L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël désigné par Donald Trump a fait part jeudi devant le Sénat américain de son « scepticisme » sur la solution à deux Etats pour régler le conflit israélo-palestinien, à l’instar du président Trump.

Interrogé par Tim Kaine au sujet des perspectives d’un seul état, et s’il pouvait confirmer que les Etats-Unis ne pourraient accepter une situation dans laquelle les Palestiniens seraient « privés de droits pleins et légaux », Friedman a répond par L’affirmative, en disant : « Je pense que oui. »

Il a ajouté : « Je ne pense pas que quiconque voudrait d’un Etat où différentes classes de citoyens ont des droits différents. »

« J’ai exprimé mon scepticisme à propos de la solution à deux Etats simplement fondé sur le fait que j’ai senti un refus (de la part des Palestiniens) de renoncer à la terreur et d’accepter Israël en tant qu’Etat juif », a déclaré David Friedman devant la commission des Affaires étrangères du Sénat qui doit le confirmer ou non dans ses fonctions.

« Si les Israéliens et les Palestiniens étaient capables, via des négociations directes, de parvenir à une solution à deux Etats (…) j’en serais très heureux », a toutefois ajouté cet avocat américain juif pro-implantations et clairement anti-palestinien.

M. Friedman est aussi la cible d’organisations juives américaines de gauche.

« L’audition de Friedman devant la commission chargée des relations étrangères du Sénat n’a rien fait pour changer l’évidence : il est absolument un mauvais choix pour servir au poste d’ambassadeur des États-Unis en Israël. Friedman a donné beaucoup de réponses circonspectes et soigneuses aux questions difficiles des sénateurs et a regretté beaucoup de ses déclarations passées et ses écrits. Mais il ne peut pas changer ou repousser les convictions idéologiques profondément ancrées et les actions qu’il a menées au cours des décennies. J Street continue d’exhorter vivement les sénateurs à rejeter la confirmation de la nomination Friedman et insiste pour que le président Trump présente un nouveau candidat qui est apte à occuper une position aussi importante en tant que représentant de notre pays, » a déclaré J Street dans un communiqué diffusé après l’audition.

Des activistes pro-palestiniens ont d’ailleurs perturbé le début de son audition devant la commission du Sénat avant d’être exclus.

Après la première phrase prononcée par Friedman, remerciant le comité pour l’avoir accueilli, un jeune homme s’est levé, en brandissant un drapeau palestinien et criant qu’il est le petit-fils d’un réfugié palestinien. « Nous étions là, nous sommes là, et nous serons toujours en Palestine », a-til scandé alors qu’il se faisait escorté par la sécurité.

Un deuxième manifestant a également brandi un drapeau palestinien en criant : « M. Friedman soutient la construction dans les colonies » et a donné de l’argent à la construction en Cisjordanie.

« Je serais ravi si on pouvait parvenir à la solution à deux Etats. Elle a commencé à prendre forme en 1993 avec les Accords d’Oslo (…) Et le terrorisme a quadruplé depuis la période antérieure à Oslo », a encore affirmé le possible ambassadeur des Etats-Unis à Israël.

Marquant une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient, le président Trump avait affirmé mercredi en recevant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu que la « solution à deux Etats » n’était plus la seule possible pour régler le conflit israélo-palestinien, assurant être ouvert à des alternatives, comme une solution à « un Etat », si cela mène à la paix.

Les Nations unies ont toutefois réaffirmé jeudi que ce principe de référence de la communauté internationale depuis des décennies restait la « seule voie » pour répondre aux aspirations des Israéliens et des Palestiniens.

Friedman a dit également aux sénateurs qu’il serait « un ardent opposant au BDS ».

US Sen. Joe Lieberman (photo credit: Olivier Fitoussi/FLASH90)

Joe Lieberman (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

L’ancien sénateur Joe Lieberman a présenté David Friedman lors de son audition de confirmation.

Friedman est « un Américain patriote, fier » qui « connaît beaucoup Israël et se soucie profondément de sa relation avec les États-Unis », a affirmé Lieberman.

Lieberman a fait part de son inquiétude à propos des commentaires de Friedman sur les groupes juifs de gauche, qu’il avait qualifié de « kapos ».

« David a-t-il jamais dit ou écrit quelque chose qu’il souhaite maintenant pouvoir reformuler ou n’a pas dit du tout ? Je pense qu’il l’a fait. Qui ne l’a pas fait ? » s’est demandé Lieberman.

Lieberman a demandé aux membres du comité de considérer la candidature de Friedman « dans le contexte plus large de sa vie, de son caractère, de sa capacité et de son désir profond de servir son pays ».

Le sénateur Ben Cardin, un démocrate du Maryland, a alors défié Friedman pour ces commentaires et pour les commentaires qu’il a dirigés contre le sénateur Chuck Schumer, D-New York, et d’autres.

David Friedman a ensuite reconnu le caractère problématique de ses remarques.

« Certains de mes commentaires … sont venus pour la critique et à juste titre, » a admis Friedman.

« Je veux vous assurer que je comprends la différence critique de la rhétorique partisane d’un combat politique et d’une mission diplomatique. »