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Un tribunal suspend le transport de crocodiles vers les douves d’une prison

Suite à un recours déposé par une association de protection des animaux contre le projet d'entourer la prison de Ketziot de crocodiles du Nil, le tribunal de Jérusalem a accordé un délai à l'État jusqu'à mercredi pour répondre

Des crocodiles au zoo biblique de Jérusalem, le 18 août 2024. (Crédit : Porte-parole de la police)
Des crocodiles au zoo biblique de Jérusalem, le 18 août 2024. (Crédit : Porte-parole de la police)

Le tribunal de Jérusalem a rendu dimanche une injonction provisoire gelant le transfert de crocodiles vers la prison de Ketziot, reportant ainsi le projet du ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir d’installer ces dangereux reptiles dans les douves qui entourent l’établissement.

Cette décision fait suite à un recours déposé par l’association de protection des animaux Let the Animals Live, qui demandait la reclassification des crocodiles dans la catégorie des espèces protégées. L’association a fait valoir que la ministre de l’Environnement, Idit Silman, avait ignoré les avis professionnels des conseillers juridiques et de l’Autorité de la nature et des parcs, et que le gouvernement n’avait pas le pouvoir de mettre en œuvre ce projet.

Le mois dernier, Silman avait reclassé le crocodile du Nil, le faisant passer du statut d’espèce protégée à celui d’animal sauvage « d’élevage », ouvrant ainsi la voie à leur introduction dans les douves qui sont déjà en cours de construction autour de la prison de Ketziot, dans le nord d’Israël.

Dans la décision qu’il a rendue dimanche, le juge Avraham Rubin a écrit que « les allégations concernant le préjudice attendu pour les crocodiles méritent d’être examinées ». Elles justifient « la délivrance d’une ordonnance interdisant le transfert, ou toute action liée à la préparation des crocodiles en vue de leur transfert ».

Aux termes de la décision de Rubin, aucun crocodile ne doit être transféré vers cet établissement tant qu’une décision judiciaire définitive n’aura pas été rendue sur cette affaire. Il a donné à Silman, à Ben Gvir et à l’administration pénitentiaire israélienne jusqu’à mercredi pour répondre au recours.

La décision, contestable sur le plan juridique, de reclasser les crocodiles afin de permettre leur introduction dans les prisons a été prise malgré les protestations de longue date de l’Autorité de la nature et des parcs et d’autres organisations de protection de la nature, qui affirment que cela mettrait en danger les animaux, l’environnement, les détenus et le personnel pénitentiaire.

La ministre de la Protection de l’environnement, Idit Silman, lors d’ne réunion de la commission des affaires intérieures et de l’environnement à la Knesset, le 3 juin 2025. (Yonatan Sindel/Flash90)

« L’Autorité de la nature et des parcs n’a trouvé nulle part dans le monde de fondement professionnel ou scientifique justifiant l’introduction de crocodiles dans un établissement pénitentiaire à des fins de sécurité », a noté l’agence dans un communiqué qui était adressé au Times of Israel.

« L’introduction d’un prédateur de grande taille, à longue durée de vie et non indigène dans l’écosystème pourrait créer des risques nombreux et variés tant pour l’environnement naturel d’Israël que pour la population », a-t-elle ajouté.

Le cabinet de Ben Gvir a pour sa part confirmé que les travaux d’excavation des douves étaient en cours : « Ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un coup de pub se sont trompés. »

« L’administration pénitentiaire est enfin prête. Le plan est établi dans les moindres détails, depuis l’entretien et les soins apportés aux crocodiles jusqu’à leurs cellules de repos », a ajouté le bureau du ministre d’extrême droite.

De hauts responsables pénitentiaires visitant la ferme aux crocodiles de Hamat Gader, dans le nord d’Israël, en janvier 2026. (Crédit : Réseaux sociaux)

Selon ce communiqué, le ministère de la Sécurité nationale a alloué un budget de 21 millions de NIS à la construction de ces douves.

Le projet de Ben Gvir semble s’inspirer de la prison dite « Alligator Alcatraz », que la Maison Blanche a ouvert en juillet au sud de la Floride dans une zone infestée d’alligators des Everglades, afin d’y incarcérer des migrants.

Ce centre a fait l’objet de plaintes concernant les mauvaises conditions de détention et de poursuites judiciaires de la part de groupes écologistes et autochtones.

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