L’ancien Premier ministre Ehud Barak a écrit jeudi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait « fondamentalement raison sur
l’Iran », tout en critiquant la vision du monde sombre du premier ministre et sa passivité dans la lutte contre les menaces régionales.

Dans un article pour le magazine Time, qui incluait Netanyahu sur sa liste des « 100 personnes les plus influentes » du monde, Barak a exhorté Netanyahu à se réconcilier avec les États-Unis, à lutter diplomatiquement pour un meilleur accord avec l’Iran, et, si nécessaire, lancer une frappe militaire sur ses installations nucléaires.

Barak, qui était le commandant de Netanyahu dans un commando d’élites il y a de cela des décennies avant d’être son ministre de la Défense, a également fait prudemment l’éloge du Premier ministre, il est « réfléchi et un avide lecteur de [livre] d’histoire ».

 

Faisant référence à la remarque d’un responsable américain, qui avait souhaité garder l’anonymat, en octobre dernier, il a déclaré : « Poule mouillée – il n’est pas ».

« J’ai connu Bibi, il y a des décennies, comme un soldat et un jeune officier sous mon commandement faisant face à de vrais tirs. Il était déterminé, efficace et concentré. Le caractère ne change pas. Poule mouillée – il n’est pas », écrit-il.

« Mais avec le temps, tandis qu’il est réfléchi et un avide lecteur de [livre] d’histoire, il a développé un état d’esprit à la fois pessimiste, passif et anxieux. Benjamin Netanyahu semble éviter toute initiative ».

Barak a réprimandé Netanyahu pour ne pas avoir travaillé davantage pour parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens, tout en concédant que la position du premier ministre sur les questions régionales n’était pas erronée.

« Netanyahu a fondamentalement raison sur l’Iran et notre voisinage risqué. Mais il ne peut pas rater les opportunités, et sur la question palestinienne, il ignore manifestement la pente glissante sur laquelle se trouve Israël et qui prend la forme d’une solution à un Etat », a écrit Barak.

Le Premier ministre doit « réparer la relation de travail avec le président Obama, se battre – principalement à huis clos – pour un durcissement de la politique, et même, si nécessaire, une attaque contre l’Iran et hardiment engager les modérés de la région contre le terrorisme, le radicalisme et l’hégémonie iranienne », a insisté Barak.

« Des actions audacieuses sont nécessaires. Pas seulement des mots », a-t-il conclu.

Barak a également critiqué les Etats-Unis, ces dernières semaines, pour son accord-cadre signé à Lausanne avec l’Iran.

Il lui reproche notamment de ne pas avoir adopté des positions plus dures lors des négociations avec la République islamique. Plus tôt ce mois-ci, il a exhorté les États-Unis de donner un ultimatum à Téhéran : démonter votre programme nucléaire dans son intégrité « ou sinon… »

Dans une interview avec CNBC, Barak a déclaré que les Etats-Unis devraient tenir des négociations directes avec les Iraniens et envoyer « un message clair ».

Il a minimisé les craintes qu’une frappe militaire sur l’Iran déclencherait une guerre à part entière, en assimilant une telle opération à celle qui a mené à l’élimination d’Oussama Ben Laden plus qu’à la guerre en Irak en 2003 et pourrait être effectuée en une seule nuit.

«C’est le dernier instant [pour les puissances mondiales] de rester ferme, de faire une position commune et de s’assurer que l’Iran finira par comprendre, que soit il démantèle son programme nucléaire ou
sinon… », a déclaré Barak.

« Je pense que ce qui est vraiment nécessaire, c’est envoyer un message clair – ce n’est pas trop tard pour envoyer un émissaire qui aurait l’autorité du président d’aller auprès du [guide suprême iranien Ali] Khamenei, [le président iranien Hassan] Rouhani, de fermer la porte derrière lui et leur dire : ‘Messieurs, nous vous comprenons parfaitement, nous n’allons pas vous embarrasser, nous n’allons pas vous humilier, mais vous devez comprendre : soit vous êtes d’accord une bonne fois pour toutes de démonter votre programme nucléaire militaire – ou sinon… ‘ », conclut-il.