Une roquette du Hezbollah touche un centre commercial à Kiryat Shmona
Il n'y a pas eu de blessé ; une quinzaine de roquettes ont été tirées sur le nord d'Israël pendant la nuit, la plupart ayant été interceptées ; Tsahal a émis des avis d'évacuation pour des villes du Sud-Liban en prévision de frappes
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Le Hezbollah a tiré une quinzaine de roquettes en direction du nord d’Israël, aux premières heures de la matinée de samedi. L’une d’entre elles a explosé dans un centre commercial de la ville de Kiryat Shmona, ont annoncé des responsables militaires et locaux.
Il n’y a pas eu de blessés lors de cette frappe, qui s’est produite alors que le centre était fermé. L’explosion a toutefois causé d’importants dégâts.
Tsahal a expliqué que la majorité des roquettes avaient été interceptées, précisant malgré tout qu’un projectile avait touché Kiryat Shmona. Les militaires ont ensuite diffusé une vidéo qui montre l’armée de l’air bombarder le lance-roquettes qui a été utilisé lors de l’attaque.
Les habitants ont évoqué une nuit longue, ponctuée d’alertes sonores répétées et d’explosions. Ils ont exprimé leur frustration à l’égard du gouvernement qui n’est pas parvenu à mettre un terme à la menace posée par le groupe terroriste chiite libanais soutenu par l’Iran.
« Au moins dix roquettes, dont une qui a touché le centre commercial qui était heureusement fermé et où il n’y a pas eu de blessés », a dit Eyal Vakrat, un résident, au site d’information Ynet, prenant la parole depuis le lieu de l’impact.
« Ça suffit, il faut mettre fin à ce cirque et il faut les frapper de plein fouet, pas avec ces frappes de précision », a-t-il ajouté, appelant à une opération militaire de plus grande envergure.
נזק רב לרכוש בעקבות הפגיעה הישירה הלילה בקריית שמונה | תיעוד
(אורלי אלקלעי, צילום: דודו לב) pic.twitter.com/94vSqK1my6
— כאן חדשות (@kann_news) May 30, 2026
« Nous avons atteint le point de rupture ; cette situation ne peut pas durer. La nuit a été difficile, très difficile, avec des sirènes qui n’en finissaient pas », a-t-il continué.
Kiryat Shmona, une ville située à un peu plus d’un kilomètre de la frontière, est l’une des localités israéliennes les plus durement touchées.
Le Hezbollah a revendiqué les tirs de roquettes qui ont pris pour cible Kiryat Shmona dans au moins deux communiqués, affirmant avoir lancé une « salve de roquettes » sur la ville « pour défendre le Liban et son peuple, et en réponse à la violation du cessez-le-feu de la part de l’ennemi israélien ».
Dans la journée de samedi, l’armée israélienne a émis des avis d’évacuation à l’intention des habitants de sept villages du Sud-Liban, indiquant qu’elle s’apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans cette région.
« Compte tenu des violations de l’accord de cessez-le-feu de la part de l’organisation terroriste du Hezbollah, l’armée israélienne est contrainte de prendre des mesures décisives à son encontre », a écrit dans deux posts distincts le porte-parole arabophone de Tsahal, Avichay Adraee, sur le réseau social X, citant sept villages du sud du Liban, dont certains situés aux abords de Nabatieh.
Les médias libanais ont fait savoir que ces avertissements ont été suivis de plusieurs frappes aériennes.
Dans la journée de vendredi, les militaires ont expliqué que des roquettes tirées par le Hezbollah, la nuit précédente, avaient frappé une église dans le sud du Liban.
Selon Tsahal, les projectiles ont touché plusieurs bâtiments à Marjaayoun, dont l’église orthodoxe Saint-Georges, causant des dégâts.
L’armée israélienne a précisé que ses soldats n’étaient pas déployés à proximité de l’église.
Une vidéo qui a été diffusée par les militaires a montré les roquettes frappant Marjaayoun.
« Cet incident prouve une fois de plus à quel point le Hezbollah continue de mettre en danger et de porter atteinte aux civils libanais », a dit l’armée.
Ces dernières violences sont survenues après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé vendredi que des soldats de la 36e division de l’armée israélienne avaient traversé le fleuve Litani au Liban, et que des responsables militaires israéliens et libanais avaient tenu une nouvelle série de pourparlers aux États-Unis.
« Nos forces ont traversé le Litani et elles ont avancé vers les hauteurs stratégiques », a indiqué Netanyahu lors d’une visite auprès des soldats stationnés à la frontière nord. « Nous menons également des opérations à Beyrouth et dans la Bekaa, sur l’ensemble du front, et nous frappons durement le Hezbollah ».
Jeudi, l’armée israélienne avait frappé Beyrouth pour la première fois en trois semaines, après avoir largement évité les attaques contre la capitale libanaise à la demande de la Maison Blanche, dans le contexte des fragiles cessez-le-feu au Liban et en Iran annoncés le mois dernier par le président américain Donald Trump.
L’armée avait confirmé jeudi que les soldats sur le terrain avaient, au cours des derniers jours, mené des raids au-delà de la « ligne de défense avancée » de Tsahal, en plus des frappes aériennes qui avaient eu lieu au-delà de cette ligne.
Cette ligne de défense délimite la zone de sécurité déclarée par l’armée dans le sud du Liban. Elle se situe principalement au sud du Litani, qui s’écoule à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne et qui a longtemps servi de référence à Israël dans sa tentative de repousser le Hezbollah vers le nord.
Par ailleurs, vendredi, des représentants militaires d’Israël et du Liban se sont réunis au Pentagone pour discuter des mesures à prendre pour lutter contre le Hezbollah.
Il s’agissait de la première réunion strictement militaire dans le cadre des négociations menées sous l’égide des États-Unis depuis que les parties ont convenu de scinder les pourparlers en deux volets : diplomatique et sécuritaire.
En conséquence, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, n’a pas assisté aux discussions vendredi, a indiqué un responsable de l’ambassade.
La première réunion du volet diplomatique se tiendra mardi et mercredi de la semaine prochaine au Département d’État américain.
La réunion de vendredi ne devait pas déboucher sur des annonces majeures – et les parties ont encore un long chemin à parcourir pour parvenir à un accord qui normaliserait les relations israélo-libanaises et désarmerait le Hezbollah, a confié le responsable de l’ambassade.
Le gouvernement libanais exige que l’accord garantisse le retrait de Tsahal du Liban, tandis que le groupe terroriste soutenu par l’Iran s’oppose catégoriquement à son désarmement. Il a vivement critiqué le gouvernement pour s’être engagé avec Israël sur cette question.
Les négociateurs israéliens et libanais s’étaient déjà rencontrés lors de trois cycles de pourparlers au Département d’État depuis le mois dernier. Le premier cycle avait été suivi, quelques jours plus tard, par l’annonce par le président américain Donald Trump d’un cessez-le-feu au Liban le 16 avril, huit jours après le début du cessez-le-feu en Iran.
Cette trêve n’a toutefois guère été ressentie dans le sud du Liban, où Israël mène des frappes quotidiennes contre les terroristes et contre les infrastructures du Hezbollah, et où le groupe soutenu par l’Iran prend pour cible les soldats israéliens qui ont établi une zone tampon de plus en plus étendue – zone qui, selon Jérusalem, sert à protéger ses communautés du nord contre les tirs ennemis.
Si les États-Unis ont donné leur feu vert aux frappes israéliennes au Liban contre des cibles que Jérusalem considère comme une menace, ils ont toutefois fixé une limite aux frappes à Beyrouth, qui a largement échappé aux attaques israéliennes.
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