Quelques heures après une attaque cinglante contre Israël, où il avait appelé les musulmans à affluer sur le mont du Temple pour protester, le président turc Recep Tayyip Erdogan a discuté des moyens de mettre fin à la prétendue « judaïsation » de Jérusalem avec Rami Hamdallah, Premier ministre de l’Autorité palestinienne.

Lundi soir, à Istanbul, Erdogan « a confirmé la nécessité d’unir les efforts pour protéger Jérusalem des tentatives de judaïsation », selon un communiqué officiel publié par l’agence de presse d’information palestinienne Maan.

Erdogan a balayé les protestations israéliennes après son discours dans lequel il affirmait qu’Israël était un état « raciste et discriminatoire », et que les musulmans devraient se rendre sur le mont du Temple plus souvent pour soutenir les Palestiniens.

Pendant la rencontre entre Erdogan et Hamdallah, les deux hommes ont discuté des « moyens de soutenir Jérusalem ». Le dirigeant palestinien a également informé Erdogan des dernières « violations israéliennes » et de la grève de la faim des prisonniers palestiniens, selon un communiqué du bureau de Hamdallah.

La délégation palestinienne, à gauche, dont Rami Hamdallah, Premier ministre de l'Autorité palestinienne, avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 8 mai 2017. (Crédit : Wafa)

La délégation palestinienne, à gauche, dont Rami Hamdallah, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 8 mai 2017. (Crédit : Wafa)

Erdogan a affirmé que la Turquie musulmane avait une « responsabilité historique » et accordait une « énorme attention à Jérusalem et à la lutte des Palestiniens pour la justice », renforçant ses efforts pour en faire une ville de « sécurité, d’indépendance et de paix, à nouveau », selon Maan.

Israël rejette les accusations de tentative de judaïsation des lieux saints de Jérusalem, et affirme que la ville reste ouverte à toutes les religions. Un statu quo fragile est maintenu sur le mont du Temple, lieu le plus saint du judaïsme et troisième lieu saint de l’islam.

Les accusations précédentes de judaïsation du site par Israël ont entraîné des épisodes de violence.

La plongée d’Erdogan dans ce sujet sensible intervient à une semaine de sa rencontre avec le président américain, avant la visite de ce dernier dans la région pour tenter de raviver les efforts de paix.

Erdogan, dont les discussions avec Trump devraient porter sur les tensions autour de la guerre civile syrienne, a déclaré que le conflit israélo-palestinien devait avoir la priorité.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 11 mars 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 11 mars 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

« Il est impossible de trouver une solution et la paix dans la région sans trouver d’abord une solution juste à la cause palestinienne », a déclaré Erdogan pendant sa rencontre avec Hamdallah.

Le président turc a vivement critiqué Israël, disant qu’ « aucun pays ne devrait avoir le droit d’agir au-dessus des lois ». Il a dit que tout effort pour négocier un accord de paix serait voué à l’échec « à moins qu’Israël ne soit tenu pour responsable de ses crimes. »

« Israël ne cesse d’échapper à la punition, ce qui entraîne une agression qui s’intensifie contre les Palestiniens », a-t-il dit.

La veille, son discours avait été le plus dur prononcé contre Israël depuis que les deux pays ont mis fin l’année dernière à une crise diplomatique et ont repris leurs relations en nommant des ambassadeurs.