Virus : Les USA déplorent plus de morts que de soldats tués pendant 39-45
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Virus : Les USA déplorent plus de morts que de soldats tués pendant 39-45

La première puissance mondiale déplore 405 400 décès depuis le début de la pandémie. Pays le plus endeuillé en valeur absolue, c'est aussi le pays le plus touché en nombre de cas

Un patient est emmené dans une ambulance par des urgentistes devant le centre de santé de Cobble Hill, dans le quartier de Brooklyn à New York, le 17 avril 2020. (AP Photo/John Minchillo, File)
Un patient est emmené dans une ambulance par des urgentistes devant le centre de santé de Cobble Hill, dans le quartier de Brooklyn à New York, le 17 avril 2020. (AP Photo/John Minchillo, File)

À peine intronisé, le président américain Joe Biden a prévenu que son pays allait entrer dans « la phase la plus mortelle du virus », alors que le bilan aux États-Unis dépasse désormais celui des soldats américains tués pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le variant anglais du coronavirus continue de se propager dans le monde, touchant au moins 60 pays et territoires, et inquiète de nombreux États.

Bilan symbolique, le nombre des morts du COVID-19 aux Etats-Unis a dépassé mercredi celui des soldats américains tués pendant la Seconde Guerre mondiale : la première puissance mondiale déplore désormais 405 400 décès depuis le début de la pandémie. Pays le plus endeuillé en valeur absolue, les États-Unis sont aussi le pays le plus touché en nombre de cas (plus de 24,4 millions).

Le bilan américain de l’épidémie avait dépassé fin avril celui des soldats américains tués en deux décennies lors du conflit au Vietnam, un seuil revêtant une forte portée symbolique tant cette guerre demeure l’un des plus grands traumatismes vécus par les Américains au 20e siècle.

Investi mercredi à Washington, Joe Biden a réaffirmé que la lutte contre la pandémie serait l’une de ses priorités.

Parmi les premières mesures, il a ordonné le retour des États-Unis au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), après le retrait décidé par son prédécesseur Donald Trump en 2020, et signé un décret rendant le port du masque et la distanciation physique obligatoires pour les fonctionnaires américains travaillant dans les bâtiments fédéraux.

« Nous devons laisser de côté la politique et affronter enfin cette pandémie en tant que nation », a-t-il martelé, alors que Donald Trump a constamment minimisé la crise sanitaire.

Joe Biden à sa prestation de serment, le 20 janvier 2021. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Signal fort

Le variant britannique, beaucoup plus contagieux que ne l’était le virus SARS-CoV-2 originellement, continue de se répandre dans le monde : présent dans 50 pays au 12 janvier, il est désormais identifié dans 60 pays et territoires, selon l’OMS.

Les autorités chinoises ont fait état mercredi de premiers cas à Pékin liés à ce variant. Le signal est particulièrement fort : le COVID-19 était apparu fin 2019 en Chine, à Wuhan (centre).

À coups de quarantaines forcées et de verrouillages de provinces entières, la Chine était parvenue dans les mois suivants à juguler l’épidémie sur son territoire, alors que le virus se répandait sur toute la planète.

Pékin a annoncé mercredi le confinement strict de cinq résidences de Daxing, une banlieue du sud de la capitale, après la découverte de nouveaux cas. Ce confinement concerne quelques dizaines de milliers de personnes, soit une petite fraction des 21 millions d’habitants de la capitale.

Plusieurs centaines de malades ont été identifiés ces dernières semaines dans le nord et le nord-est du pays, où des millions de personnes ont été confinées ou doivent restreindre leurs mouvements.

Du personnel médical porte des vêtements de protection pour aider à stopper la propagation du coronavirus mortel qui a commencé dans la ville, à l’hôpital de la Croix-Rouge de Wuhan, le 25 janvier 2020. (Crédit : Hector Retamal)

Autres variants

Le variant sud-africain du coronavirus se diffuse lui plus lentement et est présent dans 23 pays et territoires, soit 3 de plus qu’au 12 janvier, a précisé l’OMS.

Mais il risque de poser un autre problème : plusieurs nouvelles études semblent confirmer que, contrairement au variant anglais, il risque d’échapper au moins partiellement à la protection espérée des vaccins contre la COVID-19.

L’OMS a aussi indiqué suivre la diffusion de deux autres variants apparus au Brésil, le P1, signalé dans l’État de l’Amazonas et détecté aussi au Japon sur quatre personnes venues du Brésil, et un autre variant.

À Manaus, dans l’État de l’Amazonas, les médecins sont frappés par la virulence de la deuxième vague, qui a débordé les hôpitaux, confrontés à une pénurie dramatique d’oxygène, et s’interrogent sur le lien avec ce nouveau variant. La rapidité de la dégradation de l’état de santé des malades surprend. « Quand l’ambulance arrive au domicile, le malade est déjà décédé », a dit le docteur Ruy Abrahim à l’AFP.

La pandémie a fait au total au moins 2 058 226 morts dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP mercredi.

Des patients COVID-19 soignés à l’hôpital municipal Salgado Filho de Rio de Janeiro, au Brésil, le 24 mai 2020. (AP / Leo Correa)

Pas de Saint-Patrick

En Europe, les Vingt-Sept se retrouvent jeudi soir pour un nouveau sommet par visioconférence consacré à la lutte contre la pandémie, au moment où plusieurs pays, comme l’Allemagne, durcissent leurs mesures pour tenter de contrer la propagation des nouvelles souches.

Riposte face aux variants, accélération de la vaccination et mise en place d’un certificat commun sont au menu des débats.

Le Royaume-Uni et le Portugal ont atteint de nouveaux records de mortalité quotidienne de la COVID-19, avec respectivement 1 820 et 219 morts.

Le Royaume-Uni a annoncé fermer à compter de mercredi ses frontières aux arrivées de tous les pays d’Amérique du Sud et du Portugal en raison du nouveau variant brésilien.

Les Pays-Bas ont eux annoncé l’instauration d’un couvre-feu à partir de vendredi et jusqu’au 10 février, qui s’étendra de 20H30 à 4H30.

Et en France, il ne sera toujours pas possible de faire du ski alpin dans le pays, où la situation sanitaire est toujours dégradée, les autorités ayant décidé mercredi de ne pas rouvrir les remontées mécaniques le 1er février.

Le gouvernement français s’est dit par ailleurs mercredi favorable à des contrôles sanitaires aux frontières intra-européennes, une option que n’avait pas exclu la chancelière allemande Angela Merkel mardi.

En Irlande, la célèbre parade de la Saint-Patrick prévue le 17 mars à Dublin a été annulée pour la deuxième année consécutive.

Une victime de la COVID-19 est évacuée de l’hôpital civil de Mulhouse, dans l’est de la France, le lundi 23 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Jean-Francois Badias)

La Turquie au pas de course

À ce jour, selon un décompte de l’AFP, au moins 60 pays ou territoires, regroupant 61 % de la population mondiale, ont lancé leur campagne de vaccination. Mais 11 pays concentrent 90 % des doses injectées.

Les autorités russes ont déposé une demande d’enregistrement dans l’Union européenne du vaccin Spoutnik V et attendent un « premier examen (des documents envoyés) en février ».

En Turquie, les autorités ont annoncé avoir vacciné plus d’un million de personnes en moins d’une semaine.

En Europe occidentale, la réduction temporaire et les retards de livraisons de Pfizer/BioNTech continuent de faire polémique. L’Italie compte prendre « dans les prochains jours » des actions légales contre le laboratoire Pfizer. Et le Danemark doit revoir à la baisse de 10 % ses objectifs de vaccination au premier trimestre.

Malgré la situation sanitaire mondiale, les responsables des Jeux olympiques de Tokyo, prévus cet été après avoir été reportés l’an dernier, se sont dits « inflexibles » sur ce nouveau calendrier, n’excluant cependant pas que les compétitions se tiennent sans spectateurs.

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