« Mes instincts israéliens ont bondi », affirme l’ado poignardée dans l’attaque de Londres
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« Mes instincts israéliens ont bondi », affirme l’ado poignardée dans l’attaque de Londres

Yovel Levkovski fait partie des 5 blessés dans l’attaque au couteau qui a tué une américaine ; elle déclare ne pas avoir peur en Israël et ne voit aucune raison de se sentir effrayée au Royaume-Uni

Yovel Levkovski, 18 ans,  a été légèrement blessée dans une attaque au couteau à Londres, mercredi 3 août 2016 (Crédit : Yuval Levkovski)
Yovel Levkovski, 18 ans, a été légèrement blessée dans une attaque au couteau à Londres, mercredi 3 août 2016 (Crédit : Yuval Levkovski)

Une adolescente israélienne qui a été blessée dans une attaque au couteau à Londres mercredi soir a déclaré que ses « instincts israéliens avaient bondi » alors que se déroulait l’incident.

Yovel Levkovski, 18 ans, fait partie des cinq personnes qui ont été blessées dans l’attaque au couteau à Russell Square à Londres, au cours de laquelle une femme américaine a été tuée. Des ressortissants britanniques, américains et australiens sont également parmi les blessés, et aucun n’a subi des blessures mortelles.

La police britannique a déclaré que l’auteur de l’attaque, un Norvégien musulman d’origine somalienne, âgé de 19 ans, avait agi de manière « spontanée » et sélectionné ses victimes « au hasard ».

La police a déclaré qu’elle n’avait trouvé aucun signe de radicalisation et qu’elle soupçonnait que « cet incident tragique [avait été] déclenché par des problèmes de santé mentale », selon le commissaire adjoint de la police métropolitaine Mark Rowley. Le maire de Londres Sadiq Khan a également déclaré qu’ « il n’y a aucune preuve » que l’attaquant ait été motivé par le terrorisme.

Ce constat ressort de l’audition du suspect et de sa famille ainsi que de perquisitions, a-t-il ajouté.

Levkovski a expliqué qu’elle était à Londres en vacances avec son grand-père, un voyage qu’ils avaient décidé d’effectuer avant qu’elle ne parte pour son service dans l’armée israélienne, la semaine prochaine.

Elle se souvient qu’elle était en train de marcher avec son grand-père pour rentrer à leur hôtel place Russell après avoir dîner, quand elle a soudainement entendu crier.

« Je l’ai entendu et mes instincts israéliens ont commencé à bondir », a-t-elle déclaré à la radio militaire, se souvenant qu’il n’y avait pas beaucoup de gens autour quand elle a soudainement vu deux hommes courir vers eux.

« Je me doutais que c’était une attaque terroriste et que les deux essayaient d’échapper », a-t-elle dit. « Je suis allée vers l’un d’eux pour l’aider et j’ai ressenti une douleur dans mon bras ».

La scène d'une attaque au couteau place Russel, à Londres, le 4 août 2016. Une femme a été tuée et cinq personnes blessées. La police pense que l'attaque est criminelle, et non pas terroriste. (Crédit : AFP/Justin Tallis)
La scène d’une attaque au couteau place Russel, à Londres, le 4 août 2016. Une femme a été tuée et cinq personnes blessées. La police pense que l’attaque est criminelle, et non pas terroriste. (Crédit : AFP/Justin Tallis)

Levkovski a déclaré que l’homme qu’elle a essayé d’aider s’est avéré être l’attaquant et que le deuxième homme essayait en fait de l’attraper.

Elle s’est également rappelé avoir vu une femme et un homme couverts de sang quand elle a réalisé soudain qu’elle saignait également. La femme a succombé à ses blessures.

L’adolescente israélienne a subi des blessures mineures et a pu sortir de l’hôpital peu de temps après avoir été soignée.

Levkovski a affirmé qu’elle et son grand-père continueraient leur voyage, en dépit de l’attaque. « Nous voulons aller voir un spectacle et faire autant [de choses] que possible. Je n’ai pas peur en Israël, donc il n’y a aucune raison pour moi de commencer à avoir peur à Londres ».

Les agents ont utilisé un pistolet paralysant pour maîtriser le suspect, qui a été arrêté sur des soupçons d’assassinat.

Le chef de Scotland Yard, Bernard Hogan-Howe, avait mis en garde dimanche contre le fait que le Royaume-Uni n’était pas immunisé contre les attentats.

« Je sais que vous aimeriez que je vous rassure. Mais je crains de ne pouvoir le faire entièrement », avait-il dit. « Notre niveau de menace est à ‘grave’ depuis deux ans. Il va le rester. Cela signifie qu’une attaque est fortement probable. On peut dire qu’il s’agit de savoir quand, pas si » elle aura lieu, avait-il ajouté.

La police a placé davantage d’agents dans les rues de Londres après l’incident, à la lumière des attaques inspirées par le groupe Etat islamique en Europe.

Le niveau de menace terroriste avait été porté à 4 sur une échelle de 5 en août 2014 au Royaume-Uni, signifiant qu’un attentat est considéré « hautement probable ».

La police londonienne avait annoncé mercredi, avant l’attaque au couteau, le déploiement de 600 policiers armés supplémentaires à Londres.

En décembre, à la suite des attentats de Paris et Saint-Denis du mois précédent, ces renforts avaient été décidés, portant le chiffre de policiers armés à 2 800 dans la capitale britannique.

La scène d'une attaque au couteau place Russel, à Londres, le 4 août 2016. Une femme a été tuée et cinq personnes blessées. La police pense que l'attaque est criminelle, et non pas terroriste. (Crédit : Twitter)
La scène d’une attaque au couteau place Russel, à Londres, le 4 août 2016. Une femme a été tuée et cinq personnes blessées. La police pense que l’attaque est criminelle, et non pas terroriste. (Crédit : Twitter)

« J’étais en train d’acheter une bière quand j’ai entendu une femme crier qui courait après un homme. Je pensais que c’était un vol de sac à main », a raconté dans la nuit à l’AFP Xavery Richert, un touriste français de 22 ans. « Je suis ressorti fumer une cigarette […] il y avait les pompiers, la police et ensuite j’ai vu le corps sous un drap, on ne voyait que les pieds qui dépassaient ».

Constantine Somerville, un riverain sorti de chez lui après l’arrivée des secours, a expliqué que « c’est une zone sûre et d’ordinaire très calme, surtout le soir ».

La police a déclaré avoir reçu « de nombreux » appels du public à environ 22h30 heure locale mercredi, au sujet d’un homme attaquant les gens avec un couteau dans les rues autour de Russell Square, une zone centrale, animée et pleine d’étudiants et de touristes.

Le maire Khan a exhorté le public à rester calme et à rester vigilant, et a encouragé les gens à être la première ligne de défense contre toute forme d’attaque.

« Nous avons tous un rôle vital à jouer. [Nous devons être] les yeux et les oreilles de nos services de police et de sécurité et aider à assurer que Londres est protégée », a-t-il lancé.

Des policiers armés patrouillent place Trafalgar, à Londres, après une attaque au couteau qui a tué une personne et en a blessé cinq autres, le 4 août 2016. (Crédit : AFP/Daniel Leal-Olivas)
Des policiers armés patrouillent place Trafalgar, à Londres, après une attaque au couteau qui a tué
une personne et en a blessé cinq autres, le 4 août 2016. (Crédit : AFP/Daniel Leal-Olivas)

Les couteaux représentent l’arme la plus répandue pour les assassinats en Grande-Bretagne, qui a des lois strictes de contrôle des armes à feu.

Au cours des trois dernières années, Londres a vu deux attaques au couteau réalisées par des gens inspirés par l’islam radical. En mai 2013, deux Londoniens inspirés d’al-Qaïda ont tué un soldat qui n’était pas en service, Lee Rigby, dans la rue près de sa caserne. En janvier, Muhiddin Mire, malade mental, a essayé de décapiter un passager du métro de Londres, en criant qu’il le faisait « pour la Syrie ».

La police en Grande-Bretagne n’est en majeure partie pas armée – un principe qui reste inchangé. Même avec les agents armés supplémentaires, la plupart des 31 000 officiers de police de Londres ne seront pas armés.

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