Les autorités israéliennes ont récemment imposé un « gel silencieux » sur l’expansion des implantations, a déclaré lundi le vice-ministre de la Défense Danny Danon au cours d’une interview au Times of Israel.

Alors que les travaux de construction sont en cours sur des projets déjà approuvés, il n’y a actuellement pas de nouveaux développements prévus ni d’appel d’offres.

« Quand vous regardez, de facto, ce qui se passe sur le terrain, oui, vous sentez qu’il y a un gel silencieux en termes de planification et de construction de la part du gouvernement », a déclaré Danon au Times of Israel. « Et c’est quelque chose qui me dérange ».

Ce « gel » est appliqué partout – à l’intérieur et à l’extérieur des blocs – a estimé Danon.

« Si vous n’autorisez pas la planification de nouvelles constructions, cela s’arrêtera. Vous n’aurez pas de nouveaux logements pour les jeunes à Ariel, ni à Maale Adumim. Et c’est ce qui se passe déjà ».

« Ce que l’on observe », regrette Danon, « c’est que des jardins d’enfants seront fermés l’an prochain à Ariel, car il n’y a pas de jeunes », ajoutant « vous verrez qu’il n’y aura pas assez d’appartements ».

Danon estime que cette situation est due, sans doute, à la pression américaine. « Construire en Judée-Samarie est un problème majeur pour les Américains », a-t-il déclaré, utilisant le nom biblique de la Cisjordanie. « Beaucoup de pression est exercée sur nous ».

Selon des responsables anonymes supérieurs américains, le président Barack Obama estime que les annonces israéliennes de construction en Cisjordanie et à Jérusalem-Est à travers les neuf mois de pourparlers de paix sont la cause majeure de l’effondrement des négociations.

Il y a dix jours, à Washington, l’envoyé spécial américain Martin Indyk a estimé que la construction dans les implantations avait « saboté les négociations » et représentait « un obstacle à la reprise des pourparlers ».

Dans un rapport publié le mois dernier, l’ONG La Paix maintenant a mentionné le fait qu’Israël avait approuvé la construction de près de
14 000 maisons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est au cours des neuf mois de pourparlers de paix.

En ce qui concerne les élections présidentielles, prévues pour le 10 juin, le vice-ministre, connu comme l’un des leaders de l’aile droite du Likud, a déclaré qu’il soutiendrait probablement Reuven Rivlin ou Silvan Shalom.

Etonnamment, il a eu des mots chaleureux pour Shimon Peres, le président sortant, pourtant « colombe ».

« Je pense que Shimon Peres a beaucoup apporté à la fonction de président, surtout en termes d’investissements en faveur d’Israël… Je ne suis pas satisfait de tout ce qu’il dit, je ne soutiens pas du tout son idéologie. Mais je pense qu’il demeure un symbole. »

Alors que certains Israéliens affirment que ce poste de président ne crée qu’un gaspillage de fonds publics, Danon déclare que les réalisations de Peres pour Israël – en termes d’investissements – l’emportent aisément sur les coûts de sa résidence officielle et de ses fréquents déplacements.

En ce qui concerne le conflit avec les Palestiniens, Danon a réitéré son opposition farouche à toute solution à deux Etats. Et au contraire, il soutient l’annexion de parties de la Cisjordanie.

Bien qu’un consensus international parle d’Israël en conservant les grands blocs d’implantations juives en Cisjordanie, le reste étant dévolu à un futur Etat palestinien, Danon, lui, espère « gagner la souveraineté sur la majorité des terres » en Cisjordanie « avec un nombre minimum de Palestiniens ».

Selon son propre plan, les Palestiniens ne garderaient que leurs grands centres de population et ne recevraient pas la citoyenneté israélienne. Leur statut devra être déterminé avec la Jordanie, Israël et les Palestiniens.

« Cela ne doit pas être un fardeau pour Israël. Je pense que, sur cette question, la Jordanie doit être impliquée beaucoup plus que ce qu’elle n’est aujourd’hui ».

A quoi ressemblerait le futur accord ? « Cela n’est pas encore bien clair », selon Danon. « Il existe plusieurs options ; il faut attendre et discuter », a-t-il déclaré. « Si vous regardez ce qui se passe aujourd’hui dans la région, vous voyez que tout est ouvert à la négociation ».

« Israël a fait une erreur de ne pas annexer de grandes parties de la Cisjordanie après leur conquête en 1967. Mais il n’est pas trop tard ».

Plaidant en faveur du droit à la terre d’Israël, Danon cite à la fois la Bible et les traités internationaux, mais aussi ce qu’il considère comme une simple logique : « Quand vous gagnez la guerre , vous ne faites pas de compromis après coup », a-t-il lancé.

« Ça ne marche pas comme ça. Nous avons gagné la guerre. Ils ne peuvent pas revenir en arrière et dire : ‘Eh bien, en 1948 [lorsque les Nations unies ont proposé un Etat juif et un Etat arabe] l’intention était différente’… Oui, mais le fait est qu’ils ont perdu. Cela fait partie de la vie. Nous devons donc conserver ce que nous avons gagné ».