Un policier israélien filmé le genou appuyé sur le cou d’un manifestant
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Un policier israélien filmé le genou appuyé sur le cou d’un manifestant

La séquence aurait été filmée lors d'une manifestation anti-Netanyahu ; la police affirme que l'agent a employé une méthode qui n'est habituellement pas utilisée

Un officier de police israélien met son genou sur le coup d'un manifestant pour procéder à son arrestation lors d'une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, devant sa résidence à Jérusalem, le 22 juillet 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)
Un officier de police israélien met son genou sur le coup d'un manifestant pour procéder à son arrestation lors d'une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, devant sa résidence à Jérusalem, le 22 juillet 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

Un agent de police a été filmé et photographié le genou appuyé sur le cou d’un manifestant lors d’un mouvement de protestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de la résidence officielle du Premier ministre, à Jérusalem, mardi soir.

Interrogé le lendemain par le quotidien Haaretz, l’homme, qui s’appellerait Or Yerushalmi et qui est âgé de 28 ans, a indiqué que « si le policier avait appuyé plus fort, je n’aurais pas pu respirer ».

Yerushalmi a indiqué qu’il avait été agressé après avoir tenté d’empêcher un agent de donner un coup de poing à une femme d’âge mûr qui se trouvait à côté de lui.

« J’ai essayé de l’arrêter et de retenir sa main mais lui et un autre agent m’ont poussé au sol. A ce moment-là, deux ou trois policiers – je ne peux pas dire véritablement combien ils étaient – m’ont attrapé. L’un m’a tenu au sol et l’autre a posé son pied contre ma nuque. Cela a duré quelques secondes, ça a fait mal mais je n’ai pas suffoqué », a-t-il continué.

« Nous ne sommes pas violents. Ils ont attrapé des gens au hasard et ils ont décidé de les arrêter », a-t-il poursuivi.

La police a rejeté, dans un communiqué, les critiques sur l’usage de la force par les agents, affirmant que les images ne présentaient qu’une « image partielle de seulement quelques secondes… Elles ne comprennent pas les graves violences qui ont pris pour cible les agents de police et qui ont précédé ».

« Au cours d’un mouvement de protestation qui s’est transformé en émeute violente, avec des troubles à l’ordre public, un agent de police a tenté de placer en détention un manifestant et un certain nombre de manifestants se sont jetés sur lui et l’ont frappé – c’était le cas de l’homme qui apparaît dans les images, qui a brandi une barre de fer, qui s’est avérée être un siège de vélo vers le policier, qu’il a même tenté de frapper ».

« Nous prenons très au sérieux les violences commises à l’encontre des agents de police et nous ne permettrons à personne de blesser un agent de la police israélienne ou de la police des frontières », a-t-il ajouté.

Toutefois, la police n’a pas démenti que l’agent avait bien utilisé son genou pour étouffer le manifestant. Le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, avait, il y a seulement un mois, affirmé avec force que la police n’avait pas recours à cette méthode.

« Il n’y a pas de procédure permettant à un agent du département de la police israélienne de procéder à une arrestation en appuyant le genou sur la nuque d’un suspect », avait écrit Rosenfeld sur Twitter le mois dernier, une référence apparente à la mort de George Floyd qui se trouvait entre les mains de la police de Minneapolis. Ce meurtre avait entraîné des manifestations anti-racistes aux Etats-Unis, au sein de l’Etat juif et dans le monde entier.

Le tout premier diplomate bédouin en Israël, Ishmael Khaldi, s’était récemment plaint d’avoir fait l’objet de la même méthode controversée, quelques semaines après la déclaration de Rosenfeld, lorsqu’il avait été violenté par des gardiens de la sécurité à un dépôt de bus à Jérusalem.

Yerushalmi a participé mardi soir à Jérusalem aux côtés de milliers de manifestants à un rassemblement contre Netanyahu et ses politiques gouvernementales.

Ce mouvement de protestation avait été organisé par plusieurs groupes: des propriétaires de restaurants furieux des fermetures répétées qui leur ont été imposées ces derniers mois ; des auto-entrepreneurs israéliens qui estiment que le soutien du gouvernement est inefficace et par des protestataires anti-corruption réclamant la démission de Netanyahu, regroupés au sein du mouvement du « drapeau noir ». Des douzaines de personnes ont également demandé justice pour un jeune Palestinien autiste originaire de Jérusalem-Est, Iyad Halak, tué par la police au mois de mai au cours d’une fusillade.

Sur les images, un policier s’approche d’un manifestant qui brandit un panneau sur lequel est écrit « Justice pour Iyad », désapprouvant apparemment le message. L’agent ordonne au protestataire de venir avec lui mais, face au refus de ce dernier – qui demande au policier de justifier cet ordre – le manifestant est alors emmené par plusieurs membres des forces de l’ordre. Il a été placé en détention pendant plusieurs heures.

Après des manifestations largement pacifiques qui ont été organisées aux abords de la résidence du Premier ministre, pendant lesquelles les participants se sont rendus à la Knesset avoisinante avant de revenir sur leurs pas, la police a commencé à disperser par la force les personnes qui se tenaient sur la place de Paris, aux abords de la résidence, à environ une heure du matin.

Trente-quatre personnes ont été arrêtées quand les affrontements ont commencé mais elles ont toutes été libérées à condition de ne plus s’approcher de la résidence de Netanyahu. Quatre autres manifestants ont été arrêtés, dans la matinée de mercredi, alors qu’ils tentaient de bloquer les routes, près de la Knesset, en compagnie de douzaines d’autres protestataires.

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