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Vance relativise l’antisémitisme alors que des figures radicales gagnent en influence

Le vice-président américain invoque des principes chrétiens et appelle à rejeter « toutes les formes de haine ethnique » sans spécifier la haine des Juifs

Le vice-président américain JD Vance s’adressant à Matthew Boyle, chef du bureau de Breitbart News – Washington, à l’auditorium Andrew W. Mellon, à Washington, le 20 novembre 2025. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AP)
Le vice-président américain JD Vance s’adressant à Matthew Boyle, chef du bureau de Breitbart News – Washington, à l’auditorium Andrew W. Mellon, à Washington, le 20 novembre 2025. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AP)

JTA – Le vice-président américain JD Vance a une fois de plus minimisé l’idée selon laquelle les conservateurs devraient se prémunir contre l’antisémitisme, une semaine après qu’un autre théoricien du complot antisémite a été invité dans l’émission en ligne de son allié Tucker Carlson.

Les propos les plus récents de Vance, tenus mardi lors d’une interview avec l’animateur de radio conservateur et analyste de CNN Scott Jennings, répondaient à une question directe de ce dernier, qui lui demandait si « le mouvement conservateur devait exclure toute personne qui adhère, d’une manière ou d’une autre, à l’antisémitisme ».

« Non, Scott », a répondu le vice-président vers la fin de l’entretien.

Vance a ensuite affirmé que les conservateurs, s’inspirant de valeurs chrétiennes, accueillaient des personnes de toutes origines.

« Je pense que nous devons rejeter toutes les formes de haine ethnique, qu’il s’agisse de l’antisémitisme, de la haine envers les Noirs ou de la haine envers les Blancs », a-t-il déclaré. « Et je pense que l’un des grands atouts de la coalition conservatrice est que nous sommes, à mon avis, fondamentalement enracinés dans les principes chrétiens qui ont fondé les États-Unis d’Amérique. »

Il a ajouté que « l’un de ces principes essentiels est que nous jugeons les gens en tant qu’individus. Chaque personne est créée à l’image de Dieu. On juge les individus en fonction de leurs actes, et non du groupe ethnique auquel ils appartiennent ».

Ces déclarations s’inscrivent dans une série de prises de position similaires formulées par le vice-président au cours du mois dernier, alors que de grandes organisations de droite telles que Turning Point USA et la Heritage Foundation sont confrontées à l’influence croissante de Nick Fuentes et d’autres figures ouvertement antisémites. Vance a également exprimé son scepticisme quant à la relation entre les États-Unis et Israël, et affirmé que la fin de l’immigration constituait, selon lui, la meilleure réponse à l’antisémitisme.

Nick Fuentes (à gauche) est interviewé par Tucker Carlson, le 28 octobre 2025. (Capture d’écran vidéo)

Un analyste conservateur juif, toujours en poste à Heritage malgré le départ de nombreux collaborateurs vers un groupe concurrent, a critiqué les dernières déclarations de Vance.

« Une réponse plus solide de @JDVance est nécessaire pour expliquer pourquoi le mouvement conservateur ne devrait pas tolérer l’antisémitisme, plutôt que de se réfugier dans une réponse du type de celle des @TheDemocrats : ‘… et l’islamophobie’ », a écrit Daniel Flesch, analyste politique de Heritage pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, sur X.

Flesch fait référence à ce qu’il considère comme une réponse réflexe des dirigeants démocrates, consistant à associer systématiquement la lutte contre l’antisémitisme à celle contre l’islamophobie, au lieu de traiter l’antisémitisme comme un phénomène distinct.

L’une des principales sources de préoccupation des conservateurs juifs au sein du parti demeure Carlson, la personnalité médiatique qui a offert une tribune à Fuentes et à d’autres théoriciens du complot, tout en entretenant des liens étroits avec Turning Point, Heritage et Vance lui-même. Cette semaine, à la Knesset israélienne, un député du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a dénoncé Carlson et sa collègue podcasteuse Candace Owens, les citant nommément dans un discours prononcé en anglais.

La semaine dernière, Carlson avait ravivé les tensions en recevant Ian Carroll, un théoricien du complot qui a affirmé « qu’Israël était responsable des attentats du 11-Septembre », « qu’Israël avait cherché à embellir et à exagérer les récits historiques de la Shoah », et que le trafiquant sexuel Jeffrey Epstein « travaillait pour le compte d’Israël ».

Tucker Carlson a reçu le négationniste de la Shoah Ian Carroll dans un épisode diffusé le 2 janvier 2026. (Crédit : Capture d’écran/JTA)

Carroll gagne depuis quelque temps en visibilité dans la sphère médiatique conservatrice. Il est apparu l’an dernier dans le podcast très populaire de Joe Rogan et, en 2024, a animé un événement de campagne pour le candidat à la présidentielle Robert F. Kennedy Jr., aujourd’hui secrétaire à la Santé et aux Services sociaux du président américain Donald Trump. Son invitation chez Carlson est intervenue après le refus de Trump et de Vance de condamner la tribune offerte par Carlson à Fuentes l’an dernier.

Dans leur entretien du 2 janvier, Carroll et Carlson ont principalement évoqué la fusillade de masse survenue en 2017 lors d’un festival de musique à Las Vegas. Carroll a avancé de multiples théories du complot sur cette soirée, au cours de laquelle le tireur a également ouvert le feu en direction d’un réservoir de carburant situé dans un aéroport voisin.

« Et puis il se passe des choses étranges à l’aéroport, il y a des coups de feu. Alors on se demande : est-ce une guerre de gangs entre la mafia italienne et la mafia juive ? Une opération de la CIA qui aurait mal tourné ? », s’interroge Carroll à un moment donné. « Est-ce une opération du Mossad ? Toutes ces hypothèses devraient être confrontées aux faits. »

Il poursuit en affirmant « qu’en l’absence de faits suffisants, on peut tenter d’identifier un coupable qui correspondrait aux faits et inventer des explications qui tiennent ».

Plus tard dans l’interview, Carlson s’adresse directement à Carroll en lui disant qu’il n’a « jamais vu quelqu’un devenir aussi célèbre aussi rapidement dans notre milieu », ajoutant que cela avait suscité « de nombreuses spéculations » selon lesquelles il serait « un agent de la CIA sous couverture ».

Carroll lui répond alors : « Ou alors je suis comme le Mossad. »

Carlson conclut en livrant sa « propre explication », et lui dit qu’il pense « juste que vous êtes un excellent communicateur et un chercheur assidu, et que vous vous intéressez vraiment à la vérité. Ce sont là les trois qualités qui font le succès d’une personne dans notre monde. »

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