33 ans, a exposé seul ou collectivement dans des galeries en Israël et à l’étranger. Il choisit ses sujets avec soin, en utilisant des modèles qui ne sont pas nécessairement ses propres amis, mais issus de son réseau plus large, parfois les frères et sœurs de ses amis ou encore des connaissances qui font partie de ses deuxième et troisième cercles.

Les œuvres sont souvent de nature urbaine, une ambiance et un lieu qui sont familiers à Tsal, qui a grandi à Tel Aviv et vit toujours dans la ville, et qui se rend fréquemment à Berlin. Ses modèles expriment également cette énergie urbaine.

« Je suis un homme de la ville », dit-il. « Je me sens très proche de l’expérience urbaine, mais il y a quelque chose chez mes modèles, qui sont plus jeunes que moi. J’ai l’impression qu’ils appartiennent à une autre génération ; j’ai grandi sans smartphones ou téléphones cellulaires, et je sens la différence avec eux, et cela procure une certaine distance ».

« Valery épluchant un œuf » de Daniel Tsal est une composition sur les blancs. (Avec l’aimable autorisation de Daniel Tsal)

L’ambiance urbaine apparaît dans la sélection du jury, comme « Valery épluchant un œuf », un travail sur les blancs, avec Valery et son tee-shirt blanc, son œuf blanc, le mur blanc ; ou « Ella descend les escaliers » d’un immeuble de Tel Aviv, dans lequel une jeune femme descend un escalier, vérifiant son collier, se préparant à sortir dans la rue.

« Ce ne sont quasiment jamais des séries, jamais des projets », explique Tsal.

« J’aime les liens qui ne sont pas clairs, les photos qui ne sont pas des narrations. Je n’essaie pas de transmettre un message ou une histoire ou d’expliquer quelque chose. Il s’agit simplement d’un mouvement du corps ou de quelque chose qui se passe ».

Tsal prend soin de donner un nom aux photos afin de faire ressortir leur nature propre, en montrant les petits gestes et mouvements minutieux qui se déroulent à un moment donné. Il veut que leur identification soit plus personnalisée et plus précise, afin d’attirer l’attention du spectateur sur ce qui se passe réellement dans la photo.

« Darius coud », une des œuvres de Daniel Tsal qui lui a valu le prix de photographie pour un jeune artiste israélien. (Avec l’aimable autorisation de Daniel Tsal)

« C’est ce qui m’intéresse, concevoir, construire et décider », précise-t-il. « On peut contrôler ce qui se passe autant que possible et ça se rapproche du dessin. »

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